
Tank
Filth Hounds of Hades
Produit par
1- Shellshock / 2- Struck by Lightning / 3- Run Like Hell / 4- Blood, Guts and Beer / 5- T.W.D.A.M.O. / 6- Turn Your Head Around / 7- Heavy Artillery / 8- Who Needs Love Songs / 9- Filth Hounds of Hades / 10- (He Fall In Love With A) Stormtrooper / 11- The Snake / 12- Steppin' On A Landmine / 13- Don't Walk Away / 14- Shellshock (single version) / 15- Hammer On / 16- Blood, guts and beer (Live) / 17- Don't Walk Away (Live)


Trop souvent, Tank est réduit à un simple ersatz de Motörhead version New Wave of British Heavy Metal, non sans raison d’ailleurs. Comme Motörhead, le groupe londonien est un power-trio et sa musique est clairement influencée par la bande de Lemmy Kilmister. Ce dernier inspire le jeu de basse d’Algy Ward et l’énergie agressive des compositions évoquent bien souvent l’efficacité du snaggletooth. Enfin, le premier album de Tank, Filth Hounds of Hades, a été produit par Fast Eddie Clarke en personne, le guitariste (originel) de Motörhead jusqu’en 1982, dont le tropisme pour la nouvelle scène est tel qu’il finit par en adopter les codes dans sa propre formation, Fastway.
Les liens avec Motörhead sont donc forts, si bien que Tank en assure bien souvent les premières parties comme de nombreux groupes de la NWOBHM avant eux. D’autant plus qu’en soutenant Tank, Motörhead n’avait pas misé sur n’importe quel cheval : aux côté des frères Peter et Mark Brabbs, respectivement à la guitare et à la batterie, Algy Ward prolonge une carrière déjà riche. En effet, ce dernier avait fait ses classes au sein de la scène punk, d’abord auprès des Australiens de The Saints puis (excusez du peu) de The Damned, ce qui en fait un acteur de la convergence entre le punk et le Heavy Metal, à l’image des membres de Motörhead.
Enfin, les parallèles sont aisés à réaliser sur le plan musical. Il est vrai qu’après sa longue introduction martiale, "Shellshock" ne dispose d’à peine plus de deux minutes pour délivrer son message, l’obligeant presque à s’engouffrer dans le moule de Motörhead, alors que "Run Like Hell", à la basse ronronnante, a de faux airs "(We Are) the Roadcrew". Par la suite, "Struck by Lightning" mise sur la vitesse d’exécution et le chant rauque à la Lemmy, avec quelques lignes mélodiques plus typées NWOBHM – mais c’est surtout "Turn Your Head Around" qui illustre le mieux ce mixe entre fougue Motörhead-ienne et nouvelle vague, au profit d’un des plus grands tubes de la scène. Cela provient également des racines punk de Tank : le cri au départ de "Filth Hounds of Hades" est digne de la Oi!, malgré une composition plus classiquement Heavy (le solo rappelle même le hard-blues-rock des 70s).
L’une des grandes qualités de Tank est sa capacité à produire du riff de haute volée, comme en témoignent le très entraînant "Blood, Guts, and Beer", doté d’un léger côté US, ou "T.W.D.A.M.O. (That's What Dreams Are Made Of)" paré d’une discrète touche Glam-Rock et d’un chorus atmosphérique qui dévoile un groupe plus raffiné qu’il n’y paraît. Ce côté 70s transparaît également sur "Who Needs Love Songs", bien qu’il soit certain que Tank s’inscrive pleinement dans la NWOBHM. Il en va ainsi de l’excellent "Heavy Artillery", qui se situe à mi-chemin entre Iron Maiden et [g]Led Zepellin[/g] (le refrain s’approche de celui de "Livin' Lovin' Maid"), ou du plus répétitif "(He Fell in Love with a) Stormtrooper".
Groupe majeur de la NWOBHM, Tank dispose néanmoins d’une faible postérité, même si les amateurs de Stranger Things auront peut-être reconnu, à la vue de la pochette de Filth Hounds of Hades, l’un des posters de qui trône sur le mur de la chambre de Billy (saison 3 épisode 3).
À écouter : "Run Like Hell", "Blood, Guts, and Beer", "Turn Your Head Around", "Heavy Artillery"















