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Yakayalé 2010


Nicolas, le 28/04/2010

Samedi 10 Avril


On prend les mêmes et on recommence, mais un peu plus tôt, avec de plus un temps cette fois-ci franchement estival - ce qui ne gâche rien. Début des hostilités à 17 heures, pour une journée qui met cette fois-ci bien longtemps à démarrer... ce d'autant qu'un accident sur la quatre voies Quimper-Nantes nous empêtre dans un embouteillage monstre dont le principal effet est de rater la première prestation, celle des Blackstarliners. Tant pis.

La parenthèse reggae


Bah oui, tradition quimpéroise oblige, Yakayalé n'a pas totalement tourné le dos aux musiques cools. C'est donc à deux pointures du reaggae que nous avons droit en préambule, le groupe français Danakil et le jamaïcain Alborosie. Si on quitte ici les sphères du rock, autant y aller de son petit coup de gueule envers bon nombre de festivals du coin, Vieilles Charrues en tête. Sans vouloir tomber dans le sectarisme à deux balles, il est quand même assez inique de programmer sur une même journée des genres musicaux qui n'ont quasiment rien en commun en terme de public. S'il s'avère souvent vrai que les férus de rock ne rechignent pas devant la pop ou l'électro (des genres finalement assez voisins), ils sont en général beaucoup plus réfractaires à des domaines musicaux plus éloignés comme le jazz, la world music ou le reggae, ou alors à petite dose. Pour aller dans les extrêmes en citant le cas du festival de Carhaix l'été prochain, il est peu envisageable que les fans d'Airbourne soient entièrement réceptifs à la pop flashy de Mika, au rap de NTM ou au R n' B de Diam's. Or ne nous voilons pas la face : la multiplicité des genres est un gage d'élargissement du public et donc de rentabilité assurée sur le plan billetterie. Pourtant, rares sont les amateurs d'Archive à avoir fait l'effort de venir dès 17 heures pour écouter les deux premiers groupes, et à l'inverse, les reggae-men en goguette ont très rapidement déserté le Pavillon une fois le set de leurs deux favoris achevé. En cherchant à satisfaire tout le monde, on prend le risque de ne contenter personne... ce qui est d'autant plus dommage que les festivals ont de plus en plus la cotte en ces temps de crise pour l'industrie du disque, ce qui ne devrait pas a priori causer de problème en terme de fréquentation. Est-il vraiment si difficile d'envisager une programmation qui garde un minimum de sens d'un bout à l'autre ? Fin de la parenthèse. Pour le reste... bon, ce n'est pas qu'on se soit franchement ennuyé en compagnie de Danakil et d'Alborosie, même si le second n'a finalement montré qu'un intérêt musical très limité (sentiment ressenti en général lorsqu'on a l'impression d'assister 12 fois à la même chanson). Mais un entracte de trois heures, même passablement divertissant, c'est long, très long.

Archive


On ne va pas se mentir, le déplacement de la journée a été effectué en grande partie pour le collectif londonien. On pouvait difficilement faire l'impasse sur l'un des groupes les plus singuliers de sa génération, au style aussi insaisissable qu'addictif, à mi-chemin entre trip hop, électro et rock progressif soft. Sur scène, la machine Archive est impressionnante, le quintette de base se trouvant savamment épaulé par un quatuor de musiciens additionnel discret mais indispensable à la bonne marche de l'ensemble. Avant même que Pollard Berrier n'investisse la scène, la litanie incandescente ouvrant "Controlling Crowds" se répand dans la salle et hypnotise immanquablement l'assistance. Le jeu scénique, s'il reste en général discret, sait se faire plus énergique grâce aux deux guitaristes qui n'hésitent pas à sortir des riffs assassins quand la nécessité s'en fait sentir. Complètement en retrait, le duo Keeler - Griffiths se fait face de part et d'autre de la scène, inondant l'auditoire de son électro prégnante et de ses vagues synthétiques tour à tour oniriques et inquiétantes. Là-dessus, Berrier n'a plus qu'à se scotcher à son micro avec nonchalance, dans une position attentiste à la limite de l'autisme qui confère pourtant à sa prestation une troublante aura mystérieuse. En pratique, nouvelle formation oblige, c'est à un Controlling Crowds quasi-intégral auquel on a droit, l'œuvre gagnant en live une ampleur proprement grisante. Au titre éponyme font suite les impeccables "Bullets" (et ses "Personnal Responsability" égrenés en boucle), "Words On Signs" (et son poignant "There's Nobody Here For Me Now"), "Danger Visit" (gavés des hypnotiques "Fear, Trust, Obey") et on en passe. Pour autant, au fur et à mesure que le set avance, la tension se fait moins omniprésente, l'attention décline, la magie s'étiole légèrement. La valse des chanteurs s'enchaine, Maria Q et le rappeur Rosko John succédant à Pollard Berrier sans retrouver le charisme minimaliste du lead singer. Dommage qu'Archive n'ait pu maintenir le niveau stupéfiant de sa première demi-heure tout au long du set. On se consolera en se disant que, finalement, le collectif anglais a tout de même délivré ici une prestation bien plus qu'honorable...

Pony Pony Run Run


Changement complet d'atmosphère avec l'arrivée sur scène des nouveaux fers de lance de la French Touch. Exit Versailles, c'est vers Nantes, désormais, que tous les regards se tournent. Les quatre jeunes poppeux investissent la scène du Pavillon avec tranquillité, et Gaël Réchin Lê Ky-Huong se met très vite l'assistance dans sa poche avec son contact rigolard, non sans se départir de ses énormes lunettes de soleil. Anglais de rigueur, les Pony Pony Run Run déballent leur répertoire dansant et coloré avec la maturité des plus grands, même si l'attention du public se retrouve prioritairement aimantée par l'activisme et la mèche folle d'Antonin Pierre et le jeu scénique saccadé et joyeux de Gaël. Musicalement, ça balance plutôt bien, et l'assistance ne s'y trompe pas en faisant de longues ovations au groupe entre chaque morceau. Bien sûr, le fameux "Hey You" est de rigueur, dans une version retravaillée pour le live de bonne facture. Au bout d'une heure, le quatuor quitte la scène sous les vivas en ayant plutôt bien réussi son coup : nous faire passer un bon moment, léger et sans prise de tête, même si quelques esprits chagrins regretteront peut-être une petit manque de consistance sur une bonne moitié du set. Difficile d'imaginer les Pony Pony Run Run s'arrêter en si bon chemin, et on sent, à leur départ, que l'on sera amené à les revoir de nouveau très bientôt.

Beat Assailant


Quoi de mieux, pour finir une bonne soirée festivalière, que de se laisser porter par un bon hip hop intelligent ? Pas forcément fan du genre, on reconnaitra pourtant à Beat Assailant une originalité assez rafraichissante dans le milieu du rap underground. Accompagné de son gang free jazz, de son armada de cuivres et de ses choristes alertes, Adam Turner a de la hargne et de l'énergie à revendre. L'homme peut être considéré comme une vraie bête de scène, occupant l'espace scénique avec la férocité d'un prédateur de brousse. Beat Assailant bouge bien, harangue bien, et slowe avec une insolente facilité. Pour cause d'inculture totale en terme de répertoire, on ne vous ébauchera pas un début d'embryon de playlist, et on se contentera benoîtement, en tant que novice ès hip hop, d'avoir apprécié comme il se doit ce mélange de charge vocale à la hussarde et de mélopées aux rythmiques retorses et ensoleillées en toile de fond.

Bilan des hostilités


Pour ses dix ans, le festival Yakayalé a vraiment mis les petits plats dans les grands en se tournant vers une programmation rock de qualité. Comme attendu, les Stooges étaient énormes et Eiffel a démontré de fort belle manière son statut de ténor du rock français. Côté révélations, autant Gaëtan Roussel (sans ses Louise Attaque) que les Pony Pony Run Run ont honoré avec classe une certaine idée de pop française fortement imprégnée de culture anglo-saxone. Archive n'a pas forcément réussi à convaincre sur la durée malgré un début de prestation proprement renversant. Beat Assailant a clot l'affrontement avec brio, alors que les No One Is Innocent ont peut-être souffert de l'ouragan Stooges qui les a précédé. On regrettera enfin une programmation hétéroclite qui aurait eu tout à gagner à écarter (temporairement ?) les habituels groupes reggaes pour nous plonger un peu plus dans les méandres du rock. Quoi qu'il en soit, l'affluence a bel et bien été au rendez-vous, et on espère donc que le festival quimpérois persiste dans cette voie et nous offre, l'année prochaine, une programmation encore plus alléchante.
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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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