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Critique d'album

Alice Cooper


Detroit Stories


(26/02/2021 - Ear Music - - Genre : Hard / Métal)
Produit par

Note de 3/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Les meilleures histoires viennent des plus grandes légendes"
François, le 12/03/2021
( mots)

Si l’histoire récente de Détroit en a fait une shrinking city suite à la déroute industrielle qui a touché cette ville hautement marquée par l’automobile, elle demeure une place importante et historique de la musique populaire américaine depuis le rock énervé du MC5 ou des Stooges en passant par la scène afro-américaines de Motown, jusqu’à l’icône Alice Cooper. Celui-ci, au final d’une carrière opulente, décide de rendre hommage au territoire qui l’a porté aux nues – bien que l’Alice Cooper Band naquit en Californie. Son dernier EP (The Breadcrumbs, 2019) avait préfiguré la direction de Detroit Stories : un assemblage de reprises dont on trouve des versions revisitées au sein de l’album qui témoigne du patrimoine musical de la Motor city.  


Sans aucune nostalgie, l’artiste renoue avec le son originel d’Alice Cooper quand ce nom était celui d’un groupe plutôt que l’avatar diabolique du très pieux Vincent Furnier. Amateurs des albums du début des 1970’s, vous serez sûrement comblés. Pour autant, Detroit Stories est aussi varié qu’il est rempli à ras bord (quinze pistes), revenant sur les différentes faces de la carrière d’Alice Cooper, même dans ses expressions les plus récentes. En ce sens, Detroit Stories est davantage l’histoire musicale d’un homme (Alice Cooper) que celle d’une ville (Détroit). 


Ce regard vers le passé, aussi bien en termes de carrière que d’histoire de sa ville, s’aperçoit par le choix des musiciens, qu’ils soient issus d’Alice Cooper Group (Michael Bruce, Dennis Dunaway, Neal Smith, Steve Hunter) ou de groupes phares du Michigan (Wayne Kramer des MC5, Mark Farner de Grand Funk Railroad) voire même de la relève blues-rock avec Joe Bonamassa. De plus, Bob Ezrin, le producteur talentueux qui avait permis de faire sortir ce qu’il y avait de mieux chez Alice Cooper dès 1971, est toujours de la partie. Ces belles collaborations permettent d’avoir un beau niveau technique, notamment lors des chorus de guitare toujours précis et élégants. 


Mais cette rétrospection se retrouve aussi sur le terrain musical. L’hommage au MC5 par exemple, passe par une reprise de "Sister Anne" ou par une composition qui suinte ce proto-punk metallique ("Go Man Go"). De même, pour rester à Détroit, les chœurs de "10000$ High Heel Shoes"  donnent une dynamique funk/soul très Motown. Pour autant, Cooper ouvre les hostilités avec une reprise issue d’un répertoire plus éloigné du Midwest industriel : "Rock’n’Roll" du Velvet Underground dans une version beaucoup plus robuste et réussie que l’original, mais nous goûtons peu au combo de Lou Reed donc le débat est ouvert. 


Du reste, revisitant à la fois les différentes facettes de son répertoire et les soubassements de sa culture musicale, Alice Cooper propose un album aux orientations multiples. Du blues-rock très saturé à la Thorogood ("Drunk and in Love") ou du rock’n’roll au diesel ("Independance Dave"), jusqu’à des propositions plus modernes. En effet, comme il a pu le faire au cours du XXIème siècle, il navigue dans les eaux bien ricaines, directes et punks ("I Hate You"), avec un refrain AOR ("Wonderful World"), ou un midtempo accrocheur - "Hanging On by a Thread" (garni d’un très bon solo, simple mais prenant). Des titres que la vague punk rock popisante et adolescente des années 2000 n’auraient pas reniés. 


De cette diversité sort tout de même des perles. "Detroit (Rock) City 2021" (la version 2020 vient de l’EP de 2019, l’originale de The Eyes of Alice Cooper de 2003) se dévoile dans sa meilleure interprétation, agressive et fédératrice si bien qu’on a l’impression, au moment du refrain, de faire partie intégrante de l’histoire de la ville à travers cet hymne magistral. Plus comique, pied de nez à la vague hippie et à ses premières années, "Our Love Will Change the World" est un pastiche pop-1960’s délectable, accompagné d’un clip sympathique. 


A l’heure du bilan, d’un album comme d’une carrière, on ne peut qu’applaudir Alice Cooper : parvenir à un tel résultat après avoir usé toutes les cordes de l’inspiration (pas jusqu’au bout a priori), après tant d’années à porter l’étendard du rock (avec certes des hauts et des bas), cela ne peut que rendre modeste. S’il ne propose pas une œuvre révolutionnaire, il offre ici une collection de titres très réussie dans l’ensemble, quelques pépites, et un bon condensé des diverses facettes d’Alice Cooper … et de Détroit. (3 pour l'album + 0.5 pour la performance au regard de la carrière)


 

Commentaires
Francois, le 13/03/2021 à 09:29
Ahahah bien vu Daniel, j'ai corrigé sans vraiment corriger ... !
Daniel, le 12/03/2021 à 18:43
Dans son enthousiasme (amplement justifié), François nous ajoute un "rock" au titre "Detroit City", ce qui provoque une rencontre inattendue entre le monde masqué horrifique d'Alice et l'univers kabuki de quatre new-yorkais également infatigables. J'adore !