↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Critique d'album

Dahlia


Le Grand Jeu


(18/04/2005 - Wagram - - Genre : Pop Rock)
Produit par

1- Braises / 2- Fragments / 3- Contre-Courant / 4- Rien Ne Change / 5- Nouvelles Du Dehors / 6- (Boredom) Coming / 7- Retrouvailles / 8- Aimant / 9- Ma Cécité / 10- Silence / 11- Pistol / 12- Demain
Note de 4/5
Vous aussi, notez cet album ! (4 votes)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 3.5/5 pour cet album
"Du folk-rock à la française qui aurait mérité plus de succès..."
Elise, le 23/01/2010
( mots)

Pour certains, le rock français est mort avec Téléphone, pour d'autres avec Noir Désir, et pour les derniers avec Bashung. Et puis il y a ceux pour qui il n'a jamais vraiment existé, simple plagiat d'un genre "qui va de paire avec la langue anglaise". Mais pourtant, il serait difficile de nier les groupes qui abondent et persistent dans l'utilisation de notre bonne vieille langue française pour habiller des sons qui demeurent, eux, toujours très anglosaxons. Parce que même une cornemuse sonne plus Ecossaise que Bretonne, on aurait bien du mal à défendre une quelconque invention du rock dans l'hexagone. Ceci accepté, oui, il y a encore des groupes qui défendent plutôt pas mal une certaine idée du rock français. Celle qui ne cherchent pas forcément la rock'n roll attitude, mais plutôt un esprit rock en mode brassens, de la gueule mais pas forcément de mèches rebelles. 

Dans cette catégorie, il y a Dahlia, dont le dernier album est sorti de manière complètement anonyme ou presque début 2009. Il faut dire que Le Grand Jeu n'a pas connu les honneurs du succès, malgré une qualité comme on en voit peu et un single, "Contre-Courant", qui tourna un peu sur les radios. Pris en charge par le producteur de Venus, le duo, qui aime les collaborations (musiciens de Miossec et de Tarmac), se fend d'un deuxième album d'une maturité musicale impressionnante, offrant un son rond et soyeux qui ne délaisse pas le rock tendance blues. Ici, pas de braillements dans le micro, pas cris le poing levé, mais une musique chargée d'émotions, qui laisse parler la subtilité d'un texte et le riff d'une guitare. Comme s'il n'y avait pas besoin de crier pour se faire entendre.

Mais ce qui frappe d'abord chez Dahlia, c'est la voix, surprenante, addictive, et inoubliable ensuite, de Guillaume, chanteur comme on aime en entendre. Un timbre à la fois nasillard et soyeux, soutenu en contre-chant par la voix grave et rauque d'Armel sur les refrains. Ces voix se posent sur des airs légers, portés par le violoncelle et la guitare accoustique, rythmés par une batterie qui marche sur des oeufs, et se fait discrète pour mieux renforcer l'édifice musical. 

C'est ainsi que s'ouvre l'album, avec "Braises" et son petit riff à la guitare légèrement saturée. Se pose alors le texte et la voix, un texte qui semble à la fois pensé pour sa phonétique et son sens, et glisse sans s'accrocher sur le tissu musical. Dahlia sait offrir des paroles qui ne sont ni stupides, ni provocatrice, ni à la mode "chanson française", des textes qui rappellent la poésie de Noir Désir et de Louise Attaque, dans un écrin musical certes différent. Même si, à la fin du morceau, la guitare se fait plus accrocheuse, la batterie plus présente (tout comme sur le très beau "Fragments") pour finir dans une vraie rythmique rock. Ces textes si bien ciselés permettent également d'avoir un fil rouge solide au sein de chaque titre. Loin d'être un simple ajout sur une mélodie qui pourrait vivre en solo, le chant est primordial. Une importance qui pourrait être à double-tranchant, mais la qualité est là, donnant à chaque morceau un véritable impact. Le single "Contre-courant" incarne bien cet état de fait, tout comme "Nouvelles du Dehors". 

Mais parfois, la guitare électrique et ce bon vieux rock reprennent le dessus, tout comme l'anglais d'ailleurs, sur un "Coming" semblant tout droit débarquer d'Irlande. Une influence qu'on retrouve aussi sur "Aimant", morceau un peu moins réussi, où un refrain très mélodique ne parvient pas à sauver des couplets très minimalistes. On lui préfèrera "Retrouvailles" et "Ma cécité", mais surtout "Silence" et sa longue partie instrumentale avant le superbe "Pistol", morceau folk-blues en anglais. 

Le Grand Jeu est un album de rock français comme on en a peu entendu, et c'est bien dommage. De bons textes et de bonnes mélodies réunis, c'est rare. C'est l'avantage du rock anglais, même si le texte est débile, personne ne comprend. Comme quoi les rockeurs français ne sont décidément pas aidés, raison de plus pour soutenir ceux qui ne laissent pas tomber.

Commentaires
Soyez le premier à réagir à cette publication !