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Critique d'album

Frozen Yellow Spot


Off The Screen


(26/03/2011 - Le Cri de la Tarente - Grunge - Genre : Rock)
Produit par

1- The World Is Safe / 2- Clap Your Hands / 3- Eviction / 4- Totem / 5- Climbing The Days / 6- Untitled Life / 7- Dive Your Fingers In My Mouth / 8- Ratna's Place / 9- Strange Days / 10- You And I / 11- Good Deal / 12- Straight Line / 13- Empire
Note de 5/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Les Français sont à la traîne, ils jouent du grunge. Et c'est tant mieux."
Pierre D, le 03/11/2011
( mots)

Il y a peu, Maxime invitait dans sa chronique du dernier album des Red Hot à faire le deuil des nineties. Il est vrai que ces années ont laissé un héritage bien maigre et que les groupes de l'époque sont aujourd'hui pour le moins... discutables quant à leur pertinence artistique. Face à cela, on trouve une tendance française raillée par les Français eux-mêmes mais qui peut parfois se révéler intéressante. Il s'agit de cette tendance de notre musique nationale à être sans cesse à la traîne des Anglo-Saxons. En 2011, alors que le grunge est mort et enterré depuis la deuxième moitié des années 90, des gens comme Frozen Yellow Spot jouent une musique qui connut son heure de gloire avec Nirvana, Alice In Chains ou Pearl Jam.

Ils ont gardé du grunge le goût pour les dissonances. Ça nous fait une belle jambe me direz-vous, le rock n'a pas attendu le grunge pour tirer des guitares autre chose que des sons clairs et faciles d'accès. Certes, certes, mais tout cela n'était pas aussi automatisé que chez ce "mouvement de Seattle" (si mouvement il y eut) où l'évidence mélodique était rare. Cherchez une mélodie instantanément mémorisable, une ritournelle à chantonner sous la douche chez les Screaming Trees ou Pearl Jam. Alors ? La chose n'est pas aisée et c'est ce que Frozen Yellow Spot semble avoir retenu. Leur musique semble sans cesse emprunter les chemins de traverse, refusant la moindre facilité mélodique. On s'en doute, cette manière de faire rend la musique plutôt difficile d'accès, non pas à cause de larsens intempestifs mais plutôt parce que des écoutes répétées sont nécessaires avant que l'uniformité apparente du disque se délite.

La basse apparaît alors dans toute sa splendeur. Pas de slap funky (une certaine constante dans la musique des nineties, pensez à Faith No More, Rage Against The Machine...) mais plutôt une pulsation constante et puissante, un point d'ancrage qui permet aux guitares de serpenter dans les chemins de traverse précités. "Totem" à pleine puissance, la basse qui explose, les toms qui battent la mesure d'une expédition guerrière et les lignes de guitare vicelardes et sinueuses, c'est une démonstration de puissance. Sur Off The Screen dans son entier, il n'est pas vraiment question de riff au sens stonien du terme (hormis pour "Good Deal") mais plutôt de guitares qui tissent un canevas autour d'une base rythmique. Pour autant la mélodie n'est pas entièrement dévouée à la basse (comme c'est le cas dans le reggae). De là découle une absence de repère déstabilisante qui constitue la base de la richesse de Off The Screen.

La force de la musique de Frozen Yellow Spot apparaît après plusieurs écoutes : à force de refuser de céder un pouce de terrain à la mélodie pop évidente (on n'est pas chez Oasis) le groupe produit une musique sans cesse surprenante. Les couplets ne mènent pas à des refrains limpides, ils ne font qu'insinuer des bribes de mélodies qui finissent par se fixer dans le cortex. "Untitled Life" dévoile son refrain lentement et insidieusement. "The World Is Safe" se permet un coup de rein wahwah funky. Écouter "Strange Days" à plein volume c'est se retrouver propulsé à une époque fantasmée où les termes alternatif et indie étaient considérés comme des cautions de respectabilité quand ils se rapportaient à des productions venues d'outre-Atlantique. Une époque où, paraît-il, c'était cool d'écouter la radio ou d'apprendre à jouer de la guitare pour draguer les filles (par exemple en sachant jouer "Strange Days", le single indie pop prêt à passer en rotation lourde sur MTV entre The Breeders et Eagle Eye Cherry).

Il n'est pas dit que ça fonctionne à tous les coups. Sur "Eviction" ou "Straight Line" la voix déjà nasillarde se fait geignarde et on s'ennuie ferme, on cherche l'étincelle qui nous guidera à travers les méandres de guitares, en vain. "Dive Your Fingers In My Mouth" ne semble aller nulle part, c'est long, sans forme et on se prend à espérer que tout ça va vite finir. Et puis c'est pas parce qu'un CD dure 80 minutes qu'il faut se sentir obligé d'en remplir 60 ! Encore un syndrome des années 90 où le nouveau support compact disc a incité les artistes à remplir 80 minutes de musique là où ils n'avaient de l'inspiration que pour 40 voire 50 minutes. Impossible de savoir aujourd'hui comment la musique sera écoutée une fois que le support discographique aura réellement disparu mais il faut bien dire que les albums de 40 minutes c'est bien ! Pas besoin de prendre son auditoire pour des poissons rouges avec 3 secondes de mémoire immédiate et des capacités de concentration proches du néant mais ils ne sont pas nombreux les groupes qui ont vraiment quelque chose à dire sur 60 à 80 minutes.

Off The Screen est trop long et s'égare parfois, mais amputé de plusieurs titres et réduit à une durée raisonnable, nul doute que ce disque serait très bon. La prochaine fois ?

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