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Critique d'album

Greta Van Fleet


From the Fires


(10/11/2017 - Republic - hard blues - Genre : Rock)
Produit par

Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Pour un Greta Van Fleet au sommet, combien dans les limbes ?"
François, le 20/06/2022
( mots)

Etre lycéen à la fin des 2000’s et être épris de rock, qui plus est de classic-rock, c’est forcément devoir assumer des goûts musicaux un peu hétérodoxes (s’ils ne sont anachroniques) et les défendre avec une certaine intransigeance non dénuée de mépris face à ses contemporains noyés dans le RnB, les niaiseries FM et le rap. Alors si l’on a la chance d’avoir une guitare et des camarades persuadés que l’Auvergne du nouveau millénaire a un goût de Californie des 1960’s, il est possible de monter un groupe adolescent reprenant au choix Creedence Clearwater Revival, Led Zeppelin ou Ten Years After, voire composant en s’inspirant à outrance du répertoire de l’âge d’or.


Si l’anecdote est toute personnelle, combien d’adolescents ont vécu la même expérience à travers le monde alors que la vague revival commençait à prendre, et combien la vivront encore ? N’est-ce pas un peu l’histoire des trois frères Kiszka et du batteur Danny Wagner à la différence que ceux-ci, en fondant Greta Van Fleet et en ayant sûrement beaucoup plus de talent, ont réussi à devenir les porte-drapeaux d’une génération tournée vers un passé musical fantasmé ?


Presque cinq ans après la sortie de cet EP fondateur, From the Fires (2017),  nous avons le recul pour juger les polémiques et jauger l’esthétique ; nous savons notamment que le groupe parvient à s’émanciper petit-à-petit d’un modèle envahissant (Led Zeppelin) au fil des albums, notamment avec son second LP en 2021. Cela permet de relativiser la réception paradoxale de From the Fires entre un enthousiasme débordant qui criait au génie et à la résurrection du rock (ce qui témoignait surtout d’une inculture quant à l’état véritable de la scène qui se portait bien), et les pisse-froids qui brocardaient un presque-plagiat de Led Zeppelin sans inspiration ni talent. Finalement, face à ces excès, la Metacritic donnait un peu la voix de la raison avec un honorable 64/100, un moyen-plus qui semble être la réaction majoritaire à l’écoute de l’EP.


Certes, Greta Van Fleet ressemble beaucoup à Led Zeppelin, mais il y a des modèles plus honteux et surtout, il n’est pas donné à tout le monde de chanter comme Robert Plant, de jouer comme Jimmy Page ou de passer du clavier à la basse comme John Paul Jones, surtout quand on a à peine vingt ans. Peut-on vraiment reprocher à un groupe de cet âge de revendiquer excessivement une identité dans le son des 1960’s-1970’s et de manquer d’originalité ? Il est un âge où il faut porter avec force ses spécificités : la fougue de la jeunesse en quête d’identité peut se montrer parfois obtuse.


Cela étant, nous ne faisons pas non plus un appel à une mansuétude aveuglée. Globalement, Greta Van Fleet propose du rock conventionnel satisfaisant, parfois totalement zeppelinien ("Safari Song", "Flower Power" - époque LZ III), parfois vraiment réussi ("Edge of Darkness", "Talk on the Street", le rushien "Black Smoke Rising"). Il y a également deux reprises, une de Sam Cooke pour le côté soul, "A Change Is Gonna Come", une autre de Fairport Convention pour le côté folk, "Meet on the Ledge" (avec de belles incrustations aux claviers), qui permettent de démontrer que l’éventail des inspirations du groupe est plus large qu’il n’y parait. Du reste, plus j’écoute "Highway Tune", plus je me dis que ce morceau est aussi peu original qu’il est extrêmement réussi : plus grand succès du groupe désormais à la limite du tube, le titre résume à peu près les qualités et les défauts du combo. L’EP gagne à être apprivoisé avec un peu de recul et il semble se bonifier au fil des écoutes. Honnêtement, pour un coup d’essai, Greta Van Fleet n’avait pas à rougir du résultat.


Reste deux questions, la pochette qui laisse imaginer un univers Power-Metal plus proche de Blind Guardian que de Led Zeppelin, et le choix de présenter l’opus comme un EP alors qu’avec huit titres et 32 minutes, celui-ci respecte les conventions d’un 33tours d’époque. Doit-on y voir une hésitation, la peur d’un mauvais départ ?


A écouter : "Highway Tune", "Edge of Darkness", "Meet on the Ledge", "Talk on the Street"

Commentaires
FrancoisAR, le 20/06/2022 à 21:22
Merci beaucoup @Diego pour ce retour, comme quoi le chroniqueur musical est souvent une rock-star qui a échoué.
DiegoAR, le 20/06/2022 à 20:26
Bonne analyse François, qui a le mérite de prendre du recul en plus de personnaliser l'expérience. Chroniqueurs et lecteurs du site se reconnaîtront forcément dans ton préambule (jusqu'à l'hérésie auvergnate :-D). Tu donnes probablement à cet album et à ce groupe sa juste place.
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