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Critique d'album

Styx


Crash of the Crown


(18/06/2021 - - Rock progressif / AOR - Genre : Rock)
Produit par

1- Crash Of The Crown
Note de /5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Nous avons foi en la race humaine – Tommy Shaw"
Daniel, le 12/08/2021
( mots)

En février 1972, lorsque Styx a signé son premier contrat discographique, qui aurait parié le plus menu des bijoux de la couronne sur la potentialité que le groupe de Chicago (fondateur du rock progressif américain) enregistre son troisième meilleur album en 2021 (1) ? 


Sans le savoir, nous avons probablement basculé dans un univers parallèle… Pour mémoire, en 1947 déjà, Georges Remi, le papa visionnaire du belge Tintin, prophétisait la fin toute prochaine de notre monde (L’étoile mystérieuse, planches 5 à 8) avec d’étranges accents prémonitoires aux effluves de dérèglement climatique.


De fin du monde, il est un peu question dans Crash Of The Crown (rebaptisé COTC par les afficionados), le 17ème album studio de Styx. Sans tomber dans le piège exaspérant du "concept album" (2), l’opus est une œuvre thématique qui évoque les souffrances et les épreuves humaines, dans l’optique d’une résilience et en affirmant une confiance absolue dans la capacité des hommes, des peuples ou des nations à dépasser les aléas de leurs destins. 


La notion de résilience est forcément à la mode mais personne ne l’a encore approchée avec autant de discernement positif. Et ça procure un immense bonheur en ces temps pénibles où les experts à la triste mine se bousculent pour nous apprendre que nous n’avons plus guère de temps à vivre.


L’obscurité se retire


Une nouvelle voie nous attire


L’espoir est bien vivant


Nous avons survécu au temps (3)


Maturé durant la longue pandémie de Covid 19, COTC est (et restera certainement) le meilleur album de classic rock-prog pompier de 2021. Imbattable. Les esprits chagrins prétendront qu’il est aisé d’être le premier d’une catégorie dans laquelle personne d’autre ne concourt. Mais (et les marathoniens le savent très bien), le plus difficile est précisément de gérer la distance quand on se retrouve seul sur le parcours historique de 42,195 kilomètres.


Chacun des musiciens de Styx a clairement atteint une apogée et le groupe résonne à ce point en harmonie qu’il réalise le prodige de concilier un très riche passé (émaillé d’une kyrielle d’albums "multi-platinés") avec une production d’une extrême actualité (4) qui pose les jalons d’un futur encore truffé de promesses. 


C’est probablement cette complémentarité passé/présent/futur qui a incité Styx à devenir un septuor intergénérationnel (5) en adoubant le californien Will Evankovich (production, claviers, guitares et chant), complice de longue date de Tommy Shaw. Will soufflait les 5 bougies plantées sur son gâteau d’anniversaire lorsque Styx a enregistré ses plus grands classiques.


L’aspect le plus stupéfiant de COTC est que l’œuvre réinvente littéralement le prog-rock en concentrant tous ses ingrédients "obligés" en 15 plages très courtes (l’ensemble ne dépasse pas 44 minutes, c’est-à-dire la durée d’un vinyle d’antan). 


La plage titulaire est archétypale de ce nouveau style de néo-prog ; elle se présente sous la forme d’un passionnant triptyque (à la mode ancestrale de Hieronymous Bosch) où trois riches mélodies, trois chants narratifs différents et trois orchestrations distinctes s’épousent en moins de 4 petites minutes pour former un chef-d’œuvre ambitieux et complètement abouti (6). 


Bourré d’idées lumineuses, le cru 2021 de Styx flirte avec la perfection, allant même jusqu’à taquiner les vertigineuses trouvailles vocales de Queen durant le règne triomphant de Roy Thomas Baker. 


Depuis 1999, il aura fallu à Styx du temps, du travail et de la persuasion pour s’affranchir définitivement de l’héritage (merveilleux mais pesant) de son "créateur", Dennis DeYoung. L’auteur des titres les plus populaires du groupe boude aujourd’hui dans son coin en cultivant la nostalgie de son propre passé. Pour leur part, Tommy Shaw et James Young ont répété qu’il gèlerait en enfer (7) avant qu’ils remontent sur scène avec Dennis. 


Ceci dit, c’est aussi Tommy Shaw qui avait signé "Never Say Never" (sur le décevant Cornerstone en 1979)…


Que Dieu protège la couronne, le soleil, l’humanité et Styx !


(1)  Les deux meilleurs restent évidemment The Grand Illusion (1977) et Pieces Of Eight (1978), même si, par les thèmes développés, COTC présente un caractère plus "solaire".


(2) Cet aspect conceptuel est par ailleurs l’unique défaut de The Mission (2017), le prédécesseur de COTC


(3) "Sound The Alarm" (Tommy Shaw / Will Evanovich)


(4) Au même moment, des groupes branchouilles consacrent leur énergie à récréer les sons pourraves des années 1970.


(5) Et même un octuor si l’on considère l’heureuse présence sporadique de Chuck Panozzo, le bassiste originel du groupe. Avec l’âge et le temps qui passe, les survivants se regroupent en tribus (ou en meutes) comme Lynyrd Skynyrd ou Iron Maiden : tous ceux qui passent (avec une guitare, un ampli ou un micro) sont les bienvenus… 


(6) La plupart des groupes aurait certainement "développé" la même idée durant les 20 minutes réglementaires qu’imposent les statuts de l’informel (mais puissant) syndicat fantôme des prog-rockers.


(7) L’expression est une allusion aux Eagles qui avaient également juré, selon la même formule, qu’ils ne se reformeraient jamais.

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