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Critique d'album

Phoebe Bridgers


Punisher


(18/06/2020 - Dead Oceans - Indie Rock - Genre : Pop Rock)
Produit par Phoebe Bridgers, Tony Berg, Ethan Gruska

1- DVD Menu / 2- Garden Song / 3- Kyoto / 4- Punisher / 5- Halloween / 6- Chinese Satellite / 7- Moon Song / 8- Savior Complex / 9- ICU / 10- Graceland Too / 11- I Know The End
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"La nouvelle figure de proue de l'emo indie."
Diego, le 24/12/2020
( mots)

Après un premier album plutôt réussi (Stranger In The Alps, sorti en 2017), l’artiste américaine Phoebe Bridgers s’est construit une jolie réputation sur la scène indépendante au travers de nombreuses collaborations. C’est tout d’abord en formant le supergroupe féminin sarcastiquement nommé boygenius avec les talentueuses Julien Baker et Lucy Dacus que Bridgers a affiné son écriture. Cette démarche s’est poursuivie en puisant de l’inspiration directement à la source chez un des songwriters les plus doués de sa génération, Conor Oberst (Bright Eyes), au travers du projet Better Oblivion Community Center. On pourra également mentionner le duo avec Matt Berninger (l’enchantant "Walking On A String"), sur lequel la voix suave de baryton du leader de The National entre en alchimie parfaite avec le timbre de velours fantomatique de la chanteuse.


C’est donc renforcée de ces expériences formatrices (mais aussi libéré d’un poids avec les révélations sur sa relation abusive avec Ryan Adams), que l'auteure-compositrice-interprète californienne nous propose avec Punisher un second opus aux multiples aspects.


L’opener, "DVD Menu" (l’artiste ne manque pas d’humour) est un morceau instrumental de premier abord assez anodin mais qui tend à prendre aux tripes : c’est une expérience sensorielle intrigante, qui laisse présager le pire, comme l’introduction d’un roman d’anticipation apocalyptique. La transition avec la piste suivante, "Garden Song", est une pure merveille. S’enchainent sur ce morceau les accords et les arrangements étouffés, plaçant une ambiance entre rêve et cauchemar. Cette imagerie est d’ailleurs renforcée par les paroles de cette ballade, mélangeant jardins fleuris, meurtres et maisons en feu ; le clou est enfoncé avec la superposition de la voix grave sortie d’outre-tombe sur la dernière partie de la chanson.


Sur la suite de l’album, on est surpris par la variété rythmique et stylistique : l’enjouée "Kyoto" nous mène sur les terrains de la solitude des tournées au travers d’une section cuivres (menée par Nathaniel Walcott de Bright Eyes) s’en donnant à cœur joie et de percussions upbeat. Le décalage entre la forme et le fond du message est déstabilisant à souhait, le meilleur exemple étant le refrain, qui voit Phoebe Bridgers clamer "I am going to kill you" presque joyeusement. Des titres au format plus classique indie pop sont bien entendu présents : on pense au soyeux "Punisher", ode à Elliott Smith sur lequel Bridgers se met à notre niveau telle une fan d’un artiste dont la voix devient familière, amicale mais qui ignore tout de nous ("What if I told you, I feel like I know you, but we never met"/"Et si je te disais, que j'ai l'impression de te connaitre, mais nous ne nous sommes pourtant jamais rencontrés"). L’hommage va même jusqu’à la construction de cette chanson, qui pourrait sortir directement du répertoire de Smith, c’est d’ailleurs totalement assumé par Bridgers, laquelle se définit comme un "copycat killer".


Si les morceaux au format plus attendus s’enchaînent, ils sont loins d’être dépourvus d’intérêt : "Halloween" (en duo avec Conor Oberst) nous fait le coup classique du soulagement de l’anonymat par le déguisement: "we can be anything, whatever you want"/"nous pouvons être n'importe quoi, tout ce que tu veux". Mais plus qu’un mal être personnel, on sent que Phoebe Bridgers veut se montrer empathique et altruiste (jusqu’à avoir une chanson nommée "Savior Complex"…). C’est le cas sur "Moon Song" également, où, pour venir en aide à l’être en souffrance, elle serait prête à lui décrocher la lune. L’énergique "ICU" et l’incursion vers la country folk "Graceland Too" (où le trio boygenius fait à nouveau des merveilles avec un songwriting de très haut vol), sont autant d’opportunités d’incorporer des variations bienvenues.


D’une manière globale, Punisher est une bande son de l’apocalypse accueillie la tête haute, du malaise latent du début d’album ("there must be something in the water"/"il doit y avoir quelque chose dans l'eau", sur "Garden Song"), aux proxys salvateurs comme guides quand les lumières (étoiles astrales ou stars hollywoodiennes ?) sont éteintes (littéralement le titre de la chanson "Chinese Satellite"), jusqu’à l’extraordinaire finish en deux temps sur "I Know The End" : d’abord avec un crescendo digne des ensembles de cuivres balkaniques de Beirut, puis noise rock gueulard. Cette dernière partie nous révèle que le pire est peut-être arrivé, il peut également s’agir d’un exutoire devant la réalité des situations dépeintes jusqu’à ce moment ; dans tous les cas la fin de l’histoire est atteinte avec une élégance rare et une qualité d’écriture supérieure, alignant les aphorismes inspirés.


A titre d'illustration: "It’s amazing to me how much you can say when you don’t what you’re talking about"/ "C'est incroyable la quantité de choses que tu peux dire quand tu ne sais pas de quoi tu parles" clame Phoebe Bridgers sur "ICU".


Cette ironie cinglante nous encourage à en rester là et à conclure cette chronique sans plus tarder.

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