
Bruce Soord
Ghosts in the Park
Produit par
1- Concepcion / 2- Pillars / 3- Meet Me On The Downs / 4- Kept Me Thinking / 5- Day Of Wrath / 6- Our Predicament / 7- Stared Down / 8- You Made A Promise / 9- Ghosts In The Park


Fidèle à ses habitudes de métronome, Bruce Soord nous revient moins de deux ans après la sortie du dernier opus de The Pineapple Thief pour un quatrième album en solitaire. Les compositions ont une nouvelle fois été travaillées sur la route des tournées, dans les chambres d’hôtel et lors des nombreux trajets en bus.
Si Luminescence se présentait comme une ode à la recherche de sérénité, Ghost in the Park est plus sombre et mélancolique, marqué par le décès du père de Bruce Soord et l’Alzheimer de sa mère, auquel l’introductif "Concepcion" fait directement référence. De quoi nourrir une réflexion sur l’implacable écoulement du temps et les nombreux fantômes qui nous accompagnent à mesure que nous gagnons en âge. Sur le plan musical, les compositions sont toujours très épurées mais gagnent en complexité par rapport à l’opus précédent avec quelques ruptures de ton et mesures asymétriques cachées entre deux cascades d’arpèges.
Dominé par les sonorités acoustiques, l'album bénéficie comme d’habitude d'un soin de production exemplaire visant à mettre en relief la superposition des lignes de chant, des motifs mélodiques de guitare et la légère réverbération des arpèges en apesanteur. Si l’album est dominé par des compositions légères et oniriques, quelques passages plus électriques permettent de conférer un peu de relief à l’ensemble. On pense notamment à "Pillars" centré autour du thème de la religion et de ses excès, porté par le souffle mélodique des refrains et l’entrecroisement des lignes de guitares acoustiques et électriques dans la plus pure tradition des compositions du Britannique.
L’auditeur en quête de sensibilité appréciera la finesse du jeu percussif sur "Day of Wrath" et son très beau crescendo hypnotisant, le charme dépouillé de "You Made a Promise" ou la beauté touchante sur "Meet Me on the Downs" écrite en souvenir de son père défunt. Le sommet de l’album est atteint sur le très beau "Kept Me Thinking", petite perle de folk progressive sensible et émouvante traversée par de belles saillies électriques. Les interventions ponctuelles de la guitare électrique sont de ce point de vue très réussies également sur les ritournelles éplorées "Our Predicament" et "Stared Down" qui rappellent les joyaux des premiers albums publiés chez Cyclops Records.
Si l’album est très réussi dans son ensemble, le titre éponyme d’une durée de 12 minutes reste malheureusement un peu trop plat et linéaire pour pleinement captiver sur la durée. Le manque de diversité instrumentale et la reproduction trop visible de progressions mélodiques déjà trop entendues sur d’autres titres du Britannique auront tôt fait de plonger l’auditeur dans une certaine torpeur.
Ghost in the Park reste néanmoins un album particulièrement attachant qui étoffera une discographie de grande qualité et saura contenter les auditeurs habitués à la langueur élégiaque et au spleen chevillé au corps du Britannique.


















