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Critique d'album

Frightened Rabbit


The Midnight Organ Fight


(14/04/2008 - Fat Cat - Indie Rock Scottish - Genre : Rock)
Produit par Peter Katis

1- The Modern Leper / 2- I Feel Better / 3- Good Arms vs. Bad Arms / 4- Fast Blood / 5- Old Old Fashioned / 6- The Twist / 7- Bright Pink Bookmark / 8- Head Rolls Off / 9- My Backwards Walk / 10- Keep Yourself Warm / 11- Extrasupervery / 12- Poke / 13- Floating in the Forth / 14- Who'd You Kill Now?
Note de 4/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"L'acte fondateur d'une étoile écossaise regrettée"
Diego, le 25/01/2021
( mots)

Second opus du groupe écossais Frightened Rabbit (nom hérité de la timidité maladive de son frontman), The Midnight Organ Fight constitue le réel acte de naissance de la bande à Scott Hutchison. Cet album se caractérise d’abord par son line-up minimaliste, avec Scott Hutchison donc, au chant, à la guitare et derrière les compositions, accompagné de son frangin Grant à la batterie et de Billy Kennedy à la guitare solo, occasionnellement à la basse ou au clavier. Peter Katis, déjà aux manettes pour The National et Interpol entre autres, est à la production.


The Midnight Organ Fight aborde, au travers de chansons relativement simples mélodiquement, des thèmes complexes voir tragiques et pose les bases solides d’une discographie malheureusement écourtée par la disparition tragique du leader et principal compositeur Scott Hutchison, disparu en 2018.


Sur la première piste, qui restera comme un titre phare du groupe, "The Modern Leper", Hutchison évoque la santé mentale comme une maladie dégénérative (la lèpre, bingo !) l’empêchant de fonctionner, de faire le mal autour de lui. Le lépreux moderne est celui qui se retrouve isolé dans une prison mentale, en psychanalyse avec lui-même, en témoigne la dernière phrase, typique des consultations des professionnels du métier : "you can tell me all about what you did today"/"tu peux me dire ce que tu as fait aujourd'hui".  L’originalité de la chanson vient du fait que ces sujets sont assez en décalage avec le style musical proposé, plutôt marqué classique indie rock, avec des envolées de guitares saturées et le style énergique du frangin Hutchison derrière les fûts. Les montées en puissance sur les refrains des chansons mettent en avant le talent d’écriture sur cet album, sans avoir recours aux artifices du pauvre que sont les "nanana" ou autre "ohohoh" made in Coldplay post 2006.


Se suivent ensuite des titres énergiques où se côtoient paradoxes, conséquences de relations toxiques et nostalgie. "This is the last song about you"/"C'est la dernière chanson qui te concerne" clame fièrement Hutchison sur "I Feel Better", avant de proposer plusieurs thèmes clairement destinés à … la même personne. Le line-up minimaliste du groupe permet par ailleurs à la batterie de prendre toute sa place sur ce titre. Des compositions musicales plus originales sont également proposées par nos amis lapins effrayés. "Good Arms vs Bad Arms" suit une structure de valse à l’apparente légèreté pour déposer l’uppercut "I might not want you back but I want to kill him"/"Si je ne veux pas te récupérer, je veux le tuer". "Old Old Fashionned" permet au groupe de s’amuser sur un rythme de chanson traditionnelle pour évoquer des idées de retour à un partage d’écoute musicale que nous ne rejetterons certainement pas ("turn off the tv, it’s killing us we never speak"/"éteinds la télé, ça nous tue nous ne parlons jamais"). "The Twist" voit le groupe s’amuser (musicalement) de la possibilité de trouver du confort, malheureusement trop superficiel, avec une passante (voir Brassens pour la définition précise) qui pourrait même se tromper de prénom.


Sur un autre point culminant du disque, le sublime "Keep Yourself Warm", la vacuité du coup d’un soir et la recherche désespérée de chaleur humaine ("I need human heat"/"J'ai besoin de chaleure humaine" sur "The Twist") est également mise en avant ("it takes more than fucking someone to keep yourself warm"/"il faut d'avantage que baiser quelqu'un pour se tenir chaud"). Comme si la leçon avait été apprise en cours de tracklist… Le falsetto d’Hutchison est maîtrisé sur ce morceau et l’alternance avec les chœurs du refrain donne un relief unique à cette composition !


Le chant est par ailleurs une des limites de l’exercice sur l’album : si la voix d’Hutchison peut se faire tantôt puissante tantôt douce, elle est à la limite de la justesse sur le titre "Fast Blood". On peut voir le verre de scotch à moitié plein et trouver que cela véhicule une émotion d’écorché vif à propos, il n’empêche que ça peut aussi faire grincer les dents. Pour filer la métaphore, 2008 est un grand cru pour les écorchés vifs, c’est également l’année de sortie du premier Bon Iver, qui n’aurait par ailleurs pas renié la dernière piste "Who’d You Kill Now ?".


Il y a toujours un mysticisme plus ou moins justifié autour des artistes disparus. Scott Hutchison n’échappe pas à la règle, en faisant une Kurt Cobain ("I swear I don’t have a gun"/"Je jure que je n'ai pas de flingue" sur "Come As You Are"…) : l’avant-dernière chanson, "Floating in the Forth", se révèle prophétique puisque le corps du leader du groupe sera retrouvé sur la rivière Forth en mai 2018…


Les titres "My Backwards Walk" et "Poke" achèvent le cheminement relationnel de l’album : sur le premier, d’une simplicité mélodique risquée mais efficace, on sent le chanteur prisonnier d’une relation toxique, tandis que le second, au travers d’une ballade en finger-picking magnifique, fait le deuil doux-amer de l’amour perdu.


Les singers-songwriters torturés ne sont en réalité jamais aussi touchants que lorsqu’ils parlent d’espoir, comme c’est le cas ici sur "Head Rolls Off", qui trouve grâce à nos oreilles en invoquant l’humour grinçant dès les premières lignes : "Jesus is just a spanish boy name"/"Jesus est juste un prénom de garçon espagnol". Hutchison assène ensuite un mantra : "while I’m alive, I’ll make tiny changes to earth"/"tant que je serai vivant, je contribuerai à des petits changements sur terre" comme lemme à la théorie du chaos (vous savez bien, les battements d’ailes du papillon tout ça…). Il n’est pas question d’espérer un ouragan miraculeux, mais bien de compter sur un effort collectif de compagnons inspirés et non essentiels ("when my head rolls off, someone else’s will not"/"lorsque ma tête tombera, celle de quelqu'un d'autre sera toujours là"), réalisant chacun des petits changements à leur portée, créant ainsi le monde utopique espéré ("I believe in a house in the clouds"/"Je crois à une maison dans les nuages"). Le tout sur fond d’accords majeurs enlevés et d’une rythmique résolument britpop.


Les hommages pléthoriques reçus à la disparition de l’artiste, en particulier l’enregistrement d’un album de reprise des chansons de l’album par un panel prestigieux (Julien Baker, Ben Gibbard, Biffy Clyro, Manchester Orchestra,…) attestent de l’importance de The Midnight Organ Fight et de son compositeur, dont les changements n’auront au final pas été si petits.


"Qui vide son verre, vide son cœur" disait Victor Hugo. Dans une ambiance de fin de soirée dans un pub de Glasgow, qualité quasi-ontologique à un groupe originaire de ce coin du monde, Hutchison élève au rang de poésie l’exercice de la psychologie de comptoir. C’est ici, vous l’aurez compris, un compliment sincère. 


PS : suite à sa disparition, une association venant en aide aux personnes souffrant de problèmes de santé mentale a été créée à la mémoire de Scott Hutchison. N’hésitez pas à vous rendre sur https://tinychanges.com/ pour contribuer ou trouver de l’aide.


 

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