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Critique d'album

Ange


Guet-Apens


(00/00/1978 - Phillips - Rock Progressif - Genre : Rock)
Produit par

1- A Colin-Maillard / 2- Dans les Poches du Berger / 3- Un Trou dans la Case / 4- Virgule / 5- Réveille-toi / 6- Capitaine Coeur de Miel
Note de 5/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Les Belfortains, s'ils s'éloignent de leur pâte habituelle, n'ont rien perdu de leur talent."
Jules, le 16/08/2021
( mots)

 


En 1978, les années 70’ tirent bientôt leur révérence et les eigthies pointent le bout de leur nez… Ajoutez à cela la récente vague punk et le dégagisme qui l’accompagnait et vous comprendrez rapidement que les monuments du rock progressif autrefois encensés par toute une génération de soixante-huitards et/ou quinqua intellos n’en ont plus pour longtemps.


C’est en quelque sorte le message que l’on devrait retenir à l’écoute du sixième album du groupe belfortain Ange intitulé Guet-Apens. Un vent de changement se fait sentir du coté de ceux qui nous berçaient il y a quelques années encore de leurs contes médiévaux habités et de leurs sonorités oniriques. 


Le line-up déjà. Il est clair qu’une page se tourne. La batteur Gérard Jelsch, le bassiste Daniel Haas et le guitariste (virtuose) Jean-Michel Brézovar s’en sont allés. Ils sont remplacés respectivement par Jean-Pierre Guichard, Gérald Renard et Claude Demet. La faute au succès, selon Brézo, qui causera les quelques désaccords survenus entre Christian Décamps et le reste du groupe.


On sent également que cet album marque une transition. Finies les aventures de Godevin le Vilain, les légendes d’Emile Jacotey ou le voyage théâtral des fils de Mandrin. Les morceaux ne font plus partie d’un ensemble cohérent comme ce fut le cas pour les trois précédents albums qui pouvaient être observés comme des albums concept. L’esprit originel d’Ange prend ses distances avec l’auditeur. Mais est-ce un sacrilège ? Pas du tout. Cet album, s’il ouvre la période "creuse" d’Ange, n’en est pas pour autant une abomination.


Bien au contraire, Guet-Apens comporte la plupart des ingrédients qui ont fait le succès passé du groupe. A commencer par les claviers si singuliers de Francis Décamps et, notamment, son orgue-mellotron qui nous envoute de ses nappes sur "A Colin Maillard". L’introduction apaisée constitue une belle entrée en matière et nous permet de constater les qualités guitaristiques de Claude Demet qui n’a pas à rougir de succéder à Jean-Michel Brézovar. Le jeu est envoutant est s’inscrit dans la parfaite continuité de ce à quoi son prédécesseur nous avait habitués. 


On prend aussi plaisir à retrouver les balades acoustiques que le groupe nous a déjà servies par le passé et qui constituent de belles madeleines, à l’instar de "Virgule" et "Dans Les Poches du Berger" qui nous renvoient indéniablement à "La Route aux Cyprès" et "De Temps en Temps" toutes deux issues du Cimetière des Arlequins. Un agréable clin d’oeil au passé.


Autre élément à ne pas évincer, Christian Décamps prouve une fois de plus ses qualités remarquables d’interprète. Sa voix est identique - même si le timbre semble moins léger que sur les précédents albums - continuant à nous scander ses narrations poétiques ("A Collin Maillard" ; "Réveille-Toi !").


Mais cet opus n’est pas pour autant exempt de défauts. A mon sens, le songwritting est bien moins inspiré et très bas de plafond comparé à ce qui avait été écrit auparavant. Car c’est bien là le défaut majeur du disque : les paroles et les thèmes qu’il aborde. Par exemple, je ne décernerais pas le Goncourt au texte de "Un Trou Dans La Case" qui se veut finalement être un… "conte de toilettes". Décevant sur le plan des paroles mais de très bonne facture s’agissant de la musique (encore chapeau à la guitare de Demet qui parviendrait presque à nous faire oublier les paroles).


Et puis il y a "Réveille-Toi !"… Que dire ? Mention spéciale à Jean-Pierre Guichard aux fûts qui nous régale de ses fills et de ses changements de rythme qui dynamisent le morceau et lui donnent une vraie ligne directrice. Mais encore une fois, les paroles sont spéciales et arrivent à déranger, pour ma part. Il s’agît d’un homme qui vient jouir sur la tombe de sa défunte épouse. Le problème est que l’interprète s’appelle Christian Décamps… Lui qui sait être hautement habité pour déclamer des contes médiévaux, imaginez ce que ça donne quand il s’agît d’un coït. Je vous laisse juges. 


Mis à part ces quelques défauts, cet album reste à peu près dans la lignée de ce que le groupe nous a présenté auparavant, comme en témoigne le final grandiloquent, lyrique à souhait et enivrant  "Capitaine Coeur de Miel". Ce morceau est encore aujourd’hui un classique du groupe en concert. 


L’Ange, s’il commence à dangereusement s’approcher de la chaleur, ne s’est pas (encore) brulé les ailes et vient clôturer les années 1970 avec dignité.


 


 

Commentaires
D.A, le 30/09/2021 à 01:01
Reveille-toi , est magiquement dérangeante
PaKaL, le 06/05/2021 à 19:24
Mais, comme j'ai trop aimé, comme ça m'as trop déchiré entre les oreilles , grââââve
Laurent, le 28/05/2020 à 17:10
J'ai grandis avec cet album, Ange (comme d'autres groupes de l'époque) me sont restés comme resteraient certain "Alamo,Adamo,C Jérome....." chez d'autres NB : Non Négligeable, je suis né dans la région du groupe (peut-etre un peu de parti-pris !!??