
Sleeping Pulse
Dreams & Limitations
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Il y a maintenant 12 ans, Mick Moss s’affranchissait d’Antimatter pour fonder avec le guitariste Luis Fazendeiro (issu du groupe Painted Black) un side-project du nom de Sleeping Pulse, rappelant à bien des égards la collaboration entre Bruce Soord et Jonas Renske autour du projet Wisdom of Crowds. La paire Moss/Fazendeiro aura mis plus d’une décennie à peaufiner un deuxième album qui se situe dans la droite continuation du premier, servi par une pochette bien plus inspirée.
Que ceux qui craignent l’obscurité s’abstiennent de plonger dans la noirceur hypnotisante de ce nouvel opus qui oscille toujours entre riffs puissants et ballades acoustiques à la beauté fragile. Le duo fait une nouvelle fois étalage de sa science du contraste à l’instar du titre "Rise" où cohabitent un riff introductif massif avec des passages délicats marqués par la prédominance d’une trompette élégiaque et d’une flûte légère. Pour marquer ces changements d’atmosphères, les lignes de guitares de Fazendeiro occupent une nouvelle fois une place centrale, particulièrement incisives sur "The Constraint" quand "Illuminate" introduit de jolis couplets d’arpèges acoustiques entre deux déflagrations électrisantes. Le jeu du Portugais se distingue en particulier sur la longue montée en puissance de la pièce maitresse "Extrasolar", accompagnant avec ses effets de manche la lente complainte vibrante de son camarade britannique.
Au cœur des compositions du groupe, le chant de Mick Moss et son vibrato caractéristique font en effet toujours forte impression. Le chanteur exprime douleur et gravité pour transmettre des émotions brutes sur des textes empreints de désillusion et marqués par la question de la perte et de la résilience. Si le pathos est parfois un peu trop présent, le Britannique insuffle un supplément d’âme aux ballades "The Butterfly Collector" et "Behing the Glass", portées par un passage gracieux à la flûte pour le premier titre tandis que le second se voit illuminé par un violon mélancolique puis par un prenant solo de guitare. Le piano évanescent et les nappes de cordes contribuent également à donner beaucoup d’ampleur aux refrains de "Two Wreaths" qui constituent de véritables sommets émotionnels quand "When I am Young Again" permet de refermer l’album sur une note plus planante et intimiste.
Très semblable au premier opus sorti douze années plus tôt, Dreams & Limitations possède les mêmes qualités et les mêmes limites en termes d’écriture, à savoir une certaine redondance dans la manière de construire les morceaux et une signature vocale très marquée qui peuvent finir par lasser. Le projet de Mick Moss et Luis Fazendeiro reste toutefois très qualitatif pour les auditeurs avides de heavy rock à la fois mélancolique et ténébreux.

















