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Critique d'album

Jasper Wrath


Jasper Wrath


(00/00/1971 - sunflower - Rock psychédélique / progressi - Genre : Rock)
Produit par

1- Look To The Sunrise / 2- Mysteries (You Can Find Out) / 3- Autumn / 4- Odyssey / 5- Did You Know That / 6- Drift Through Our Cloud / 7- Portrait: My Lady Angelina / 8- Roland Of Montevere
Note de /5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Un des faux-départs du rock progressif US"
François, le 22/05/2021
( mots)

Même avec toute la mauvaise foi du monde, on ne pourra pas tordre l’histoire au point de la réécrire. Si le rock progressif étatsunien a existé dans les années 1970, il fut majoritairement tardif (deuxième moitié de la décennie) et quantitativement limité. Deux grands noms sortent peut-être, Kansas et Styx, les autres, non moins talentueux, demeurent des joyaux réservés au cénacle des amateurs. Pourtant, dès le début de cette décennie, l’Oncle Sam avait tout, culturellement parlant, pour qu’émerge une scène progressive. D’une part, des soubassements solides constitués du rock psychédélique duquel le rock progressif est né en grande partie, du jazz-rock en pleine émergence ou de créateurs originaux comme Frank Zappa. Bref, l’idée de faire sortir le rock de ses limites initiales avait germé dans bien des esprits dès la fin des années 1960 – vous avez entendu parler des Beach Boys ? D’autre part, le public américain est conquis par une seconde British Invasion, les grands noms de prog’ multipliant les tournées triomphales outre-Atlantique. Yes, Jethro Tull, ELP, même Gentle Giant circulent de New-York à Atlanta en passant par le Michigan. Malgré cela, notamment au regard de leur taille et de leur poids dans l’histoire du rock, les Etats-Unis restèrent une périphérie du rock progressif durant cette décennie par ailleurs faste pour cette scène. 


Ainsi, quand on trouve un groupe comme Jasper Wrath, formé dans le Connecticut, qui sort un album dès l’année 1971, on ne peut qu’avoir l’impression d’entendre des pionniers qui prêchent dans le désert. Quand ils signent chez MGM, Jeff Cannata (batterie), Michael Soldan (claviers),  Robert Gianotti (guitare), et Phil Stone (basse) s’apparentent à un rassemblement de jeunes passionnés par ce qui peut se faire des deux côté de l’Atlantique. En effet, le psychédélisme américain n’a pas complétement disparu de l’horizon musical de Jasper Wrath, même s’ils densifient toujours leur approche et le mêle aux influences britanniques. "Mysteries" est assez représentatif de ceci, même si quelques traits de guitare ou les variations mélodiques enrichissent la composition. Le long "Odyssey", avec ses passages de flûte énergiques typiques de l’époque et son chant lancinant très daté, évoque également un mélange entre rock psychédélique et pop-rock baroque enlevée. On entend là les Moddy Blues (sans mellotron), Procol Harum, notamment sur "Autumn" (pour sa flûte, son rythme folk, son passage instrumental au piano classicisant). Bref, Jasper Wrath se nourrit de multiples courants esthétiques des musiques populaires et constitue une transition manquée vers le rock progressif américain. Un groupe "proto-progressif" pour reprendre l’appellation acceptée mais tristement téléologique – d’autant plus pour les Etats-Unis. 


Dans le registre progressif, le long "Roland of Montevere" demeure le titre le plus mémorable. L’introduction éthérée laisse place à une partie instrumentale où domine la guitare, très proche du Yes première période, avec des soubresauts intéressants (suite au début du solo de guitare). Ensuite, un second temps au rythme militaire, un peu dissonant, laisse entendre l’influence de Gentle Giant, qu’on retrouve en fin de titre avec le côté pastoral de la flûte. 


Les hybridations entre différents genres n’entraînent pas toujours Jasper Wrath vers le progressif. Le groupe s’acoquine au latin-jazz dans une version très rock sur l’énergique "Did You Know That" à la Santana, ou sur le minimaliste "Drift Through Our Cloud" dominé par une section rythmique chaloupée. 


Impossible alors de ne pas relever cette fusion excellente sur laquelle s’ouvre l’album, "Look to the Sunrise" avec son introduction tribale, sa richesse musicale aux inclinaisons progressives (Yes), ses chœurs typiques de l’époque. 


Ce premier album passera presqu’inaperçu et les musiciens décidèrent de se séparer, certains voulant tenter leur chance dans le plus grand conservatoire progressif du monde : l’Angleterre. Cannatta et Soldan en reviendront avec quelques compositions, notamment "You" très inspiré par Yes, qu’ils interprèteront au sein de la seconde version de Jasper Wrath (1973 - 1976). Sortiront deux albums sous des noms différents en 1977 (Arden House et Zoldar & Clark), publiés sous un odieux tax-scam label – pseudo label pour lequel les disques sont produits à peu de frais et lassés dans des hangars où ils pourrissent pour bénéficier d’une ristourne fiscale sur les pertes. C’est dire si le rock progressif bénéficiait d’un soutien de la part des labels locaux. Reste que le Connecticut est également la terre de naissance de Fates Warning, figure du renouveau prog’ dans sa version metallique, le grand apport des Etats-Unis à la résurrection de la scène progressive dans les 1990’s. 

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