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Critique d'album

Pool Kids


Pool Kids


(22/07/2022 - Skeletal Lightning - Emo Math Rock - Genre : Rock)
Produit par Pool Kids

1- Conscious Uncoupling / 2- That's Physics, Baby / 3- Almost Always Better (Almost Always Worse) / 4- Further / 5- Talk Too Much / 6- Comes In Waves / 7- I Hope You're Right / 8- Swallow / 9- Couch / 10- Waking Up / 11- Arm's Length / 12- Pathetic
Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Pas de fermeture en vue pour Pool Kids."
Diego, le 13/09/2022
( mots)

"Comes In Waves" de Pool Kids est l’une des meilleures chansons de l’année.


Voilà pour l’incipit.


Au-delà de l’hommage dissimulé à Albert Camus, maître absolu dans l’art de l’uppercut d’accueil, le constat est sincère. L’introduction feutrée sur laquelle viennent peu à peu se superposer la voix tout en retenue de Christine Goodwyne puis la rythmique juste est annonciatrice d’un délice qui ne fait que s’accentuer au refrain. Ce dernier est un modèle de reflet des paroles par l’image sonore, les "it comes in waves" susurrées étant en parfaite harmonie avec les oscillations périodiques du jeu de batterie de Caden Clinton. Le morceau aurait tout à fait sa place sur un disque comme Blue Weekend, le dernier Wolf Alice, plébiscité par notre rédaction qui en avait fait son album de l’année 2021. Une courte parenthèse distordue sur le pont laisse également entrapercevoir toute la palette musicale des membres de Pool Kids.


Il serait en effet réducteur de limiter l’analyse du second effort des Floridiens (le groupe est originaire de la scène de Tallahassee) à ce titre. Suite à un premier album les ayant mis tout en haut des groupes emo-rock à suivre, le quatuor fait mieux que confirmer les espoirs placés en lui avec ce disque éponyme. De la pop intelligente, avec "Comes In Waves" donc, et de la synth-pop au travers de morceaux comme "I Hope You’re Right", mais pas que !  Pool Kids cultive une certaine versatilité avec des compositions nettement plus musclées qui laissent le champ (chant?) libre à sa vocaliste et aux envolées de guitare d’Andy Anaya


C’est typiquement le cas sur l’openener "Conscious Uncoupling" qui monte en férocité au fur et à mesure de sa progression. On décèle même une tension croissante dans la mâchoire de Goodwyne lorsqu’elle fait le bilan des choses qui lui manqueront suite au deuil d’une relation. D’abord tendres, les souvenirs sont ensuite évoqués sans regrets au gré d’une instrumentation de plus en plus musclée. "Further" est également particulièrement réussi. Reprenant les codes d’une pop planante sur les couplets pour mieux planter les banderilles de refrains survoltés marqués par de violents bends de guitares, le morceau sait également mener l’auditeur au climax et s’arrêter à temps. Ce n’est malheureusement pas le cas de tous les titres de ce disque.


On pourra par exemple regretter la longueur - voire la présence - de "Waking Up" ou "Pathetic" (de forte inspiration Phoebe Bridgers), chansons dans l’absolu loin d’être ratées mais qui confère à l’album une certaine lourdeur. La durée totale de 46 min est tout à fait dans les critères acceptables, mais une brièveté accrue aurait probablement rendu le travail de détection de défauts plus difficile. Dans tous les cas, le morceau "Talk Too Much" aurait probablement figuré comme l’un des moments les plus clivants de disque : si certains y verront un titre pop relativement inoffensif, il ne m’a pas été possible de l’écouter sans avoir des flashbacks d’Avril Lavigne. Pas la pire des références certes. Pas la meilleure non plus.


La complexité et la densité de certaines des compositions des Floridiens méritent également toute notre attention : des accents math-rock sur le versatile "Almost Always Better (Almost Always Worse)" se traduisent par les changements de tempo radicaux entre les différents segments. L'exercice est d’autant plus impressionnant qu’il est parfaitement maîtrisé ! "Do you hear that ? That’s the sound of me minding my own damn business" / "Est-ce que tu entends ça ? C’est le son que ça fait quand je m’occupe de ce qui me regarde" crâne fièrement la frontwoman avant que le morceau parte dans un dédale mélodique volontairement confus. La basse survoltée de Nicolette Alvarez mène la barque sur un "Swallow" tout aussi dense et dont le refrain en harmonies éveille les souvenirs de l’album Playing House des excellents Meer (un autre plébiscite 2021 made in Albumrock).


L’alchimie est optimale sur "That’s Physics, Baby", titre original pour un groupe aux racines math-rock… Le finish mettant en valeur la voix de Goodwyne est tout bonnement à tomber.


Côté substance, les sujets abordés par Goodwyne cochent toutes les cases de l’émo traditionnel : de l'introspection contemplative ("Comes In Waves"), aux conflits émotionnels ("Conscious Uncoupling”, "I Hope You’re Right") en passant par les problématiques très contemporaines de l’addiction numérique, abordée très élégamment sur "Arm’s Length". Notons la justesse du titre "Couch" décrivant parfaitement l’apathie caractéristique de la boulimie digitale, en particulier au travers d’une critique des discussions de groupe, véritable plaie de la société moderne (parti pris personnel cette fois-ci).


L’aisance avec laquelle Pool Kids parvient à s’approprier des univers musicaux aussi riches est tout bonnement bluffante pour un groupe aussi jeune. Même l’artwork ornant la pochette de l’album est réussi. Nul doute que le quatuor sera attendu au tournant pour sa prochaine galette. De là à dire que Pool Kids est désormais dans le grand bain, il n’y a qu’un pas…


A écouter :  "Comes In Waves", "Swallow", "Almost Always Better (Almost Always Worse)"


 

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