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Compte-rendu de concert

ZZ Top


Date : 09/07/2026
Salle : Forest National (Bruxelles - BELGIQUE)
Première partie :

 

 
Daniel, le 12/07/2026
( mots)

Laura Cox / ZZ Top

Date : 09/07/2026
Salle : Forest National (Bruxelles - Belgique)

Un peu ZZ mais pas Top

Quand il était à bout de patience, feu mon cher ami le Snake, batteur et fin littérateur à ses heures (à vrai dire plus proche d’Audiard que de Montesquieu) disait "Je tolère qu’on joue avec mais pas qu’on s’y pende (comme Tarzan quand il voit des éléphants)...

Le pénible spectacle proposé par Forest National ce 09 juillet 2026 m’a rappelé la sentence de mon batteur préféré.

On sait depuis la création de la salle bruxelloise qu’elle présente "naturellement" une acoustique de chiotte en raison de ses volumes improbables et de ses aberrantes structures en béton brut. Depuis les seventies, le lieu a toujours été une punition biblique (ou un pont aux ânes) pour les ingénieurs du son, d’autant plus que le soundcheck réalisé dans l’enceinte vide perd soudain toute pertinence dès que le public se présente.

Mais le temps peut être aimable en toutes choses (si l’on excepte le vieillissement) et la qualité sonore moyenne des concerts s’était grandement améliorée décennies après décennies. A quelques misérables exceptions près. 

Et la soirée du 09 juillet 2026 figure parmi ces exceptions notables.

J’avais pourtant pris la peine d’inviter mes chers vieux complices (Docteur Futurity, Colonel Cox et Professeur Freeze) à prendre place dans les gradins, à toute proximité de la zone réservée à la table de mixage. 

C’est généralement le meilleur gage d’échapper à un désastre sonore. Généralement...

De Laura Cox (sans aucun lien de parenté connu avec le Colonel du même nom), la salle (à peine remplie aux trois-quarts) n’aura pu mesurer que l’enthousiaste et rayonnante présence scénique. A aucun moment, ni la voix de la plus américaine des chanteuses françaises, ni sa guitare solo, ni les claviers n’auront été audibles. Le public a eu droit à une bouillie sonore composée de boucans de batterie et de grondements de basse. 

La demoiselle et ses trois complices sont heureusement prochainement programmés dans une vraie salle de concert bruxelloise. Ce sera le 23 novembre 2026 au Cirque Royal et ce sera l’occasion de prendre une revanche sur le sort en assistant à une prestation digne des promesses du combo.

ZZ Top connaîtra un sort à peine meilleur. Par magie (il en faut), les ahurissants soli de guitare de Billy Gibbons seront globalement audibles. Mais la voix du barbu se perdait également dans un mixage où s’imposait une nouvelle bouillasse de fréquences (infra)basses. 

Le décor, présentant une scène encombrée d’un amusant capharnaüm d’amplis devant un mur de briques joliment tagué, était pourtant prometteur, d’autant plus que le light-show était assez impérial. Et la set-list  de ce Big One Tour s’annonçait proprement royale...

Mais il est difficile de s’enthousiasmer devant un pareil massacre sonique. Le contexte n’incitait pas en outre à la réjouissance. On sait que, depuis sa disparition dans son sommeil en 2021, Dusty Hill a été remplacé par le technicien guitare du groupe, Elwood Francis. Le garçon (qui ne se considère pas comme un membre de ZZ Top à part entière) est fort compétent mais il se sent obligé d’incarner un personnage scénique plutôt caricatural et finalement peu "naturel". L’entame du concert où il utilise sa stupide et injouable basse à dix-sept cordes ne le rend pas vraiment crédible. 

Quand à Franck Beard, il était simplement remplacé (sans la moindre explication) par John Douglas, un technicien fort inexpressif. On sait qu’il ne faut pas avoir fait Saint-Cyr pour tenir les sticks sur du blues-rock texan. Mais le bonhomme (qui n’a même pas été présenté au public) était simplement "dans le tempo" (sans plus) et donnait l’impression de jouer les intermittents du spectacle à des lieues du batteur originel qui savait si bien "colorer" le son trio.

L’impression d’assister à un concert solo (vendu sous le nom certainement plus "lucratif" du trio texan) a été accentuée par le fait que Billy Gibbons a emprunté le récent "Brown Paper Bag" à son répertoire personnel et est allé rechercher une de ses premières compositions personnelles, le "Brown Sugar" (un must absolu aux oreilles du sévère Colonel Cox) qui figure en seconde place sur la face A du premier album des ricains (1972).

Il est clair que Billy Gibbons brille au firmament d’un art guitaristique qui plonge ses racines ancestrales dans la mère-boue des berges du Mississipi. A ce titre, je ne lui connais aucun concurrent (vivant) qui puisse prétendre à pareille authenticité. J’utilise le terme "authenticité" non pas comme un artifice poétique mais parce qu’il s’impose. Contrairement à nombre de ses pairs qui prétendent avoir inventé la roue, le barbu fait sonner chacune de ses notes avec cette humilité et cette reconnaissance des pères fondateurs qui font les vrais grands artistes. 

Quel dommage qu’un son à ce point pourri ait gâché nos (probablement ultimes) retrouvailles…

Set-List 

Got Me Under Pressure
I Thank You (Sam & Dave)
Waitin’ For The Bus
Jesus Just Left Chicago
Gimme All Your Lovin’
Pearl Necklace
I’m Bad, I’m Nationwide
I Gotta Get Paid
My Head Is In Mississipi
Brown Paper Bag (Gibbons)
Cheap Sunglasses
Just Got Paid
Sharp Dressed Man
Legs

Encore

Brown Sugar
The Snake Boogie
Thunderbird
La Grange

 
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