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Critique d'album

Cradle of Filth


Cruelty And The Beast


(05/05/1998 - Music for Nations - Black Metal - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- Once Upon Atrocity / 2- Thirteen Autumns and a Widow / 3- Cruelty Brought Thee Orchids / 4- Beneath the Howling Stars / 5- Venus In Fear / 6- Desire In Violent Overture / 7- The Twisted Nails of Faith / 8- Portrait of the Dead Countess / 9- Lustmord and Wargasm (The Lick of Carnivorous Winds)
Note de 3.5/5
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Note de 2.0/5 pour cet album
"Heureux soient les fêlés, car ils laisseront passer la lumière – Michel Audiard "
Daniel, le 08/11/2021
( mots)

Suffixe mis à part, il existe une différence majeure entre la caricature et l’imposture. 


La caricature est sympathique (1) ; l’imposture conduit, en art, à la contrefaçon qui est une manifestation contestable de l’expression. 


Cradle Of Filth – à savoir Dani Filth qui incarne le groupe à lui tout seul – pourrait être une contrefaçon. 


Depuis la première seconde, tout a été calculé, étudié, ouvragé, conçu pour concurrencer Grand Guignol, depuis les coiffures jusqu’aux ongles noirs, en passant par les lentilles gothiques, les clous, les thématiques bourrées de clichés, les crucifix à l’envers, les calices en carton-pâte, les faux tatouages, le sang de cinéma, …


Bien entendu, Dani Lloyd Davey est un excellent chanteur qui peut s’exprimer dans des registres variés et toujours surprenants. Il est même capable de la ramener gentiment devant Bruce Dickinson (2). 


Mais son satanisme de pacotille ne résiste à aucune analyse.


Le thème de Cruelty And The Beast, le troisième album de Cradle Of Filth, est assez convenu (pour ne pas dire "éculé"). Les historiens savent bien que la comtesse hongroise Erzébeth Bathory a été accusée de centaines de meurtres de jeunes vierges pour pouvoir instruire un procès ordinaire destiné à l’écarter d’un pouvoir qui lui revenait par le "lien du sang" (3) (4).


La musique est au diapason du concept. C’est une caricature de black métal symphonique qui s’illustre néanmoins par la compétence de tous les musiciens qui servent le Maître. C’est simplement parfait. A l’exception de la production, gênante dans l’ensemble et particulièrement catastrophique pour la batterie (5). Le résultat incitera par ailleurs Nicholas Barker, le cogneur de service, à quitter le groupe dès il entendra les rough mixes. 


Cerise sur la tarte putréfiée, c’est Ingrid Pitt, actrice britannique d’origine polonaise (une habituée des mythiques studios Hammer), qui officie ponctuellement en qualité de récitante "authentique" : en 1970, elle a joué le rôle d’une Comtesse Dracula dans le film The Vampire Lovers dont le thème était déjà librement inspiré de la légende d’Erzébeth.


Histoire de plomber l’ambiance (si nécessaire), les textes de Dani Filth sont formidablement fatigants à force de pasticher une version Pif Gadget du Livre de la Loi d’Aleister Crowley.


Treize solstices d'hiver lui ont désigné la voie


Ce passage que la Noirceur


A marqué de Son empreinte


Lorsque qu’elle a châtré le confesseur


Dont elle avait accepté les caresses


Tandis que son sexe aux frigides moiteurs 


Chevauchait l'os béni(t) (6)


Malgré toutes les réserves et pour autant que l’auditeur adhère au style (ou fasse preuve d’une grande largesse d’esprit), certaines plages valent une mention particulière : "Cruelty Brought Thee Orchids" est devenu un classique du groupe ; "Venus In Fear" est un instrumental qui aide à chasser les enfants en quête de friandises le soir d’Halloween ; l’interminable mais bien construit "Bathory Aria" permet d’apprécier les performances vocales extrêmes de Dani avant une conclusion très cinématographique. 


Cruelty And The Beast s’est vendu à 200.000 exemplaires à sa sortie ce qui représente une performance remarquable dans le genre. Malgré la relative faiblesse de ses prestations publiques (7), le groupe s’est constitué un sérieux noyau de fans irréductibles qui attendent depuis lors chacun de ses disques avec impatience. 


En 2021, Cradle Of Filth a sorti son treizième album et sert toujours la même soupe satanique en sachet fraîcheur avec de vrais morceaux de tabernacle consacré dedans. 


Pour tuer le temps entre deux malédictions funestes, Dani Filth (qui a pris quelques rides malgré les bains de sang quotidiens) est également devenu acteur de série B (8). 


(1) Spinal Tap, Kiss, Strange Fruit, Rammstein, Lordi, Manowar, The Darkness, U2 (attention, les ami.e.s, il y a un intrus !) …


(2) Dani est très loin d’être ridicule dans sa réinterprétation de "Hallowed Be Thy Name" sur le CD bonus qui accompagnait à l’origine la version "special limited edition" de Cruelty And The Beast.


(3) le rédacteur de cette chronique a pleine conscience du fait que l’expression est malvenue.


(4) Erzébeth n’a pas eu l’occasion d’en placer une pendant son propre procès et est morte après une longue assignation à résidence dans son plus beau château. Elle est enterrée dans une église de Cachtice (en Slovaquie, pour ceux qui cherchent un thème excitant de minitrip).


(5) l’instrument sonne moins bien que le tambour du lapin Duracell dans la publicité culte de 1983. C’est d’autant plus curieux que la batterie (et la technique particulière qui y est attachée) est un des fondements du black métal.


(6) bref extrait de "Cruelty Brought Three Orchids". Une fois encore, le traducteur est un traître mais il est difficile d’écrire des vers qui comptent exactement 666 pieds.


(7) le rédacteur précise que cette remarque est inspirée par ses lectures et n’est pas le fruit d’une observation personnelle.


(8) il incarne le grand vilain maître d’une secte satanique dans Baphomet, un film conçu et réalisé en 2021 par l’acteur américain Matthan Harris. 

Commentaires
Brigitte.Macron, le 09/11/2021 à 17:37
Album culte d’un groupe qui l’est tout autant. Triste chronique…
DaniFilth, le 09/11/2021 à 15:15
Chronique honteuse. Que l'on aime pas ce style de musique est bien sûr normal. Mais aucun droit de démonter aussi minablement un album culte d'un groupe culte. Honte à vous
BBQ, le 08/11/2021 à 17:54
Chronique imméritée. Groupe au top sur cet album magnifique qui aurait mérité un chouille de production plus clinquante. Mais que du bonheur, pour ceux qui aiment le genre, visiblement pas le cas du chroniqueur.