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Yakayalé 2010


Nicolas, le 28/04/2010

Vendredi 9 Avril


Arrivée sur Quimper vers 19 h. Le temps est au beau fixe, et si une petite brise venue du nord ne nous permet pas encore de goûter comme il se doit à un Printemps longuement attendu, on ne peut que se réjouir de la tournure climatique actuelle qui relègue cet hiver finissant à un vague mauvais souvenir. Visiblement, tous les âges semblent s'être donnés rendez-vous pour assister à ce programme plutôt musclé qui va progressivement nous faire voyager du pop rock acoustique au hard rock engagé.

Mick Guerrand


19 h, l'affluence n'est pas encore à son comble. Après une petite bière sirotée au soleil, il est temps de s'engouffrer dans le Pavillon. L'endroit reste égal à lui-même, c'est à dire l'équivalent d'un hangar de parc d'exposition reconverti en salle de spectacle. Pour l'acoustique, c'est zéro, mais heureusement la sonorisation supplémentaire attribuée au festival corrige en grande partie ce type d'imperfections, en nous affranchissant par ailleurs d'un volume sonore trop brutal. Premier à entrer en lice, Mick Guerrand est un peu l'invité de dernière minute. Chanteur-guitariste de Freak Out, il avait gagné le tremplin des jeunes charrues en 2002, ce qui ne nous rajeunit pas. Seul sur scène, Mick nous convie à un défilé de chansons à texte pleines de poésie, souvent drôles, agrémentées d'un jeu de guitare acoustique plutôt élaboré (auto-sampling, effet wah wah). Les morceaux s'enchainent facilement devant une assistance encore restreinte, quelques saillies font mouche ("T'as jamais vu ma gueule le matin au réveil, t'as jamais vu Brest en plein soleil", les locaux comprendront), et le set se révèle somme toute de bonne facture, servi par un contact chaleureux avec le public. Sympathique mise en bouche.

Gaëtan Roussel


Avec le deuxième concert, on attaque du plus consistant. Pour les ignares ou les débiles profonds, rappelons tout de même que Gaëtan Roussel n'est autre que le chanteur de Louise Attaque et de Tarmac, soit un type qui a quand même près de quinze années de scène au compteur. Pour cette incartade en solo, le grand chauve s'est entouré d'un backing band étoffé qui va du traditionnel trio guitare-basse-batterie aux percussions, cuivres, synthés et autres choristes. Alors que Ginger est dans les bacs depuis à peine un mois, c'est à l'intégralité de l'album que nous avons droit ce soir, soit une brochette de morceaux à l'esprit pop anglo-saxon bien développé (d'ailleurs quasiment tous les refrains sont en anglais), agrémentés d'une orchestration léchée et de jolies mélodies sans prétention. Bien sûr, "Help Myself", qui a inondé les ondes FM récemment, procure son petit effet dans une assistance plutôt féminine et jeune. Sur scène, Roussel se révèle d'un contact simple et bon enfant, ne se débarrassant presque jamais de son large sourire, même si sa présence scénique se réduit souvent au minimum syndical, calage nonchalant au micro et yeux mi-clos introspectifs. L'ensemble de la prestation passe bien en live, avec quelques écarts de conduite qui relancent parfois l'intérêt à bon escient (comme un duel de basse bourdonnant en plein milieu du set). On est conquis, mais pas forcément chamboulé par ce live parfaitement en place mais manquant sérieusement du petit grain de folie et d'urgence de Louise Attaque.

Eiffel


On passe ensuite aux affaires vraiment sérieuses avec Romain Humeau et son équipe. Tout auréolé du succès du récent (et très réussi) A Tout Moment, Eiffel a entamé une stratégie de tournée intensive pour défendre son album comme il se doit. Première remarque, le line-up actuel du groupe lui va vraiment comme un gant. En effet, le fait d'avoir recruté Nicolas Bonnière à la guitare n'a rien d'un détail anodin : le son de l'ancien dynamiteur de Dolly passe comme une lettre à la poste dans l'univers joyeusement barré de Humeau. Mieux : sur scène, l'homme offre un réel contrepoint au charisme animal du meneur, enroulant ses soli furieux en slide custom autour du ciment mélodique des chansons avec une aisance remarquable, tout en bonifiant le jeu scénique du groupe avec son dynamisme postural. Quant à Estelle, dire que la basse lui va comme un gant relève de l'euphémisme tant elle se révèle à l'aise avec une quatre corde entre les mains, électrisant simplement l'auditoire de son groove alerte sans se départir d'une placidité détonante. Ces modifications d'effectif n'enlèvent rien au fait que Romain Humeau se révèle un frontman irréprochable, remonté comme un ressort et prêt à sauter à la gorge de l'auditoire d'un instant à l'autre. Si le set réserve une large place au chiadé A Tout Moment (mention spéciale à un "Minouche" copieusement rallongé en jam testostéroné à bloc, à un "Je M'Obstine" totalement possédé et à un "A tout Moment la Rue" repris en chœur par l'assistance), Tandoori n'est pas en reste et permet au combo d'arroser le public avec des rafales de riffs bruts qui relèvent la plus grande subtilité du dernier album, servant royalement le set avec des perles comme "Ma Part D'ombre", "Paris Minuit" ou encore "Tes Vanités". Véritable sorcier du verbe, Romain Humeau aimante les regards, harangue, houspille, interpèle, et joue de ses mots et de ses attitudes comme sur la scène d'un théâtre. Et alors que d'autres sombreraient bien vite dans le ridicule, lui demeure impeccablement crédible en toute occasion. Assurément, Eiffel est grand, plus grand que jamais.

The Stooges


On a beau se préparer, se cramponner aux barricades en position tendue, se réhydrater abondamment et s'attendre à faire face à un défi physique hors du commun, rien, absolument rien, ne permet d'encaisser sans dommage l'ouragan Iggy Pop. Dès que l'iguane investit la scène du Pavillon, l'intégralité de l'assistance bascule en un quart de seconde dans un chaos tout bonnement invraisemblable. Difficile de décrire avec des mots l'effet qui consiste à se retrouver noyé dans un gigantesque pogo de 3000 personnes, bondissant anarchiquement dans une atmosphère étouffante de sueur, de tabac et de bière, assommé sous des dizaines de slams transportés à bout de bras par la gigantesque marée humaine, copieusement arrosé d'eau par un service d'ordre qui n'hésite pas à évacuer dès les premières minutes les quelques irresponsables qui se sont retrouvés bloqués contre les barrières de sécurité sans avoir la force de résister physiquement. Et dire qu'il ne faut qu'un homme, un seul homme, pour mettre une foule dans un tel état. Mais quelle bête ! Même si on savait à quoi s'attendre, même si le show d'Iggy Pop est rodé depuis maintenant près de 40 ans, il faut tout de même le vivre en live pour en ressentir toute l'intensité. Crinière blonde au vent et futal moulant au raz des fesses, l'iguane, torse nu dès le début du set, nous ressort en moins d'une minute la totalité de ses tics scéniques, ondulations reptiliennes obscènes, grimaces provocantes, micro dans le slip ou balancé derrière le dos, crachats au sol, mouchage sauvage à l'arrache, bouteilles d'eau larguées dans le public, le tout bien évidemment sans arrêter une seule seconde de bondir en tous sens. Impossible de stopper la furie Iggy Pop : dès le premier morceau entamé, le voilà déjà à se pavaner en tous coins de la scène, ici toisant l'assistance avec dédain, là la gratifiant d'un majeur brandi sans équivoque, et réalisant un véritable cauchemar pour le pauvre type chargé de démêler le fil de son micro. Une minute plus tard, Iggy se trouve dans la fosse, accroché aux barrières au grand dam des agents de sécurité visiblement débordés par le phénomène, et palpé au sens propre par des milliers de bras survoltés et extatiques. Là dessus, on en oublierait presque le rock n' roll. C'est donc à un Raw Power intégral que l'on a droit (quoique je n'en jurerai pas formellement, ayant autre chose à faire que de me concentrer sur la musique), agrémenté de l'irremplaçable "I Wanna Be Your Dog" et de l'emblématique "Fun House". Comme de coutume, l'iguane invite une vingtaine de jeunes de l'assistance à sauter par dessus les barrières et à retrouver les Stooges sur scène le temps d'un morceau complet. Amusant de constater que, si Iggy Pop fait toujours des étincelles (presque) comme au premier jour, les autres Stooges ont plutôt un look de retraités statiques à l'embonpoint généreux. Rien à dire à propos de Scott Asheton, austère mais impeccable derrière les futs, ni de Mike Watt, hargneux et pressé d'en découdre avec sa basse. En revanche, le cas James Williamson va probablement prêter à controverse, l'homme ne se révélant pas des plus assuré après avoir retrouvé sa guitare. Et le voir utiliser toujours aussi mal sa wah wah à de quoi faire esquisser un petit sourire. Qu'importe : si la mort de Ron Asheton n'a pas tué les Stogges, c'est qu'elle les a rendus plus fort, et ce n'est pas le concert de ce soir qui nous fera dire le contraire.

No One Is Innocent


Difficile de faire suite à l'ouragan Stooges, et les No One Is Innocent en font rapidement la rude expérience. Kemar Gulbenkian a beau se démener comme un beau diable, sauter en tous coins de la scène, invectiver sans cesse le public, la masse humaine ruinée physiquement par ce bon vieux Iggy a du mal à réagir. Et il faut un certain temps de chauffe pour que la machine en fusion des français se mette réellement en branle et pour que l'assistance réponde activement au rock très engagé de No One. Entre nous soit dit, sur le court terme, la bande à Kemar se laisse toujours aussi bien appréhender. Le son est lourd comme un blindé soviétique, les riffs de Shanka pleuvent allègrement sur la foule (à moins qu'il ne s'agisse également de Nicolas Bonnière ? Impossible d'en être certain), et cette collection de diatribes anti-capitalistes, anti-FN, anti-establishment (anti-tout, finalement) se laisse presque goûter telle les missiles à tête chercheuse d'un Rage Against The Machine à la française. Et puis, disons les choses comme elles viennent, au bout de quatre morceaux, on commence à s'ennuyer sec. Parce que l'énergie est constamment au maximum, parce que les loustics ne prennent pas le temps de lâcher un peu de leste, parce que le propos flirte avec une redondance rapidement agaçante, et probablement parce que l'horloge avoisine les deux heures du matin. Toujours est-il que la énième attaque anti-Sarko (à tort ou à raison, finalement, là n'est pas vraiment le problème) finit par ruiner la patience de bon nombre de rock-addicts noctambules - et de votre serviteur, et par provoquer le départ anticipé d'une partie de l'assistance. Une autre fois, peut-être ?
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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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