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Critique d'album

Steamhammer


Speech


(00/02/1972 - Brain - Blues rock / rock progressif - Genre : Rock)
Produit par Steamhammer

1- Penumbra (Entrace / Battlements / Passage to Remorse / Sightless Substance / 2- Telegram / 3- For Against
Note de 4/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Depuis le blues-rock vers le progressif, aboutissement d'un parcours musical"
François, le 13/02/2022
( mots)

Steamhammer est un groupe au parcours assez original même si celui-ci devient parfaitement limpide une fois remis dans le contexte musical de l’époque. On pourrait résumer l’affaire en évoquant un groupe de blues-rock au succès relatif (l’excellent "Junior’s Wailing" avait quand même reçu un bon accueil en Allemagne) qui, par l’influence du psychédélisme, se dirige vers un rock progressif de plus en plus affirmé. Il traverse donc les différents courants et les évolutions de la scène rock, en cela rien d’exceptionnel : ce qui étonne est plutôt le passage du blues-rock au progressif, moins évident. 


Destin d’un second couteau qui comptait tout de même un peu à l’époque, Steamhammer n’enregistra que quatre albums. C’est déjà bien, au regard du nombre de formations très éphémères dans les 1970’s. Il faut souligner la mort tragique du batteur Mick Bradley en 1971, avant même que cet ultime opus ne voit le jour, pour donner un élément plus conjoncturel afin d’expliquer la fin du groupe.  


Au sein de l’évolution résumée plus haut, Speech marque un aboutissement sous forme d’une radicalisation progressive profonde : l’album ne comprend que trois pistes, une première occupant toute la première face (plus de vingt-deux minutes), les deux autres dépassant les dix minutes. Cet indice quantitatif ne suffisant pas - il n’y a pas que la longueur qui compte – ajoutons que Steamhammer propose une musique assez complexe, dissonante, agressive, proche d’un Van Der Graaf Generator


"Penumbra", découpé en plusieurs mouvements, est brillamment intitulé. La pièce est sombre, angoissante, dès l’introduction Krautrock stridente et orientalisante, prélude au riff véloce et bien trouvé qui sera plus tard ré-exploité par le groupe Armageddon (sur le titre "Buzzard" de ce supergroupe dans lequel on retrouve Martin Pugh). La suite est orchestral, portée par le chant de Garth Watt-Roy (issu de Fuzzy Duck), cinématographique, pas loin de la marche impériale. Les parties instrumentales sont tantôt planantes, pas loin du blues et de jazz ou du psychédélisme, sûrement en partie improvisées non sans talent, néanmoins beaucoup moins inventives que la première partie du titre. Le final renoue avec l’esthétique plus brutale et stridente du début, déconcertant. Cette longue pièce est la plus intéressante de l’album.


"Telegram (Nature’s Mischief)" joue sur une saturation acide et des dissonances dans le riff, puis la guitare martèle ses accords, un fond agressif pour accompagner un chant éthéré et incantatoire. Les articulations entre les différents mouvements sont par contre plus aléatoires et auraient mérité plus d’attention, puisque le final (pas désagréable, assez oriental) arrive après des divagations incertaines. "For Against" fait la part belle aux percussions tribales et à la guitare, avant de se concentrer sur un long solo du batteur. On pourrait se croire chez Can, mais Speech possède de toute façon quelque-chose d’un Krautrock britannique. 


Speech est un album secondaire, non dénué d’intérêt ("Penumbra" est une longue pièce assez réussie), mais un peu hésitant, brouillon, velléitaire ; c’est un beau témoignage des évolutions du début de la décennie, du décloisonnement des genres, de l’ébullition créative des 1970’s. L’acte final de Steamhammer après une carrière marquée par le refus de la stagnation.  

Commentaires
FrancoisAR, le 17/02/2022 à 17:00
Tout à fait d'accord @Daniel
Daniel, le 15/02/2022 à 20:09
Steamhammer fait partie de ces braves musiciens qui ont presque tutoyé les étoiles sans jamais parvenir à les rejoindre. La faute à un manque de charisme, à une absence d'entourage, à un déficit d'inspiration... Difficile à comprendre. Ils semblaient plus convaincants quand ils pratiquaient le blues rock basique que lorsqu'ils ont amorcé cet étonnant virage "prog". C'est vraiment chouette de rendre hommage aux seconds couteaux.