↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Critique d'album

Ashbury


Endless Skies


(01/06/1983 - Ashbury - Hard Rock, Rock Sudiste, Rock - Genre : Hard / Métal)
Produit par Roger King

1- The Warning / 2- Take Your Love Away / 3- Twilight / 4- Vengeance / 5- Madman / 6- Hard Fight / 7- No Mourning / 8- Mystery Man / 9- Endless Skies
Note de 4/5
Vous aussi, notez cet album ! (8 votes)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 4.5/5 pour cet album
"Tout simplement le plus beau trésor oublié de l'histoire du rock"
François, le 14/06/2021
( mots)

Le Kairos, concept et divinité grecs, a connu une belle postérité dans l’histoire de la pensée, d’Heidegger à Jung en passant par Machiavel. Autre façon de mentionner l’instant de l’opportunité, il indique, quel que soit le domaine, d’agir au bon moment - jamais en retard, ni en avance d’ailleurs mais bel et bien précisément à l’heure prévue. Certains y parviennent et tombent à pic, d’autres n’ont pas cette chance ou ce bon sens … Ainsi, dans le domaine de la musique, n’est-il pas vain de sortir un chef-d’œuvre s’il s’inscrit dans un style à rebours de l’air du temps ? C’est l’histoire d’Ashbury, obscure formation de Tucson (Arizona). 


Nous sommes en 1983 et Endless Skies arrive dans les bacs. La pochette sublime joue la carte de l’héroic fantasy, semblant indiquer qu’il s’agit là d’un nouvel opus de la scène Metal underground américaine très vivante et créative mais injustement sous-estimée à l’époque (Omen, Cirith Ungol, Manilla Road). Il n’en est rien. Rob Davis, Randy Davis et Johnny Ray viennent d’inventer une nouvelle formule, une hybridation inouïe, aussi géniale que complètement à côté des attentes de la production et du public des 1980’s bien avancées. Déjà que leur origine désertique et périphérique n’aidait en rien Ashbury sur le chemin de la gloire, cette orientation esthétique fit d’eux des éphémères avec un seul album à leur actif (dans un premier temps au moins). 


Pour décrire de façon concise leur musique, disons qu’elle articule magistralement le rock sudiste, le hard-rock et le rock progressif dans un métissage époustouflant. Il fallait pour cela quelques qualités : un chant en partie typé Ian Anderson (Jethro Tull) pour un poste qui est partagé par plusieurs musiciens dans des chœurs subtils, une alliance parfaite entre la guitare électrique et la guitare acoustique sur la plupart des morceaux donnant du corps aux titres, et une mélodicité à la six-cordes qui évoque les Outlaws par sa dextérité. Le tout est inscrit dans une belle teinte hard-rock même si le groupe donne également dans l’americana ("Madman", avec une intro acoustique et un très bon solo, l’excellent "Mystery Man") ou dans du southern-rock pur (l’instrumental "No Mourning"). 


A partir de là, les morceaux fusent avec leur lot de fulgurances mémorables. Le tocsin qui ouvre "The Warning" ne permet pas d’envisager l’effusion de notes (d’une propreté remarquable) qui sert d’introduction à cette gemme. Vous comprendrez ici tous les traits de la touche Ashbruy : le chant andersonien, les chœurs, les deux guitares en parfaite harmonie, le riff hard-rock (imparable), le petit pont acoustique enrichissant la composition. Autre merveille, le beaucoup plus metallique "Vengeance", encore une fois savoureux par ses plans de guitare, sans parler de la partie instrumentale (un solo incroyable dans un registre mi-heavy mi-sudiste). Deux sommets qui n’enlèvent rien à des titres également louables comme "Take Your Love Away" plus traditionnellement sudiste (encore une fois, les parties acoustiques et saturées sont très bien associées) ou l’émouvant "Hard Fight" qui se structure entre des arpèges folks et des refrains plus lourds, tout en restant toujours subtil – on pense à la  transition venue des Eagles avant le chorus. Non vraiment, non seulement vous n’entendrez cela nulle part ailleurs, mais il est clair qu’on est à la limite du coup de maître. 


La phase la plus progressive intervient sur le dernier titre, "Endless Skies", plus long (entre sept et huit minutes). L’introduction acoustique classicisante et hispanisante atteste des qualités du musicien et mène vers les espaces brumeux où le chant domine un arrière-fond mi-acoustique mi-atmosphérique grâce aux claviers discrets. Bien sûr, la guitare électrique trouve ensuite sa place pour un trait heavy avec des petites harmoniques, s’engageant dans un registre beaucoup plus puissant (avec un riff groovy), avant de retomber sur un moment apaisé au piano (la transition aurait mérité d’être travaillée) puis sur une conclusion à nouveau saturée et épique lors du solo. Si la structure est perfectible, le titre est tout de même suffisamment beau (c’est le mot)  dans ses choix mélodiques pour être qualifié de somptueux. 


Si vous êtes au moins piqué dans votre curiosité par ces lignes, écoutez ce joyau, vous comprendrez rapidement pourquoi le destin d’Ashbury ne peut que susciter l’apitoiement. Heureusement pour eux, la toile et les passionnés qui la parsèment sont venues offrir une seconde vie au groupe qui possède désormais davantage de notoriété (et de popularité) qu’il n’en a jamais eu. Toujours actif, il a pu enregistrer deux autres albums dans les années 2000 (le dernier est sorti en 2018, il est chroniqué ici). Peut-être que pour Ashbury et par rapport aux années 1980, le Kairos se situait moins dix ans en arrière que trente ans plus tard … 

Commentaires
FrancoisAR, le 14/06/2021 à 12:00
Merci pour ce retour, heureux d'avoir fait un converti. Pour le chant, cette impression vient peut-être du duo vocal, l'un me fait réellement penser à Anderson (sur "The Warning" c'est à mon sens flagrant), l'autre est en effet plus proche du registre de Wishbone Ash dans sa douceur. On pourrait d'ailleurs faire le parallèle pour le jeu de guitare, très Outlaws, groupe qui à mon sens atteint la mélodicité de Wishbone Ash dans un pendant sudiste.
csamsa, le 14/06/2021 à 11:19
Tombé par hasard sur cette chronique après avoir en lu sur Wishbone Ash, merci pour la découverte. C'est en effet un trésor qu'il faut exhumer. Le chant, très doux et mélodique m'évoque bien plus le Ash pré-cité que le côté plus rugueux de Ian Anderson du Tull. Production très 70's sans aucun travers des 80's naissantes. C'est de plus superbement bien joué et arrangé, avec un sens de l'évidence si dur à coucher sur bande.
Soutenez Albumrock

Nous avons besoin de vous pour garder notre indépendance !


Barème
Sans intérêt
Raté
Très faible
Décevant
Moyen
Bon album
Très bon album
Coup de coeur
Excellent
Culte
Album de la semaine

The Killers


Pressure Machine


"

Pressure Machine est à l’opposé d’une production grandiloquente bâtie pour partir à la conquête des ondes FM ou des stades. Le dernier album de The Killers se veut contemplatif et raffiné. Un disque délicat qui, comme souvent dans ce genre de concept, comporte quelques lacunes que nous allons évacuer d’emblée avec le titre “Desperate Things” et sa lenteur agrippante qui enferme l’auditeur dans une mélodie pompeuse dont l’auditeur n’arrivera jamais à se défaire, un passage fait de larsen finit d’anéantir tout espoir de trouver une étincelle et ce morceau constitue le seul véritable loupé de l’album. 

"
À lire également