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Critique d'album

Ben Kenney


Distance And Comfort


(15/10/2008 - - Rock alternatif - Genre : Rock)
Produit par

1- Not Today / 2- Get It To Go / 3- 18th Avenue / 4- Eulogy / 5- Walking / 6- When We Are Both Cats / 7- Implants / 8- Fluorescent Yellow / 9- Some Days Are Better Than Others / 10- Comfort
Note de /5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Vous avez aimé Incubus ? Vous aimerez l'oeuvre solo de son génial bassiste"
Maxime L, le 28/07/2022
( mots)

C’est toujours une drôle de sensation de découvrir un artiste dont la musique nous plait, mais de constater dans le même temps qu’il passe complètement sous les radars du plus grand nombre, et que c’est totalement injuste.


Certes Ben Kenney est loin d’être un inconnu, puisqu’il est depuis 2004 le bassiste d’Incubus, dont on vous parlait récemment, et qu’il a fait partie durant 3 ans de The Roots (en tant que guitariste), formation de hip-hop américaine à la réputation impeccable (et qui accompagne tous les late shows de Jimmy Fallon depuis 2009). Si les deux groupes pré-cités sont bien installés dans le paysage musical américain (avec un gros bémol pour Incubus, dont les deux derniers disques sont au mieux médiocres), on connait assez peu en revanche la carrière solo de Kenney, de ce côté de l’atlantique en tout cas. Ne pouvant plus nous baser sur les chiffres de ventes de disques pour mesurer l’impact et la popularité d’un artiste, ce sont les sacro-saints abonnés ou followers sur les plateformes de streaming qui font désormais office d’indicateurs, avec toutes les précautions d’usage. Et force est de constater, à ma grande surprise, que sur ce terrain là, Ben Kenney est un nobody, qui plafonne à 2500 abonnés, là où The Roots dépasse les 3 millions de followers, et Incubus plus du double*.


Et pourtant le bougre est talentueux. Musicien touche à tout, il s’occupe sur chacun de ses albums, de tout : basse, guitare, batterie ainsi que le chant. D’ailleurs, on trouve plusieurs vidéos Youtube en split-screen où on le voit évoluer simultanément sur chaque instrument. Difficile de trouver des infos complémentaires, y compris sur les pages anglophones, mais ça ne m’étonnerait pas qu’il soit aussi à la production de ses disques, voire derrière le label Ghetto Crush Industries.


Distance And Comfort n’est pas son coup d’essai, mais son troisième album, et étant tombé sur celui-ci en premier, il constitue de fait une bonne porte d’entrée pour apprivoiser son rock alternatif. Car sans surprises, la musique de Kenney est relativement proche de celle jouée par Incubus (période A Crow Left Of The Murder). Rock alternatif, rock Californien, appelez ça comme vous voulez, même si la dernière appellation semble moins précise, Ben Kenney étant natif du New Jersey.


L’album démarre très fort en tout cas, avec un “Not Today” décoiffant, et la première chose que l’on peut noter, c’est la production impeccable, bien loin de l’image DIY que l’on peut se faire à la lecture du pedigree du bonhomme. Ça groove, les riffs sont rapides, la batterie claque sec et l’ensemble évoque les vraies belles heures d’Incubus, avec cette patte mélodique très accessible et revigorante. Et en plus d’être un excellent musicien (preuve en est le solo à la dextérité de guitar-hero ici ), Ben Kenney s’avère être bien plus qu’un chanteur d’appoint. Si l’on pense souvent à Incubus d’un strict point de vue musical, sa voix n’a pas franchement à rougir de la comparaison avec celle de Brandon Boyd (dont le chant sur ses dernières productions tend à devenir péniblement maniéré).


“Not Today” est une excellente entrée en matière, et il n’y a guère de tromperie sur la marchandise : si vous avez aimé ce titre introductif, alors vous aimerez le reste de l’album, avec une majorité de pistes qui restent dans cette veine “alt rock”, dans la droite lignée d’Incubus. On jurerait entendre le groupe de Calabasas sur “18th avenue”, dans la précision des riffs, le jeu de guitare en palm-muting, les chants harmonisés avec les “woohoo” sur les refrains. Idem sur l’excellent “Implants” dont la vélocité et la rythmique saccadée n’auraient pas dépareillées sur A Crow Left Of The Murder.


Et à l’écoute de Distance And Comfort, il me semble intéressant de prendre le problème à l’envers : il y a fort à parier que Ben Kenney, en débarquant en 2004 au sein d’Incubus, a apporter son assise rythmique et son talent de musicien à l’ensemble du groupe, et sa maîtrise musicale a déteint sur celle du groupe, plutôt que l’inverse. Mais ce ne sont que de vastes suppositions de ma part. Toujours est il que la filiation avec le rock aéré et mélodique d’Incubus se poursuit, notamment avec “Eulogy”, le “tube” de l’album (les guillemets sont de rigueur pour une chanson qui atteint à peine les 130 000 streams). Les plus fidèles de la bande à Einziger (et oui il n’y pas pas que Brandon Boyd !) penseront inévitablement à “Beware Criminal” et ses fills de batterie sur l’introduction, et une fois encore, on est soufflé devant le talent de musicien de Kenney, dont les parties de batteries (et son jeu sur les cymbales !) sont ici assez bluffantes.


Vous l’aurez compris, on passe un excellent moment à l’écoute de Distance And Comfort, avec parfois des surprises, comme le très funky “Get it to Go” qui lorgne cette fois davantage sur The Roots et Jamiroquai. Une orientation groove et r’n’b pas si surprenante, Ben Kenney ayant collaboré également avec Timbaland ou Justin Timberlake. C’est en tout cas une vraie réussite en plus d’être une curiosité. L’album est très homogène (trop peut-être, et certains titres tendent à se ressembler) mais il s’en dégage une vraie énergie “organique”, au fil de morceaux construits autour du “quatuor rock original” : guitare, basse, batterie et la voix. Une voix claire, nette, qui n’en fait jamais trop et dont les passages harmonisés sont quasiment les seuls arrangements notables, comme sur l’efficace “Fluorescent Yellow”, qui se voit en outre ornée de jolis passages instrumentaux.


Cela ne révolutionne rien, Distance And Comfort ne changera ni la face du monde, ni la face du rock, mais c’est une vraie bouffée d’air frais que nous offre Ben Kenney, via une musique dont il est l’unique auteur-compositeur-interprète, une sorte de Lenny Kravitz en moins bling-bling et plus humble surtout, et qui respire la sincérité artistique.


En conclusion, ne vous fiez surtout pas à la pochette où l’on croirait voir Khyan Khojandi avec une casquette, et ruez vous sur la musique de Ben Kenney, via cet album (ou le plus récent “Must Be Nice” pas loin d’être au moins aussi bon). Les chansons sont directes, courtes (l’album est à mon sens d’une durée idéale, en dessous des 40 minutes), et gorgées de bonnes vibrations, dont on aurait tort de se priver. Et qui sait, à l’écoute de l’album, vous permettrez peut-être à Ben Kenney de dépasser les 2500 abonnés, un nombre bien peu en adéquation avec son immense talent.


 


À écouter : "Not Today", "Eulogy", "Get It To Go", "Fluorescent Yellow".


 


 


*source Spotify au 21/07/2022

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