Ranking albums : Led Zeppelin
Toujours en compagnie de François, nous nous attaquons cette fois aux maîtres du hard rock pour aboutir à un classement pondéré de leur discographie. Nous avons eu beaucoup d'accords mais aussi quelques désaccords et on vous conseille l'écoute du podcast pour connaitre tous les détails (player en bas d'article, mais également disponible sur toutes les plateformes).
N°8 : In Through the Outdoor (1979)

In Through the Outdoor est l'album de Led Zeppelin qui ressemble le moins à l'idée qu'on se fait du groupe. Cela s'explique par le fait qu'à l'époque des sessions d'enregistrement, Jimmy Page et John Bonham étaient très peu présents car trop camés (à l'héroïne pour le premier, à l'alcool pour le second). L'album a donc été majoritairement composé par Robert Plant et John Paul Jones. Raison pour laquelle les claviers et synthétiseurs sont bien plus en avant que les guitares. On sent déjà le virage musical des années 80 avec une musique beaucoup plus pop et qui tente même une incursion vers les musiques latines ("Fool in the Rain"). Les fans de hard rock ne trouveront rien à se mettre sous la dent ici et ce qui s'en rapprocherait le plus sont deux rockabilly et un blues complètement oubliables. Les plus ouverts d'esprit salueront l'évolution et l'exploration de nouveaux univers, mais In Through the Outdoor n'est clairement pas l'album qu'on retiendra le plus du groupe.
N°7 : Presence (1976)

Presence doit lui aussi sa sonorité à part à l'absence de deux membres lors du processus de composition. Suite à un accident de voiture, Plant est en convalescence à Malibu. Page le rejoint pour préparer le nouvel album et l'absence de John Paul Jones aboutit à l'album le plus uniforme, et surtout le plus rock de Led Zeppelin. On mesure alors l'importance de ce dernier dans la richesse du son du groupe, et cette cohérence stylistique qui aurait pu être un atout aboutit au final à un album qu'on trouve trop répétitif. On y trouve deux sommets du répertoire du groupe : "Achilles Last Stand", préfiguration du metal progressif et "Nobody's Fault But Mine", reprise blues boostée aux stéroïdes comme il sait si bien le faire, auxquels on peut rajouter le non moins excellent hard-blues-funky "For Your Life". Mais même ces réussites auraient gagnées a être raccourcies (10 minutes pour la première, 6 minutes pour les deux autres, c'est trop long pour des compositions dans lesquelles tout pouvait être dit en deux fois moins de temps). Durée excessive toujours, l'album se termine sur une ballade blues de 9 minutes ("Tea for One") qui a des airs de "Since I've Been Loving You" en moins inspiré.
N°5 : Physical Graffiti (1975)

Nous n'avons pas souhaité départager deux albums qui proposent d'un côté des sommets magistraux, mais aussi pas mal de titres dispensables, c'est donc à une cinquième place ex-æquo que nous faisons figurer Physical Graffiti. Bénéficiant de suffisamment de matériau pour remplir trois faces de vinyles, Led Zeppelin a choisi de ressortir les morceaux non retenus des sessions passées pour parvenir à remplir un double album. On retrouve donc des titres qui auraient mérité de rester dans les archives comme le jam "Boogie with Stu" ou encore "Black Country Woman". Plusieurs compositions font penser à du Aerosmith ("Sick Again", "The Rover", "Houses of the Holy", "In My Time of Dying") ou Free ("Night Flight") donnant l'impression que le maitre ne surclasse plus la concurrence, tandis que la tentative de fusionner hard et funk (Custard Pie, Wanton Song) semble moins réussie que chez Aerosmith. On retient cependant l'ajout réussi du clavinet sur "Trampled Under Foot". Et surtout quatre chefs-d’œuvre qui font qu'on arrive à comprendre que bien des gens classeraient cet album plus haut : "Ten Years Gone", ballade jazzy à la mélodie aussi entêtante que joussive, "In the Light", morceau épique de post-rock avant l'heure et surtout "Kashmir", morceau de bravoure incroyable à considérer comme l'une des meilleures chansons de l'histoire du rock !
N°5 : III (1970)

Sur une durée plus courte, on retrouve le même problème de présence de nombreux titres dispensables sur Led Zeppelin III. Ca commence pourtant très bien avec une face A très forte. "Immigrant Song", titre le plus metal de la carrière du groupe nous met une claque d'entrée de jeu. "Friends" avec ses cordes orientales préfigure "Kashmir" dans un registre plus folk. "Since I've Been Loving You" est un slow blues intense et marquant où chaque phrase de guitare de Jimmy Page est déchirante, de telle sorte qu'on ne voit pas passer ses 7 minutes. "Out on the Tiles" est un titre hard convainquant et "Celebration Day" renouvelle intelligemment la grammaire du blues. La face B en revanche ne propose qu'un incontournable avec "Gallows Pole", morceau traditionnel brillamment interprété avec une belle montée en puissance. Sans être mauvais, l'enchaînement de deux titres lents d'influence country avec de la pedal steel guitar ("Tangerine" et "That's the Way") et deux blues du delta plus vrai que nature ("Bron-Y-Aur" et "Hats of to (Roy) Harper") fait retomber la dynamique du disque.
N°4 : Houses of the Holy (1973)

Houses of the Holy aurait pu être le meilleur album du groupe s'il n'y avait pas eu deux blagues dessus : "The Crunge", parodie de James Brown et "D'yer Mak'er", parodie de pop reggae. Qu'on aime ou non ces titres, ils dénotent sur un album qui propose un univers ambitieux et très classe. On n'est pas loin du rock progressif de Yes ou de Pink Floyd sur "The Song Remains the Same" et "No Quarter". "Dancing Days" à un côté oriental indien et fascine pour sa sonorité assez unique dans le monde du rock. "The Rain Song" est une ballade folk jazzy de près de 8 minutes d'une richesse et d'un raffinement tels qu'on en savoure chaque seconde. Avec "The Ocean" et "Over the Hills and Far Away" Led Zeppelin ajoute deux incontournables de plus dans les genres où il s'illustre avec brio depuis ses débuts, à savoir le hard rock et le folk rock.
N°2 : II (1969)

Nouvelle égalité, cette fois à la deuxième place de ce classement, tellement les deux premiers albums sont similaires dans leur contenu et leur intention : brillamment agencés, sans temps faibles et explorant les différents genres dans lesquels Led Zeppelin se montre particulièrement à l'aise. Côté hard rock préférez vous "Whole Lotta Love", "Heartbreaker" et "Living Loving Maid (She's Just a Woman)" ou "Good Times Bad Times", "Communication Breakdown" et "How Many More Times" ? En ballade pop, préférez-vous "Thank You" ou "Your Time is Gonna Come" ? Côté folk, êtes vous plutôt "Babe I'm Gonna Leave You" ou "Ramble On" ? Parmi les morceaux qui soufflent le chaud et le froid, préférez-vous "What is and What Should Never Be" ou "Dazed and Confused" ? Ce ne sont que des classiques et le choix dépendra des goûts de chacun. Les reprises de blues en revanche sont plus ordinaires et expliquent pourquoi aucun de ces deux albums ne pouvait prétendre à la première place.
N°2 : I (1969)

N°1 : IV (1971)

Avec "Stairway to Heaven", vous avez probablement le meilleur morceau de l'histoire du rock. "Black Dog" et "Rock and Roll" viennent compléter la longue collection de titre hard rock lourd et efficaces du groupe. "The Battle of Evermore" et "Going to California" sont deux de leur plus belles pièces folk. Le son de batterie de "When the Levee Breaks" est mythique et la relecture de ce blues est superbe. Moins connus, "Misty Mountain Hop" et "Four Sticks" ont tous les deux des spécificités de composition qui les rendent particulièrement intéressants. Le choix pour cette première place semble assez évident et justifié !







