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Critique d'album

Shame


Drunk Tank Pink


(15/01/2021 - Dead Oceans - Post punk - Genre : Rock)
Produit par

Note de 4.5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Confronté à la dure réalité d'une vie d'adulte, Shame livre un second album complexe et maitrisé."
Mathieu, le 28/01/2021
( mots)

Ça se passait il y a exactement trois ans quand Song of Praise déboulait dans les bacs sans crier garde. Le premier album de Shame, marquait au fer rouge le début de l’année 2018 avec un post-punk franc et direct proposant guitares explosives et refrains entêtants. Finalement pas très innovant et assez classique dans ses rythmiques et son instrumentation, le disque se démarquait surtout par la sincérité et la fougue de ses 5 jeunes géniteurs, du haut de leur petite vingtaine.


La genèse de ce nouvel effort n’a pourtant pas été simple. De retour au pays après deux années effrénées de tournée, loin des décibels et des excès festifs, crises existentielles et remises en question se sont fatalement installées dans les esprits de chacun. Les musiciens ne parvenaient à raviver la flamme et la remise en marche de la machine à créer s’est avérée plus que laborieuse. Sean Coyle-Smith, guitariste, a même déclaré s’être mis à expérimenter et inventer des accordages alternatifs au motif que « jouer de la guitare l’ennuyais tellement que le simple fait d’y penser lui bousillait l’esprit ». Le chanteur, Charlie Steen, a quant à lui choisi la peinture rose comme remède, en en apprêtant les murs de sa chambre tel une cure de psychiatrie, pour espérer vaincre la dépression. Autant vous dire que l’état d’esprit des 5 garçons n’était pas au beau fixe et en partant de ce constat, vous vous douterez que ce disque n’a rien à voir avec le précédent. Bien heureusement, au lieu de sombrer dans la fatalité, Shame a su extraire de ce climat anxiogène une maturité musicale déconcertante pour accoucher d’un disque personnel, sensible et bougrement intelligent.


Drunk Tank Pink est au premier abord difficile à apprivoiser et se montre moins évident que son prédécesseur. Faisant le pari de la complexité, les arrangements lorgnent ici vers une construction rugueuse et nuancée. Bien qu'étant toujours construit autour du classique trio guitare, basse, batterie auquel est ajouté par moments quelques claviers, il faut un certain temps pour s’approprier ces 11 nouveaux titres et laisser leur essence pleinement se développer. On sort clairement ici du classicisme du post-punk étalé en long et en large il y a trois ans pour une oscillation entre différentes atmosphères et textures. L’ensemble est plus subtil, moins accrocheur mais plus travaillé engendrant par conséquent un côté en l’occurrence moins "mainstream", mais c’est bien là que réside toute la force de cet album !


Ce n’est pourtant pas "Alphabet" qui nous ferait avancer un changement radical de direction artistique. On retrouve sur le titre d’ouverture les guitares explosives, la section rythmique brute et la voix grinçante de Steen; tous ces ingrédients qui avaient fait notre bonheur il y a trois ans de cela. Dans la même veine, on pense aussi à l’expéditif brûlot "Great Dog" - pouvant très bien avoir sa place dans le répertoire de leurs grands frères de chez IDLES - véritable déferlante d’énergie pour moins de 2 minutes de plaisir. L’énergie ne faiblit d’ailleurs pas sur les deux pistes suivantes "6/1" et "Harsh Degrees", où les lascars ne renient en rien leurs origines punks. Ça fille à toute vitesse à coup de guitares tranchantes et de caisse claire acharnée.


Premières nouveautés cependant sur des titres de la trempe de "Nigel Hitter", "March Day" ou encore l’entraînant "Water in the Well" où guitares funky et mélodies punchy font leur apparition, le tout dans une ambiance festive renforcée par l'utilisation de synthés bien kitsch. L’écoute ne se fait pas sans penser à The Fall ou Talking Head (prenez Pottery et Squid pour des références plus récentes) au niveau des rythmiques et des harmonies. Ces titres font finalement partis des plus accessibles de l’album et apportent leur dose de fraîcheur à un ensemble en somme assez sombre. En parlant de titre facile à l'écoute, Shame propose avec "Human for a Minute" une de leur compo' les plus mélodiques mais également et assurément une des plus sensibles de leur répertoire. Reverb', basse lancinante et délicates interventions de 6 cordes sont utilisées à bon escient pour un parfait instant d’introspection.


Les morceaux pré-cités s'articulent finalement autour de trois pièces maîtresses exigeantes et complexes jouant un rôle primordiale dans la définition de l'identité de ce nouveau disque. "Born in Lutton", douloureuse et pleine de rage, constitue un premier grand moment. Le désespoir se dessine dans la voix de Steen lorsque le tempo ralenti : "I've been waiting outside for all of my life. And now I've got to the door, there's no one inside". Le groupe nous prend aux tripes pour mieux façonner ce sentiment de dépit évoluant progressivement vers un sursaut de rage pour une explosion finale mature et maîtrisée. "Snow Day", deuxième pièce maîtresse se veut plus alambiquée. Steen nous happe dans une ambiance glaciale avec une voix grave à la limite du parlé pour mieux nous plonger au cœur de cette atmosphère oppressante, maintenue par une section rythmique asymétrique. Le titre évolue rapidement vers une déferlante de guitares et de cris ravageurs. Les ambiances se succèdent rapidement pour une piste diablement efficace.


Point d’honneur de cet album, avec le complexe et sophistiqué "Station Wagon", tout en crescendo, un peu à l'instar d'"Angie" concluant leur premier disque. On retrouve un chant posé en début de titre plutôt réjouissant maintenu par quelques rythmiques chaloupées. Le doute vient cependant s’installer au fil des minutes, introduit par quelques accords dissonants plaqués au piano. La tension se fait de plus en plus palpable pour finalement déboucher sur un jouissif bordel divagant entre la folie d’un nuage grondant de guitares saturées et la dissonance des mêmes accords de piano répétés encore et encore. Un parfait antagonisme représentatif de la situation mentale du groupe rencontrée en phase de création de ce nouvel opus. Musicalement parlant, la parfaite conclusion représentative de l’évolution opérée par le groupe, usant une fois de plus l'imbrication de plusieurs textures au sein du même morceau.


Avec cet album audacieux, Shame a finalement su délaisser l’insouciance de son premier effort pour se diriger vers un style plus contrasté en constante évolution, montrant une claire volonté d’expulser les démons de leur confrontation avec la vie d'adulte. Les thématiques récurrentes d’introspection, de remise en question et de crise d'identité accentuent une fois de plus le caractère plutôt sombre et torturé de ce nouveau disque. Quoi qu’il en soit, la profondeur de ces arrangements complexes et ambitieux touchant à un panel de styles varié permet au groupe de se placer parmi les formations les plus excitantes du moment et de marquer un début d’année 2021 résolument placé sous le signe du post-punk.


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