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Critique d'album

Horisont


Sudden Death


(15/05/2020 - Century Media - Hard Rock Old School - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- Revolution / 2- Free Riding / 3- Pushin' the Line / 4- Into the Night / 5- Standing Here / 6- Runaway / 7- Gråa Dagar / 8- Sail On / 9- Breaking the Chain / 10- Hold On / 11- Archaeopteryx in Flight / 12- Reign of Madness / 13- White Light
Note de 2.5/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Evolution osée pour Horisont dont le résultat est un album qui ne laissera personne indifférent"
François, le 30/03/2021
( mots)

De toutes les formations du revival suédois, Horisont est peut-être l’une des plus connue (en tout cas suffisamment pour signer chez un label d’une belle envergure) et sûrement l’une des plus étonnante en termes de discographie et d’audaces en matière d’évolution stylistique. Notez. Après trois albums très hard-rock 1970’s à la production parfois rudimentaire (faute de moyens), ils parviennent à créer leur space-opéra progressif puis atteignent un sommet en densifiant et enrichissant leur base hard-rock sur About Time (2017). Cela amène à réfléchir sur l’essence même de ce courant revival : loin d’être une triste pantomime glorifiant le passé, il est au contraire une recherche esthétique forte de ses racines qui n’exclut pas toute évolution, aussi bien pour le groupe au sein de sa carrière que pour la scène prise dans son ensemble. On serait d’ailleurs bien mal avisé de dénoncer les bégaiements pour la seule scène revival sous prétexte qu’elle s’inspire du passé (sauf à tomber dans une essentialisation absurde), car de nombreux autres genres parviennent sans problème à tourner en rond, parfois même à peine ont-ils éclos. L’innovation à tout prix demeure, en tout état de cause, un critère à relativiser quant à sa pertinence comme étalon de valeur dans le domaine musical. 


En matière d’évolution stylistique, Sudden Death se pose là, et fait un pari aussi audacieux que périlleux : Horisont se lance, au moins dans une bonne partie de l’album, dans un hard-rock FM à tendances progressives, inspiration trouvée dans toute une scène de la fin des 1970’s et du début des années 1980’s qui était passée du progressif au stadium rock aux Etats-Unis, mais aussi en Angleterre chez certains groupes de la NWOBHM à claviers. Si ce fut souvent l’objet de déconvenues artistiques, Horisont possède un avantage certain sur ses prédécesseurs. Contrairement à ses groupes qui avaient cherché la gloire en s’adaptant au diktat des radios et au soi-disant esprit du temps, il a du recul vis-à-vis de cette esthétique et peut donc éviter les écueils dans son appropriation. C’est d’ailleurs ce qu’il s’applique à faire. 


Dès l’ouverture le groupe annonce la couleur avec le bien nommé "Revolution" tant il tranche avec le style habituel du groupe : claviers à la Supertramp, mélodie pop, pont musical dans la veine d’Electric Light Orchestra. Original, osé, le titre est un peu kitsch et pourra refroidir certains. "Free Riding" propose une version bien plus convaincante de la nouvelle recette car plus électrique (les petits traits derrière le piano), avec une inspiration puisée dans une certaine NWOBHM qui œuvrait dans un sens FM avec claviers (les mélodies des couplets évoquent "Rock of Age" de Saracen). Légèrement progressif avec son intermède étonnant, ce qui enrichit grandement le titre, mais surtout très entêtant, "Free Riding" ne peut pas laisser de marbre. La  juste proportion des différentes possibilités exploitables par le groupe en fait une bien belle pièce. On retrouve cette esthétique dans l’enthousiasmant "Into the Night" qui mêle riff efficace et saxophone endiablé, ou encore dans le bonus "Reign of Madness", très heavy. 


Dans cette touche FM, Horisont va peut-être parfois un peu loin - le côté Toto de "Sail On" ou Journey/stadium de "Hold On" - quoique "White Light" (en bonus) soit particulièrement addictif (introduction très prenante, refrain aguicheur) même s’il met les pieds dans le plat AOR.


Attention, ce que nous venons de décrire n’est pas la seule voie empruntée par Horisont sur cet opus qui est excessivement diversifié. Il s’inscrit dans le hard-rock suédois typique aux guitares mélodiques (le classieux "Pushin’ the Line", conseillé aux amateurs des compatriotes de Night), offre de beaux soli aériens sur le tendre "Standing Here", transmet la fougue des Stranglers (sur l’introduction de "Runaway"), nous repose avec une ballade un peu mièvre et surannée ("Graa Dagar", en suédois s’il vous plait). 


L’intense utilisation des claviers aux sons très années 1980 peut rappeler d’autres scandinaves, Hallas, comme sur la longue introduction de "Breaking the Chain", le tout mêler à des guitares jumelles qui permettent toujours de rehausser les mélodies (ou de se lancer dans un solo sudiste comme sur "Runaway"). Plus encore, le final progressif de huit minutes, "Archeopteryx in Flight", qui déambule entre Camel et Blue Oyster Cult (sans raccourcis excessifs : le tout est suffisamment unique pour être ainsi projeté dans l’œuvre d’autres formations), est aussi inattendu qu’implacable. Une vraie perle progressive, contrastée, magique … Le programme du prochain opus pour une nouvelle révolution stylistique ?  


Il suffit de résumer les points forts de l’album pour vous convaincre : une variété incroyable et toujours originale, une inventivité et une interprétation vraiment magistrale, un sens aiguisé de la mélodie ou du passage instrumental exaltant (au clavier, très habilement exploité dans toutes ses sonorités, ou à la guitare), et une adaptation de trouvailles esthétiques puisées dans les limbes du temps et ré-enchantées par des musiciens accomplis. Bref, Sudden Death devra trouver un public attentif à ses audaces mais osez dire que la scène revival (suédoise en particulier) se répète ou ne fait que répéter le passé après ça … 


 

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