
Spirit Adrift
Infinite Illumination
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Quelle tristesse de découvrir un groupe alors qu’il se prépare à mettre un terme à sa carrière. Certes, c’est bien souvent le cas du chroniqueur ou de l’auditeur avide de se plonger dans l’histoire de son genre musical favori : il sera conduit à découvrir sur le tard, des formations ayant plié les gaules depuis plusieurs décennies. C’est un peu plus rare quand il s’agit d’un groupe actuel comme Spirit Adrift, né en 2015 en tant que le projet personnel de Nate Garrett qu'il porte avec ferveur depuis cinq albums. Ces derniers l’ont conduit dans la tête de peloton du Doom épique moderne au point d’acquérir une vraie renommée sur l’ensemble de la scène Metal.
Hélas, l’Américain vient d’annoncer que son sixième opus, Infinite Illumination, sera également le chapitre final de la discographie de Spirit Adrift. Nate Garrett a néanmoins soigné cet adieu dès l’annonce de la parution, intervenue au dernier moment avec un single absent du produit final, et dans le choix des illustrations pour la pochette ou le livret qui sont tout bonnement splendides.
En outre, le musicien considère que cet ultime album pourrait également être le meilleur jamais composé pour son projet. On passera sur l’intérêt marketing d’une telle affirmation, pour souligner qu’il est vrai que la séduction opère vite, notamment sur les pièces les plus longues et ambitieuses. En ouverture, les arpèges acoustiques d’"Infinite Illumination" nous enivrent dès les premières secondes et pavent la voie à un Doom épique très mélodique et raffiné. Quelques lignes de guitare et de chant évoquent Mastodon, ou tout du moins, affirment une vraie modernité dans l’approche qui le rapproche aussi de Pallbearer et des productions récentes de Sorcerer. Parfait miroir de ce premier titre, "You Will Never Hold The Key" suit une ligne plus Doom mais reste bercé par un chant toujours très juste dans ses émotions ; il bénéficie d’un magnifique pavoisement de quelques traits en guitare-jumelle immédiatement accrocheurs, d’un intermède planant et d’un final d’une lourdeur rituelle. Le final, "Where Once There Was An Ocean", illustre une dernière fois la capacité du groupe à développer une épopée Doom pleine de subtilités.
Sur les pièces plus courtes, Spirit Adrift se montre plus classique : si "Born In A Bad Way" est aussi bref qu’oubliable, "Buried In The Shadow Of The Cross" marque tout de même les esprits par sa longue introduction à l’ambiance Sci-Fi avant de plonger dans un Doom sépulcral canonique. Il en va demême d’"I Am Sustained" dont on retiendra la majestuosité de la seconde partie instrumentale et du solo. Dans une veine plus Heavy, "Window Within" souffle le chaud et le froid, alors que "White Death" gagne en substance grâce à quelques aspérités Thrash relativement apaisées et une conclusion Doom épique.
Si comme moi, vous découvrez Spirit Adrift avec Infinite Illumination comme porté d’entrée, il y a fort à parier que vous serez immanquablement porté par les variations Doom pleine de raffinement qui font la richesse de sa musique. L’occasion de rebrousser chemin pour savourer rétrospectivement le reste de la discographie désormais complète.
A écouter : "Infinite Illumination", "You Will Never Hold The Key", "White Death"



















