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Critique d'album

Charlie Griffiths


Tiktaalika


(17/06/2022 - Inside Out - Metal progressif - Genre : Hard / Métal)
Produit par Charlie Griffiths

1- Prehistoric Prelude / 2- Arctic Cemetery / 3- Luminous Beings / 4- In Alluvium / 5- Dead in the Water / 6- Digging Deeper / 7- Tiktaalika / 8- Crawl Walk Run / 9- Under Polaris
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Le guitariste de Haken crée la surprise avec un album solo irréprochable"
Franck, le 15/08/2022
( mots)

Si Haken est devenu en l’espace de quelques années un acteur majeur du metal progressif moderne - au point de talonner sérieusement les cadors du genre tels que Dream Theater ou Fates Warning - c’est en grande partie grâce aux talents individuels qui le composent. De tels techniciens ne pouvaient décidemment se cantonner ad vitam æternam à un seul projet commun. Nous sommes donc moyennement surpris de voir les Britanniques tenter les uns après les autres l’expérience de l’album solo. Après Richard Heinshall en 2019 (The Cocoon) et Ross Jennings en 2021 (A Shadow of My Future Self), c’est au tour de Charlie Griffiths de se frotter à l’exercice avec Tiktaalika! Là où ses confrères ont pu explorer de nouveaux horizons sans pour autant se distinguer, le guitariste barbu marque instantanément les esprits avec un premier album ambitieux et superbement produit. On (re)découvre alors un artiste qu’on n’imaginait pas aussi polyvalent, capable de gérer l’ensemble du processus d’écriture (partitions et textes), de prendre en charge guitare, basse et claviers, mais aussi de s’essayer au chant le temps d’un morceau ("Digging Deeper") ! Pour le reste, Charlie a su s’entourer. Et autant dire que le bonhomme a vu les choses en grand en louant les services de quatre chanteurs reconnus dans le milieu du metal progressif. On profitera ainsi des prestations endiablées de Tommy Rogers (Between the Buried And Me), Danïel De Jongh (Textures), Vladimir Lalic (Organised Chaos) et Neil Purdy (Luna’s Call), chacun ayant l’occasion de s’illustrer et d’imprégner les morceaux de leur personnalité. On saluera également le travail monstrueux du batteur Darby Todd (Frost, Devin Townsend) sur l’ensemble de l’album, mais aussi des savoureuses interventions du claviériste Jordan Rudess (Dream Theater) et du saxophoniste Rob Townsend (Steve Hackett).


Il est clair que cette diversité d’interprètes (notamment au chant) pourra surprendre à l’écoute, d’autant plus que les timbres de voix sont assez différents, et ceci sans parler de l’alternance entre chant clair et chant guttural (on est assez loin de l’harmonie d’un Déjà Vu de Crosby, Stills, Nash & Young). Cependant, Griffiths parvient à apporter du liant et une véritable sensation d’unité, grâce à un enchainement quasi parfait des différents morceaux (l’album formant une sorte de boucle), mais aussi grâce à un concept-album qui favorise les variations d’intensité. Tiktaalika est en effet un voyage à travers les ères géologiques (une démarche qui rappellera d’ailleurs celle des Allemands de The Ocean Collective) durant lequel l’auteur en profite pour creuser des thématiques comme la fossilisation ou la relation qu’entretient l’humanité avec la planète. 


Outre cette dimension conceptuelle séduisante - illustrée par une des plus belles pochettes de l’année -, l’album impressionne par son efficacité et sa force de frappe. Fort de riffs redoutables et de breaks improbables, Tiktaalika regorge en effet de passages entêtants, et ceci dès la première écoute : un sacré tour de force pour des compositions avoisinant les 6 à 8 minutes ! Même si la technique est au rendez-vous, elle reste justement dosée (comparée à ce qui peut se faire dans le genre), laissant suffisamment de place au déploiement de belles sections mélodiques. Le fait que Griffiths ait mis de côté son habituelle guitare à 8 cordes pour revenir à une 6 cordes plus conventionnelle constitue un signe supplémentaire de cette recherche d’équilibre.


Car d’équilibre il est question. Surtout quand on tente de couvrir un aussi large spectre d’influences. Si l’on retrouve évidemment les attributs de Haken (notamment sur certaines textures sonores), c’est du côté du Trash metal des années 80 ou encore du technical metal (en proportion raisonnable) que Charlie Griffiths est allé piocher. Cet amalgame s’avère particulièrement explosif et imprévisible, même si certaines influences se montrent parfois un peu trop flagrantes. On pensera à l’introductif "Prehistoric Prelude" qui sonne de toute évidence comme le morceau d’ouverture de Master of Puppets de Metallica ; une similitude que nous préfèrerons voir comme un hommage de bon goût... Hormis ce point, l’ensemble se montre plutôt brillant et éclectique à l’image des sonorités légèrement orientales de "Luminous Beings". De manière générale, on navigue entre l’explosivité syncopée de Between the Buried And Me, le metal hybride teinté de jazz de Cynic, la puissance émotionnelle de Our Oceans ou encore la confrontation des extrêmes prônée par Ihsahn.


Côté instrumentation, Griffiths s’en donne bien sûr à cœur joie avec pour point d’orgue l’éponyme "Tiktaalika", un titre entièrement instrumental dans lequel le guitariste crée un enchainement captivant de sonorités superposées. L’imposant "Dead in the Water" constitue également un sacré exutoire en s’autorisant toutes les associations et breaks possibles. Ce morceau marque d’ailleurs un durcissement de ton de l’album avec des riffs de plus en plus lourds et quelques passages plus vigoureux. Si certains pourront y trouver un aspect un peu trop extrême, l’artiste britannique veille à maintenir un certain groove tout au long de ses compositions, tout en délivrant des sections en tout point somptueuses.


Fort d’un metal sophistiqué, inspiré et terriblement efficace, Tiktaalika rejoint la liste des très belles surprises de l’année. Le passage à l’album solo constitue généralement un exercice périlleux, mais l’artiste britannique s’en sort haut la main en mettant sur pied des compositions de haute volée et en s’entourant d’un line-up de prestige. Si l’on salive déjà à l’idée d’un nouvel opus du côté de Haken, l’été 2022 restera marqué du sceau de son talentueux guitariste, Charlie Griffiths.


 


A écouter : "Arctic Cemetery", "Lunimous Beings", "In Alluvium"

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