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Critique d'album

Magnésis


Légendes de nos Campagnes


(17/09/2021 - Musea - Rock progressif - Genre : Rock)
Produit par

Note de 4/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Nouvelles chroniques bourguignonnes et progressives"
François, le 08/10/2021
( mots)

A côté de la littérature, qu’elle soit classique ou plus proche de la fantasy et de la science-fiction, le folklore et les contes traditionnels ont irrigué l’imaginaire et les paroles du rock, notamment quand il s’agit de son pendant progressif. On ne multipliera pas les références à Tolkien du côté du fantastique tant il a été une source féconde pour les paroliers progressifs. Evoquons plutôt les récits de nos terroirs qui n’ont eu de cesse d’emporter les aèdes modernes du rock progressif français : souvenez-vous, les belles histoires d’Emile Jacotey (1975) incarnées par Christian Décamps, ou encore La Vieille que l’on brula (1977) de Ripaille. Plus récemment, les Bourguignons de Magnesis entretiennent depuis de nombreux albums le patrimoine de leur région, malgré quelques détours récents du côté de chez Lewis Carroll ou du Gévaudan. Sans reprendre le jeu de mots qui faisait le titre de leur cinquième album (Les Gens de …, 2001), le groupe propose ici de revisiter les Légendes de nos Campagnes


Pris dans une spirale productive intense, les Bourguignons offrent au public un album par an depuis 2019 et font ainsi vivre un rock progressif dans la plus grande tradition française – entendez celle qui a été initiée par Ange. Au chant théâtral et incarné d’Éric Tillerot s’ajoute une instrumentation typique du rock progressif historique, notamment à travers des claviers rétros parfois proches du néo-progressif. Tout l’enjeu, et ce depuis les origines du groupe, est de nous entraîner musicalement au sein des récits soigneusement narrés et mis en notes. Ainsi, l’introduction instrumentale de l’album, "Une Visite à la Campagne", embarque l’auditeur dans des sentiers rustiques, dans des lieux aussi familiers qu’ils sont nimbés du mystère, comme suspendus dans le temps. Les sonorités féériques et épiques de cette pièce très néo-progressive évoquent bien ces lieux marqués dans l’espace mais hors du temps, tant celui-ci passe lentement. Les légendes sont ainsi faites qu’elles gardent toute leur actualité en prenant racine dans un passé impossible à situer puisqu’elles s’enivrent d’un imaginaire jamais actualisé. Un peu comme le rock progressif de Magnesis somme toute, à la fois présent et nostalgique de l’âge d’or du genre. 


C’est dans des lieux familiers et propices à l’écoute des contes d’antan qu’on s’installe, "Dans la Chaleur du Foyer", dont la douceur et le côté rassurant sont représentés par une guitare acoustique et des sonorités cotonneuses, au sein d’un morceau assez atmosphérique et encore une fois très néo dans son approche. Plus loin, "Dis Moi" reprend un peu la même esthétique en étant beaucoup plus terre à terre sur les thématiques (un ancien combattant et grand-père qui évoque la guerre). 


Cette dimension historique est assez présente, comme la déportation et la fuite de Sibérie de "Camille" et son introduction "A l’Est rien de Nouveau", preuve de l’entre-deux dans lequel se situent les légendes, comme une réalité revisitée. N’y a-t-il pas toujours un soupçon de réalité dans les récits les plus fantastiques ? Musicalement, il s’agit d’un ensemble un peu plus convenu, mais le groupe semble avoir parfois voulu accentué sa dimension chanson française : le plus bel exemple est "La Vieille", sans aller jusqu’à dire qu’on est dans du Daniel Guichard ("Mon vieux"). 


Magnesis sait varier les plaisirs et nous emmener vers d’autres horizons, comme sur cette pièce plus folklorique et dynamique, "La Jeune Fille et le Diable", sur laquelle on sent bien la touche angélique mais également la patte du groupe. C’est un moment très enthousiasmant de ce nouvel opus. 


L’inclinaison progressive est particulièrement sensible quand se conclut l’album, avec un morceau de plus de vingt-six minutes, "Légendes au Coin du Feu". Introduction acoustique puis passage narré, sonorités médiévales renforcées de guitares plus acérées, le paysage est installé pour nous lancer dans les mésaventures du "Crassou". On comprend rapidement qu’il s’agit en fait d’une superposition de légendes scandées par la narration de Magali Buffet, une amie du groupe, parfois instrumentales, parfois serties de paroles ("Lune d’argent"). Le groupe propose ici un découpage assez original tout en pouvant interroger sur l’homogénéité de l’ensemble : la volonté était sûrement de conserver l’ambiance d’une veillée nocturne durant laquelle se succèdent les histoires mystérieuses. On notera une belle partie soliste à la guitare, très prenante, avant une fin au piano dans les crépitements du feu. 


Si à l’heure du bilan on préférera, en toute subjectivité, La Bête du Gévaudan à Légendes de nos Campagnes, on passera vite sur quelques longueurs qui n’enlèvent rien à Magnesis en tant que belle référence dans leur style théâtral et progressif. D’autant plus que l’album laisse envisager de belles potentialités scéniques, Magnesis sachant imaginer des spectacles hauts-en-couleur pour adapter leurs albums sur les planches.  

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Critique d'album

Magnésis


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