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Interview Medicine Ball Caravan


Maxime, le 28/07/2008
Le rock perpétue son règne également par des groupes de la trempe de Medecine Ball Caravan. C’est-à-dire des formations pour qui composer et jouer est avant tout un plaisir pris avec le plus grand des sérieux et la passion la plus ardente. Brassant avec fougue le noble héritage des sixties et des seventies, ce gang basé dans notre capitale s’emploie à marier le rock sudiste des Black Crowes avec la morgue électrique des Guns ‘N Roses, s’appuyant sur des guitares tempétueuses qui évoqueront tout aussi bien Led Zeppelin, Mountain, Cactus que Rose Tattoo. Cocktail capiteux servi bouillant sur un premier effort dont le titre résume à lui seul les belliqueuses intentions de ses géniteurs : Crossing The Seas, Spreading The Sins. Des références en béton, mais aussi une connaissance très fine des scènes anglo-saxonnes d’il y a trente ou quarante ans qui transpire dans le nom de ce combo comme dans le choix de ses reprises (Circus Of Power). Bien plus qu’un bande de thuriféraires cultivés, Medicine Ball Caravan est une solide réunion de bourlingueurs du riff pour qui le plaisir et le partage ne sont pas des vains mots tout justes bon à croupir tel un catéchisme poussiéreux. La génération Myspace peut toujours se marrer… En attendant, on retrouve les lascars en plein mois de juin, à quelques heures d’un concert qu’ils partageront avec leurs collègues de label, les formidables Thunder Express de Robert Dahlqvist (guitariste des Hellacopters). Dans un bar en pleine fièvre footballistique, on retrouve Jay, batteur d’origine américaine, véritable pile d’enthousiasme, Thom, bassiste dreadlocké au sourire communicatif et Rod, guitariste au visage buriné, peu disert mais n’en pensant pas moins, arborant la coolitude absolue des baroudeurs à qui on ne la fait pas. Matt, chef d’orchestre de ce petit monde et ancien frontman des stoners de Low Vibes, plante ses yeux noirs sur le rédacteur en mission. Rencontre avec des musiciens qui ont du style, de la classe, mais aussi (et surtout) des valeurs.


On va commencer par le début : comment s’est formé le groupe ?
Matt (chant) :
Avec pour moi et Jay, que je connais depuis plusieurs années, l’envie de monter un projet rock. Ensemble, on disposait déjà de la moitié du groupe. Et puis j’ai passé une annonce et on a rencontré Rod très rapidement. Ensuite ça s’est enchaîné très vite, le line-up s’est monté en trois semaines et on s’est tout de suite lancé dans les répétitions. Thom nous a rejoint il y a six mois maintenant.

Pourquoi avoir choisi le nom de Medicine Ball Caravan ?
Matt :
De façon assez simple. En collectionnant des disques d’Alice Cooper, je suis tombé sur ses B.O. de films et notamment Medicine Ball Caravan, un documentaire qui raconte l’épopée des hippies à travers les Etats-Unis. Même si je n’ai vu le film que très récemment, le titre m’est resté dans un coin de la tête. Quand le moment est venu de trouver un nom pour le groupe, ça m’est revenu tout de suite. Ça correspondait bien à la musique que j’avais envie de jouer.


De gauche à droite : Jay (batterie), Rod (guitare), Matt (chant), Thom (basse)


Qu’as-tu fait entre la mise en veille de Low Vibes et la formation de Medicine Ball Caravan ?
Rod (guitares) :
Pas mal de conneries ! (rires)
Matt : Il y en a eu quelques unes, oui… Sinon, je me suis éloigné de la musique pendant une certaine période, puis j’ai rejoint Caldera (groupe de doom originaire de Nancy) pour assurer le chant pendant quelques temps à leurs côtés. Ils sont ensuite revenus à une formule instrumentale. Ensuite, j’ai commencé à monter un projet solo folk, en guitare-voix, en essayant de lancer Medicine Ball Caravan en parallèle. J’ai ramé pendant plusieurs années, en traînant d’auditions en recherches de musiciens. Ce n’est qu’avec le renfort de Jay que les choses ont vraiment pris tournure.

Sur l’album, tu chantes, écris, produits. Quel espace laisses-tu aux autres ?
Matt :
Tout le reste ! (éclatement de rires sardoniques) Plus sérieusement, on a composé tous les morceaux ensemble. Personne n’est arrivé avec un titre fini, chacun a apporté sa contribution. Le morceau le plus avancé était peut-être "Rattlesnake Bite", qu’on avait écrit à moitié avec Jay quand on répétait sur mon projet solo. C’est ensuite Rod qui a trouvé le riff pour porter la suite. Si je me suis occupé de la production, c’est parce que j’avais un studio à disposition, ce qui était pratique. J’ai fini le montage de l’album avec un pote. Alors, oui, je me charge des textes et du chant, mais ça laisse encore pas mal de place aux autres. Je ne suis pas complètement un dictateur ! Enfin, ça dépend des jours… (sourire)

Des types de trente ans faisant du rock avec l’énergie de leurs vingt ans


Vous vous revendiquez des sonorités sixties et seventies. Qu’ont les groupes de cette époque que n’ont pas ceux de maintenant ?
Thom (basse) :
Y’avait pas de formats. On pensait à faire de la musique, pas un truc calibré avec une intro de 20 secondes, un couplet, un premier refrain accrocheur, un solo etc…
Matt : Une certaine liberté. Quand on écoute les albums de ces groupes là, il se dégage un pur plaisir. Ce sont des disques qui ont été enregistrés live pour beaucoup. Il y a des pains, mais ça ne les empêche pas d’être magiques. Tu entends quatre mecs qui sont dans la même pièce, et il y a une énergie, une alchimie, un truc qui se passe. Ça s’est passé de la même manière pour nous : dès la première répétition, on avait un titre de fini. On a bouclé la reprise de Circus Of Power ("Call Of The Wild") et écrit "New Girl In Town" d’une traite. Au niveau de l’état d’esprit, on est proches de ces décennies-là. Après, on est également inspirés par des groupes des années 80-90 comme Guns ‘N Roses ou les Black Crowes. Mais qu’est-ce que Guns ‘R Roses si ce n’est les premiers Aerosmith et Alice Cooper digérés, tout comme les Black Crowes avec les Faces et les Stones ? On fait tous partie d’une génération née dans les années 70. On était trop jeunes pour profiter des groupes de ces années-là mais on y est tous attachés, d’une manière ou d’une autre. Personnellement, c’est une culture qui m’a toujours nourri. Jay, qui a grandi aux USA, est branché sur les radios qui passent encore les groupes de cette époque. J’ai fait d’autres choses en grandissant, mais en vieillissant tu reviens toujours à tes premières amours et ce qui t’as marqué quand tu étais ado.
Thom : On est des vieux qui font du rock avec l’énergie de nos vingt ans du haut de nos trente ans, voilà.


Justement, en ce moment on voit plein de jeunes de vingt ans se précipiter dans les stades pour voir les reformations de Led Zep, des Who ou les Stones, ou pour écouter des groupes qui s’en inspirent comme Wolfmother. Vous pensez quoi de cet intérêt moderne pour les seventies ?
Matt :
Perso, ça ne me dérange pas. Les choses bonnes durent, c’est un fait. Qu’une nouvelle génération s’intéresse à ces groupes, même si c’est par effet de mode, je trouve ça cool. Après, je ne sais pas si je me déplacerais pour voir certains…

Dans le livret du disque, vous écrivez :" No stars, no crap, just rock’n’roll". Vous trouvez que le rock actuel souffre trop de son image ?
Matt :
Ça dépend de ce que tu entends par image. Pour moi, l’image a toujours été indissociable du rock. Un groupe, tu l’aimes pour la musique, mais tu l’identifies aussi par une pochette, la typo du nom, etc… Image et musique vont de pair, on peut pas vraiment les séparer, voilà pourquoi on a beaucoup bossé l’artwork de notre disque, qui tourne autour du tatouage, pour en faire un bel objet.
Jay (batterie) : Après il y a une différence entre travailler son image et la polir pour rentrer dans un moule. Aux Etats-Unis, j’ai rencontré trop de musiciens qui soignaient avant tout leur look. Le truc ultime pour eux, c’est de se retrouver en boucle sur MTV. Cette ambiance m’a trop saoulé, j’en avais marre de cette merde. Voilà pourquoi je suis parti pour trouver ailleurs des gens dont l’ambition est d’abord de jouer, pas de passer à la télé. Medicine Ball Caravan, c’est un truc vrai, un truc humain.


Votre album est très court, très intense. On a la sensation d’une violente bourrasque qui emporte tout. C’était le but recherché ?
Matt :
Oui. Après, il faut dire qu’on y a mis toutes les chansons qu’on avait à ce moment-là ! (rires) Cette brièveté s’explique aussi par le fait que la plupart des albums des groupes qu’on aime ne durent pas plus de quarante minutes, la durée d’un vinyle. Autant ne pas faire de remplissage pour ne pas disperser l’énergie.

Est-ce que vous vous trouvez des affinités avec des groupes de rock français, ou bien faut-il aller plutôt chercher des membres de votre famille du côté de groupes comme Thunder Express avec qui vous jouez ce soir ?
Matt :
C’est vrai que sur la scène actuelle, je suis perso surtout emballé par les groupes anglo-saxons, comme les Black Crowes ou les Hellacopters. Mais il y a des groupes français qui me bottent, comme les Elderberries ou les Firecrackers, qui sont dans un état d’esprit proche du nôtre, j’ai l’impression.

Le futur immédiat pour MBC c’est quoi ? Une tournée ? Un nouveau disque en préparation ?
Matt :
Notre but est de tourner le plus possible, on est ouvert à toute proposition, y compris celles venant de l’étranger. On essaye de convertir un maximum de personnes. Quant à la composition, on prévoit d’enregistrer un quatre-titres. On va jouer deux nouveaux morceaux ce soir d’ailleurs.


Allez, pour finir, question à la con, question Rock & Folk : quelle est la chose la plus rock’n’roll que vous ayez faite dans votre vie ?
Eclatement de rire général, puis silence embarrassé. Chacun y va de sa petite définition, sans conviction. Finalement, la réponse tombe, limpide.
Matt : C’est ce que tu vas voir sur scène toute à l’heure !



Remerciements : Xavier (Longfellow Deeds)
http://www.myspace.com/medicineballcaravan
http://www.myspace.com/longfellowdeedsrecords
Medicine Ball Caravan sur albumrock : http://www.albumrock.net/infogroupe/medicine-ball-caravan-1155.html
Le projet solo de Matt : http://www.myspace.com/wordsfrommattm

Crédit photos : Denis Goria
En savoir plus sur Medicine Ball Caravan, Low Vibes
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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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