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Critique d'album

Yes


Fragile


(12/11/1971 - Atlantic - Rock progressif - Genre : Rock)
Produit par

1- Roundabout / 2- Cans And Brahms / 3- We Have Heaven / 4- South Side Of The Sky / 5- Five Per Cent For Nothing / 6- Long Distance Runaround / 7- The Fish (Schindleria Praematurus) / 8- Mood For A Day / 9- Heart Of The Sunrise / 10- America / 11- Roundabout [Early Rough Mix]
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Premier album du Yes formation classique et déjà un chef-d'oeuvre"
François, le 31/01/2021
( mots)

Rick Wakeman. Bien sûr, le claviériste possède de nombreux épigones dans l’univers progressif, et ce dès les 1970’s, ainsi qu’une foule pléthorique d’idolâtres. Seulement, ses contempteurs sont aussi légions, souvent pour des raisons d’une absurdité face à laquelle on reste coi. Je ne parle pas de ceux qui abhorrent le rock progressif, il est clair que le jeu de Wakeman peut leur paraitre insupportable. Je ne parle pas non plus du compositeur, puisqu’en tant que tel, il n’a pas toujours été le plus inspiré (après tout, sa carrière solo est pantagruélique). Je parle du musicien en tant qu’interprète ou soliste, et il semble bien à ce titre mériter notre respect. Ceux qui crient au jeu excessif ou boursoufflé ne semblent pas se rappeler qu’on parle de rock progressif (et de Yes, tout de même, ce qui n’est pas rien) et que ce style s'illustre par ce genre de jeu. Ces critiques n’évoquent guère plus qu’un mauvais CV signalant comme unique défaut celui d’être perfectionniste. 


Issu des Strawbs et surtout organiste pour de nombreux artistes prestigieux (David Bowie, Cat Stevens …), Rick Wakeman rejoint enfin le groupe qui le portera aux nues, Yes, en remplacement de Tony Kaye. C’est ainsi que la formation trouve son line-up culte – Anderson/Howe/Wakeman/Squire/Bruford – pour deux albums qui ne le sont pas moins – même si l’âge d’or du groupe, n’en déplaise aux pisse-froids, continue pendant quelques années. Tout aussi symbolique, Fragile signe la collaboration avec l’artiste Roger Dean dont les illustrations sont intimement liées à l’œuvre de Yes – et quelle magnifique pochette qui représente cette planète déjà bien abimée ! 


Pourtant, la fragilité touche également un groupe à l’équilibre précaire. Yes avance sur le fil du rasoir, et Bill Bruford de commenter "Nous avions ce sentiment que le groupe pouvait éclater d'un moment à l'autre". Un paradoxe bien étonnant pour qui connaît la postérité de cet album apparaissant comme un premier pas vers l’accomplissement. 


Néanmoins, son économie interne dévoile bien cette ambiance morose. De nombreux titres sont en fait des pièces composées par un seul des membres, laissant de côté le travail collectif. Wakeman justement, témoigne de son talent avec un arrangement de Brahms ("Cans and Brahms"), le dialogue avec la musique dite classique demeurant un incontournable du prog’ des premières seventies. Tout aussi virtuose, Howe louvoie entre classique et flamenco sur "Mood for a Day", quand les délires rythmiques menés par Bruford sur le bref "Five per cent for Nothing" n’ont d’égal que le jeu à la fois rond et heurté de Chris Squire sur "The Fish". Bref, ces piécettes parfois déconcertantes mettent en avant une formation d’un niveau exceptionnel – ce que la mauvaise foi et le mauvais goût de nombreux critiques, musiciens et auditeurs étroits d’esprits parviendront à blâmer (Savoir jouer ? quelle infamie !). 


Malgré tout, il semble que Jon Anderson domine la composition et diffuse ainsi ses ondes mystiques, comme sur le mantra "We Have Heaven" où il accomplit brillement le contrepoint. Il est également l’auteur du petit chef-d’œuvre "Long Distance Runaround", très entraînant, où la discussion entre la basse (magique) et la guitare semble s’emmêler tortueusement. 


De plus, il est au commande sur le très bon et plus long "South Side of the Sky" qui a le mérite de montrer par l’exemple la revendication de Yes qui consiste à s'inscrire encore et toujours du rock malgré leur ambition progressive. "Dire que nous ne jouons pas de la rock music, c’est essayer de nos ôter quelque chose dans lequel nous avons baigné. Nous sommes tous des musiciens de rock, nous développons l’idée, nous élargissons l’essence du rock" affirme Jon Anderson, bien loin de nombreux artistes de cette scène qui tenteront de s’extraire du qualificatif rock. Bien sûr, il y a des moments plus jazzy et classicisants sur ce titre, mais le riff heavy ou le rythme marqué confirment leur orientation rock. 


Mais au-delà de ces belles compositions qui peuvent donner un ensemble un peu décousu, toute la magie se dévoile aux extrémités de l’album, quand le travail d’équipe porte enfin ses fruits. Evidemment, "Roundabout" en ouverture, qui connaît une belle postérité et qui fut allégrement pillé pour l’insoutenable "Celebration" de Kool and the Gang. Une destinée surprenante puisqu’il s’agit de rock progressif d'un côté et de disco de l'autre, mais le titre dégage tant d’énergie et de groove - sans pour autant négliger une composition ambitieuse – que l’emprunt était inévitable. Le contraste entre des passages atmosphériques parsemés de notes de guitares et l’ensemble presque funky est incroyable. Mention honorable pour Chris Squire qui donne ici une parfaite démonstration de son jeu si particulier et si irrésistible. 


Mais il y a surtout le dantesque "Heart of the Sunrise", lequel me donne des frissons à chaque fois que le chant commence (quel arpège pour l’annoncer vers 3.30)… "Sharp … Distance"… Je n’oublie pas pour autant le riff d’introduction tout en vélocité et en suspense, qui revient d’ailleurs à plusieurs reprises, et qui a dû faire son effet à l’époque. Qui croyait avoir tout entendu de la musique populaire devait se trouver bien penaud face à tant d’assurance. Si on le comprend sous cet angle, le terme de progressif n’a jamais été aussi bien adapté que pour ce morceau au sein duquel on sent une réelle "progression", un titre qui évolue dans une construction relativement fluide, tout en acceptant quelques passages dissonants bien sentis au clavier, des audaces rythmiques, des ruptures nettes mais jamais hors de propos. 


Yes signe ici un album iconique, preuve de sa solidité artistique mais également de la cohésion d’un groupe bien moins affaiblie que ses membres ne le croyaient à l’époque. C’est le début d’une période créative hors-norme qui permit de hisser Yes parmi les grands noms du rock progressif, presque comme l’incarnation parfaite du genre. 


 

Note de 4.5/5 pour cet album
Lilian, le 11/01/2004

Il est clair qu'aujourd'hui, faire une chronique sur cet album relève plus d'un besoin que d'une "obligation". J'étais encore loin de naître quand ce chef d'œuvre est apparu, donc c'est hors contexte et dans une époque où le rock progressif tente désespérément de ressortir la tête de l'eau, que la redécouverte de cet album mythique s'est faite, par soucis de partager avec vous, le bonheur qu'il provoque. Pour situer, nous sommes en 1972, en Angleterre. King Crimson a inventé le rock progressif il y a peu, avec une musique chiadée et changeante qui vient boucler dix années de Rock'n'roll pur et dur, et déjà un autre groupe semble pointer son nez. Yes a alors déjà trois albums très modérément appréciés à son actif et s'apprête déjà à sortir un 33 tours qui va révolutionner la musique et les pousser immédiatement au rang de meilleur groupe progressif : Fragile. Une évolution pour le groupe qui coïncide avec l'arrivée de Rick Wakeman au clavier, qui va alors donner une nouvelle dimension à leur musique. Le résultat : pas loin de trois quarts d'heure de bonheur intense, à se laisser pousser les cheveux "Roundabout", premier morceau de l'album, est le premier titre progressif à entrer dans les charts américains. Durant plus de 8 minutes ce titre emmené par une basse très groovy à du bien sûr être raccourci pour la radio. Terriblement efficace, il est néanmoins celui qui est le plus facile à écouter. "Cans and Brahms" prend le relais. En fait chacun des acteurs a pu créer son petit morceau, de la façon qu'il voulait pour agrémenter le contenu. C'est Wakeman qui se colle au deuxième titre avec un trip assez déroutant de musique classique. "We Have Heaven" est l'affaire de Jon Anderson. Il y mêle des chœurs pour un résultat plutôt atmosphérique. Bill Bruford, le batteur de l'époque, livre un très étrange "Five per cent for nothing" avec une rythmique illogique. Steve Howe, y va de ses six cordes sèches pour un "Mood for a day" très... latin, tandis que Chris Squire fait vibrer discrètement sa basse sur "The Fish" (son surnom) dans un style plus progressif. Les autres morceaux rentrent dans la lignée de "Roundabout". "Long distance runaround" ou encore le très épique "Heart of the sunrise" (11'32 tout de même) sont des titres qui nous rappellent que le progressif n'a pas eu ses heures de gloire pour rien. Des changements de rythme, des exploits instrumentaux, en font une des musiques les plus palpitantes. Ecouter ces chansons à 50 reprises, c'est autant de découverte et de plaisir à chaque fois. Le plus troublant, c'est l'indépendance de chacun des instruments dans la musique. Chacun y va de ses compositions, et le tout mis ensemble donne un résultat quasi jouissif, sans qu'aucun ne prenne le premier rôle (pas même le chant), sauf quand c'est voulu. Sur les dernière rééditions (dans de magnifiques coffrets digipacks), on trouve deux titres en bonus : "America" de Paul Simon (Si si, le compagnon de Garfunkel !) et une version remixée de "Roundabout" sans grands changements. Si vous deviez écouter Yes pour la première fois, choisissez sans hésiter ce "Fragile" qui vous fera sûrement pénétrer dans le monde décalé de ce groupe mythique et toujours actif, avant de vous attaquer à "Close to the Edge", autre œuvre majeure de Yes.

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Culte
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