↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Critique d'album

Heavy Trash


Midnight Soul Serenade


(12/10/2009 - Bronzerat records - Rockabilly survitaminé - Genre : Rock)
Produit par

1- Gee, I Really Love You / 2- Good Man / 3- Bumble Bee / 4- The Pill / 5- Pimento / 6- (Sometimes You Got to Be) Gentle / 7- Isolation / 8- Bedevilment / 9- Sweet Little Bird / 10- That's What Your Love Gets / 11- In My Heart
Note de 5/5
Vous aussi, notez cet album ! (3 votes)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 3.5/5 pour cet album
"Heavy Trash enfonce le clou avec une troisième livraison, Midnight Soul Serenade"
Thomas, le 07/05/2010
( mots)

Véritable stakhanoviste du rock’n’roll et acteur essentiel de la scène garage new-yorkaise des 90’s et 00’s, Jon Spencer s’était lancé en 2005 aux côtés de Matt Verta-Ray, autre autorité new yorkaise et ex-Speedball Baby, dans un projet rockabilly fleurant bon la gomina, le Tennessee et les studios Sun de Memphis. La bête, nommée Heavy Trash (en référence aux ramassage des encombrants), prit rapidement forme avec la réalisation d’un premier album éponyme, puis d’un second,  Going way out with heavy trash,  faisant passer le groupe du statut de  simple projet parallèle à celui de  projet on ne peut plus  sérieux (doit on s’inquiéter pour l’avenir du fameux Blues Explosion de Spencer ?), idée que semble confirmer la sortie d’un troisième Lp, Midnight soul serenade, sorti en octobre dernier sur le label Bronzerat Records.

Né d’une  passion commune pour le rockabilly de Jon spencer et Verta-Ray, Heavy Trash avait posé dès 2005 les bases d’un concept simple mais ô combien efficace : Spencer (à la guitare acoustique et au chant) et Verta-Ray (guitare gretsh en main) y jouaient un rockabilly énergique et sans complexes, inspiré entres autres par Charlie Feathers ou Eddie Cochran, le tout chargé d’une énergie punk bien sentie et d’influences diverses, de la  soul à la country en passant par le doo-wop. Si le groupe se rapproche plus des origines du genre que ne le faisaient les groupes précédents de Spencer (voir le JSBX et le traitement qu’il fait du blues), ici le vintage, le rétro, n’est certainement pas une fin en soi, et les constantes du rockabilly (hiccupping, rythme minimaliste, etc.), y rencontrent divers effets modernes, feedback, tape-loops ou bruitages électroniques, qui transposent définitivement le genre dans le présent.

Enregistré, comme le précédent, dans deux studios différents, Midnight soul serenade, est l’occasion pour le duo Verta-Ray/Spencer de collaborer avec divers artistes tels que Simon Chardiet à la contrebasse ou Sam Baker à la batterie, (formation qui les accompagnera par la suite en tournée) ainsi que quelques autres invités dont les Those Darlins, trio country féminin originaire du Tennessee, pour la réalisation d’un album aux influences plus diverses que son prédécesseur (Going way out with heavy trash).  

D’entrée "Gee, I really love you", qui ouvre l’album, crée la surprise. Le morceau, ballade légère sur le thème de l’amour et de ses déconvenues (thème récurrent dans l’album, jusqu’à la pochette, signée par le français Jean Luc Navette), emmené par un Spencer jouant avec malice de la fausseté du chant, est probablement celui de l’album dont le style est le plus difficilement identifiable, tant ses influences sont multiples. Le groupe rompt ainsi d’emblée avec la relative monochromie de la précédente galette, plus versée dans le rockabilly "classique". L’excellent et tubesque "(Sometimes you got to be ) Gentle", aux paroles suggestives ("Stick it up inside", mais que veut-il dire par là ?) et à la batterie gentiment déglinguée, ou l’instrumental "Pimento" semblent confirmer cette idée selon laquelle le groupe ne se restreint pas ici à une stricte influence rockabilly et brouille les pistes. "Bumble Bee", reprise d’un titre r&b (comprendre Rythm & Blues) de Lavern Baker datant de 61 où les hurlements singuliers de Spencer semblent répondre directement aux notes qui émanent de la Gretsh de Verta-Ray (ou est-ce l’inverse ?), s’intègre parfaitement parmi les compositions du groupe, et témoigne de la capacité du duo à intégrer efficacement leurs influences diverses dans un tout étonnamment cohérent.

Cette évolution vers d’autres directions artistiques n’empêche pas les influences rockabilly du groupe d’être toujours aussi présentes au sein de ce Midnight soul serenade. "Good man", qui  succède à "Gee I really…", ramène l’auditeur en terrain connu. Rythmique rockabilly simple et carrée jouée à deux guitares, claquement des baguettes caractéristique du genre, le couple Spencer/Verta Ray y fonctionne à plein régime dans sa formule la plus classique. Jon spencer cède le temps d’un morceau sa place de chanteur à son comparse, appuyé par les cœurs des Those Darlins’, qui tente, en 2min30 chrono, de faire comprendre à celles qui veulent bien l’écouter, que c’est bien lui qu’il faut ramener à la maison ce soir et pas un autre. (“Are you looking for a short night/go with Mr Freeze/ But, if you’re looking for a good man / Take a look at me”). Résultat, un des meilleurs morceaux de l’album, délicieusement caricatural, tant dans sa composition que dans ses paroles ("Hey Baby/ I see you’re new in town"), qui rappelle par moments les Cramps, quand ils se livrent à des exercices semblables.

L’influence 50’s passée au broyeur de l’ère moderne, dont résulte le son si particulier du groupe, se retrouve à plusieurs reprises dans l’album. Sur "That’s what your love gets", sympathique ballade à l’inspiration country, l’irruption de coeurs doo wop fait penser à certains morceaux de Johnny Cash pour les studios Sun, du moins jusqu'à l’intervention d’un solo de guitare de Verta-Ray, (répondant au "that’s what your love’s gonna get" lancé par Spencer) sonnant  comme un rappel à l’ordre dans toute cette humeur country."Sweet little bird", chantée lascivement par Spencer sonne quant à elle comme un morceau de Link Wray période "Rumble" mais sous acides, porté par un rythme hypnotique à la batterie. Enfin l’excellent "Bedevilment", à l’intro  psychobilly, voit le frontman se transformer en crooner démoniaque et achève de nous rappeler la capacité du groupe à s’approprier les codes du genre sans pour autant tomber dans la citation. Car si les racines d’Heavy trash sont bien à chercher dans le rockabilly, le groupe sait en proposer une relecture personnelle, parfois surprenante, comme dans ce "Isolation" et ses cœurs féminins murmurés, ses claviers discrets et bruitages électroniques en guise de fond sonore…

Et c’est bien là tout le talent du duo. Car si on ne pourra pas prétendre que ce Midnight Soul Serenade soit parfait, il n’empêche que la formule, déjà mise en place dans les précédents opus, marche foutrement bien. Malgré les (légers) écarts stylistiques propres à cet album, ce dernier conserve une grande cohérence, prouvant que le groupe n’est pas une simple et énième redite rockab’ et a bien mis au point un univers sonore qui lui est propre. Sauf rares baisses de régime (notamment "The Pill", recit d’un bad trip qui tend un peu à trainer en longueur), la pression est maintenue jusqu’au bout et l’auditeur, averti ou pas, en prend donc pour son argent. C’est déjà bien.

Commentaires
Soyez le premier à réagir à cette publication !
Soutenez Albumrock

Nous avons besoin de vous pour garder notre indépendance !


Barème
Sans intérêt
Raté
Très faible
Décevant
Moyen
Bon album
Très bon album
Coup de coeur
Excellent
Culte
Album de la semaine

The Killers


Pressure Machine


"

Pressure Machine est à l’opposé d’une production grandiloquente bâtie pour partir à la conquête des ondes FM ou des stades. Le dernier album de The Killers se veut contemplatif et raffiné. Un disque délicat qui, comme souvent dans ce genre de concept, comporte quelques lacunes que nous allons évacuer d’emblée avec le titre “Desperate Things” et sa lenteur agrippante qui enferme l’auditeur dans une mélodie pompeuse dont l’auditeur n’arrivera jamais à se défaire, un passage fait de larsen finit d’anéantir tout espoir de trouver une étincelle et ce morceau constitue le seul véritable loupé de l’album. 

"
À lire également