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Interview : 30 Seconds to Mars


Emilie, le 18/07/2013
Qui eut cru que 8 ans après mon coup de coeur pour "The Kill" et "From Yesterday", je me serais retrouvée assise face aux trois membres de 30 Seconds to Mars un beau lundi de juillet 2013 ? Certainement pas moi en tous cas. Bien que le dernier album soit très différent, voire décevant comparé à leurs débuts, je n'ai pas résisté à l'envie d'aller questionner les américains, la veille de leur passage au Grand Palais. C'est donc avec l'âme de mes années d'étudiante, et secrètement l'oeil cinéphile (Requiem for a Dream ayant choqué la petite moi) que je me rends dans un grand hôtel du Ier arrondissement. Pas vraiment soucieuse de mon look le matin du jour J, j'en deviens consciente lorsque mes chaussures ouvertes allure vacances foulent le sol de ce lieu, beaucoup trop classe pour moi. On ne lésine pas question accueil, tant pis, ça fera voir du paysage à mon pantalon trop grand à rosaces roses. Accompagnée jusqu'à la porte de la chambre par l'agréable équipe de la maison de disque, je me retrouve enfin face à Jared Leto, Shannon Leto et Tomo Milicevic. Tout est calme, blanc, précieux et je me lance pour vingt minutes d'interview, tout en faisant croire à moi même que l'anglais n'était pas une barrière.


Tout d’abord je suis ravie de vous rencontrer et merci pour cette interview. J’espère que mon anglais ne sera pas trop catastrophique

Jared Leto : Heeelloooo …
Tomo Millecevic : Jusqu’ici tout va bien ! Enchantés

- Je vais donc vous parler du dernier album, évidemment, pour lequel vous dîtes que c’est un réel changement. Personnellement, je vois plus cela comme une continuité, une évolution … Les quatre albums sont vraiment différents, et ce dernier peut faire penser à This is War.

Tomo : Quand nous avons terminé This is War je pense que nous sommes réellement arrivés à notre vraie identité. Donc je pense que Love Lust Faith and Dreams est vraiment un nouveau départ, c’est un pas en avant. Mais en effet, il y a un fil conducteur entre tous les albums. Que ce soit au travers de la voix de Jared, de la batterie de Shannon, c’est indéniable. Il y a des choix de signatures pour les quatre albums. Mais oui, à un certain niveau je crois que je suis d’accord avec toi. This is War est la fin d’un chapitre, mais le dernier album est le début d’un nouveau.

- Je trouve notamment que « City of Angels » et « Conquistador » se rapprochent beaucoup de l’ambiance de This is War ...

Jared : Hum hum, oui … !

- ... et ce sont des atmosphères que l’on ne retrouverait pas du tout dans les deux premiers albums. On peut rapprocher 30 Seconds to Mars et >Beautiful Lie, mais on ne trouvera pas du tout les mêmes choses sur les deux derniers que sur les deux premiers. Ils sont absolument différents.

Jared : Hum, oui oui, je pense que tu as raison sur plusieurs points. Disons que j’ai été un peu partout dans le monde, à écrire et à enregistrer, on a enregistré sur plusieurs longues périodes donc … tu sais on change beaucoup avec le temps, le temps que tu passes à enregistrer un album est important, donc des choses se passent.

- Je sens cet album plus visuel, si vous voyez ce que je veux dire.

Jared : Oui oui, je pense que c’est plutôt filmique, assez cinématographique pour les chansons selon ce qu’elles évoquent, cette imagerie. Probablement parce qu’elles influencent fortement toutes ces choses visuelles. Donc oui, je pense que les chansons sont beaucoup dans cet esprit là.

- Et est-ce que cet aspect de la musique vous donne plus envie de produire des films ou tourner ?

Jared : Hum, non pas vraiment. Je pense que tu vois, ce qui nous motive le plus aujourd’hui est d’être sur la route et faire des concerts. Vraiment.

- Et pourtant vous avez réalisé le dernier clip, « Up in the Air ». Vous aviez déjà fait les clips de plusieurs de vos titres auparavant, est-ce que c’est le moyen pour vous d’exprimer visuellement ce que vous n’exprimez pas par les chansons ?

Jared : Je ne voyais pas ça comme ça, je pense que c’est plutôt une opportunité d’expérimenter, de créer, de faire quelque chose d’intéressant.

- Mais ils ont un sens de l’esthétique et du rythme particulier. Ils sont tous très conséquents et très travaillés selon vos goûts je suppose, donc ils sont une illustration de ce que vous souhaitiez faire passer par les chansons, non ?

Jared : Je pense que oui, ça peut être ça, mais parfois tout peut être contradictoire entre les images du clip et les paroles et la chanson en devient différente. Mais ce sont des expériences, je suis juste mon instinct et je fais ce qui m’excite.


- Avez-vous été influencés par la tournée du précédent album pour Love Lust Faith and Dreams ? Car vous avez tourné pendant très longtemps, vous avez eu énormément de dates… Est-ce que l’énergie de la tournée s’est ressentie dans la composition de ce dernier album ?

Jared : Absolument.

Tomo : Tu prends de la vie, tu vis une certaine vie, tu apprends, tu expérimentes de nouvelles choses, tu découvres de nouvelles cultures et tu croises différentes personnes. On enchaine les concerts, on parle à des gens comme toi, et on réinterprète tout cela à travers l’Art et la musique.

- Que présentez-vous sur scène pour cette nouvelle tournée ?

Jared : On a un concert demain soir au Grand Palais, donc on fera beaucoup des nouvelles chansons, il se passera des choses car on va jouer des morceaux que l’on n’a jamais joués avant. On a des performances, des vidéos, on cherche vraiment à développer le spectacle maintenant. On travaille pas mal dessus. Ce sera chouette, tu viens ?

- Eh non malheureusement, je n’ai pas de billet !

Jared (tentant de le dire en français) : Oh mon dieuu ! Demande à la presse, demande à notre équipe

Tomo : Oui exactement demande en un. Il y a des petits passages spéciaux au concert, tu devrais voir ça. Tu dois venir le voir, « make it happen ».

- On verra ça ! En attendant, comment réussissez-vous à combiner vos premiers morceaux et les nouveaux qui sont radicalement différents, pour en créer un set cohérent ?

Tomo : Tu veux dire, comment est-ce-que l’on fait du nouveau avec de l’ancien sur scène ? Ce n’est pas si compliqué que ça parce-que, ce qui se passe en studio est très très différent de ce qui se passe sur scène. Tu vois un album est une chose et le spectacle est totalement autre chose. Donc vraiment ce n’est pas si difficile, on choisit juste les chansons que l’on veut jouer et on monte le spectacle autour de ces potentielles chansons. En fait si tu veux, on choisit toutes celles que l’on veut jouer, peu importe le nombre, ça peut être trente d’entre elles, on pense au spectacle et on sélectionne celles que l’on tient vraiment à jouer tout en construisant l’esthétique du concert. Et elles marchent toutes ensembles !

- Mais j’imagine que vous les réinventez et retouchez un minimum au fur et à mesure des tournées…

Tomo : Ha oui je vois ce que tu veux dire ! Oui on fait ça de temps en temps, par exemple parfois Jared joue des titres juste en acoustique, ou alors on en joue d’autre juste tous les deux, on garde un intérêt de toute façon pour les anciens morceaux sur scène. Mais c’est totalement différent à chaque fois donc …

Jared : Toutes les chansons sont très sympas à jouer et parfois elles ne font pas si vieilles que ce qu’on peut penser. Ce sont de supers chansons donc c’est agréable.

- Vous réussissez à retrouver l’énergie que vous aviez quand vous les jouiez au tout début ? Je pense notamment à « The Kill » ou « From Yesterday »



Jared : Il y a quelques chansons que tu joues différemment ou que tu changes, que tu déconstruis.. tu fais ça pendant un moment, puis tu retournes en arrière, tu joues de la même manière que quand tu les as écrites à l’origine. Puis tu changes de chansons, tu en ajoutes, en supprimes, donc avec la liberté de chansons que l’on a chaque soir on ne se lasse pas. Ce qui est super et on s’amuse vraiment.

- Ca peut rendre schizophrène

Jared : Il y a un peu de ça !

Tomo : Oui ça peut te rendre un peu fou en effet parce que tu veux avoir une expérience unique à chaque fois que tu joues une chanson. Et tu peux faire en sorte qu’elle soit différente chaque jour.

- Vous parlez de studio et justement comment comme travaillez-vous quand vous composez ou enregistrez ?

Shannon : Jared écrit les chansons, et ensuite on met tous notre touche selon ce qu’on ressent dedans. On retouche tout ça ensemble au final. Moi je suis à la batterie

- Et tu as composé « Convergences » c’est ça ?

Shannon : Oui en effet, je l’ai composé avec l’aide de Jared et Tomo. Mais oui c’est moi. C’est un morceau très mélancolique pour moi.

Tomo : Il est très concentré quand il la joue, il prend son temps

Jared : On devrait commencer plus tôt - rires

- -Rires- Comme « L490 », que tu jouais sur scène également. "Convergence" fera partie du nouveau set également ?
Shannon : Oui exact L490 je la faisais en concert. Pour "Convergence" ça se pourrait ! Ca se pourrait, seulement on doit respecter un temps de concert précis tu sais, donc on choisit les chansons aussi en fonction de la durée du set. Donc peut être, tout dépendra de la soirée

- Très bien. Je voulais vous parler de votre public également par rapport à vos albums, car il est vraiment différent entre le début de votre carrière et ce que vous faites aujourd’hui. Est-ce que vous y pensez quand vous composez et proposez de nouveaux morceaux ou absolument pas ?

Tomo : Absolument pas… Enfin disons qu’on ne réfléchit pas à ce que les gens vont penser, ça c’est certain. Je veux dire que, quand on est dans une phrase créative, on est vraiment dans une bulle donc on se laisse aller. On écrit des chansons, on est dans cet esprit là de création donc … Enfin corrigez-moi si j’ai tort mais on suit les titres que l’on a, on suit notre instinct et ça nous captive. On ne pense pas à ce que les gens et notre public pourraient penser, ça non. On fait de la musique, on la partage, et vous êtes les bienvenus pour nous rejoindre –rires.

- Et vous sentez que les gens vous suivent ?

Tomo : Oui. Love Luste Faith and Dreams a reçu un très bon accueil, de très bons retours. On ne pouvait pas demander mieux, les gens ont vraiment l’air de l’apprécier. Les concerts sont extras, quand on joue les morceaux le public nous renvoie quelque chose de fort, on est connectés instantanément.

- Et justement, êtes-vous plus proche de votre public ? Car sur le dernier album vous aviez des chœurs faits par des fans par exemple, là aussi …

Jared : On est très très proches. De nos fans, de notre public habituel, des spectateurs … Et c’est ce qui se passe depuis le premier jour. Et ce n’est pas juste avoir une conversation, ce n’est pas juste nous qui disons ce que l’on veut dire et le public qui reçoit et écoute. C’est aussi avoir leur contribution, des idées. Enfin tu vois, comme une conversation entre deux personnes.


- Et parfois des participations aux albums. A ce sujet, pour les chœurs de Love Lust Faith and Dreams, vous n’avez enregistré qu’avec une trentaine de personnes ?

Jared : On ne sait pas vraiment. Disons que l’on n’a pas fait un officiel « summit » (Ndlr : appel à la participation des fans), on n’en a pas fait un gros gros événement comme pour This is War où ils étaient beaucoup plus nombreux. Ce n’était pas aussi ouvert au public, mais quelque chose de plus privé cette fois.

- Les quatre mots du titre de l’album sont les racines de beaucoup de sentiments et événements. J’imagine que c’est pour cela que vous les avez choisis. Comment avez-vous travaillé avec ceux-ci ?

Jared : Tout s’est passé en même temps, dans les deux sens. On est partis de ces noms pour en faire des chansons et à la fois les thèmes qui ressortaient des chansons correspondaient à ces quatre mots.

- Quel mot ou quel concept a été la base de cet album ? Quelle chanson a été la première note ?

Jared : Je ne me souviens pas quelle chanson a été la première en fait, mais « City of Angels » est la plus vieille. Elle a plusieurs années, j’étais en tournée et je rentrais donc je me souviens que c’est la plus ancienne.

- Et vous avez travaillé autour de cette chanson pour la suite de la composition ?

Tomo : Jared travaille a plusieurs périodes différentes, il ne fait pas une chanson puis une autre, il peut en avoir vingt en même temps. C’est plutôt un gros bordel –rires- il n’y a pas de continuité directe entre les morceaux.

- Jared, il y a une chanson qui « m’intrigue », c’est « Depuis le début ». Qu’est-ce-que tu as voulu mettre ou exprimer dans ce morceau ? Je reste sceptique, je ne comprends pas ce qui tient ce titre…

Jared : Je crois que c’est bien que tu te poses la question. Il y a un auteur et un receveur et chacun reçoit comme il le veut. Il ne faut pas nécessairement se poser la question de ce qui s’y passe, ou répondre à toutes les questions que l’on se pose en écoutant un morceau. Ca permet de continuer la discussion avec la chanson. Mais c’est un nouveau départ je crois et je voulais terminer l’album avec un titre comme ça. C’est un oxymore disons.

- Je suis vraiment sensible au changement qu’il y a entre les quatre albums donc je reviens dessus. Moi je suis une « fan » des deux premiers albums, et j’ai senti le changement musical avec This is War. Je trouve la différence d’ambiance marquante dès ce troisième album, et Love Lust Faith and Dreams est très nouveau et loin de ce dont on avait l’habitude. Et donc, votre évolution est vraiment ce qui m’intéresse, vous avez du vous en rendre compte au fil de l’interview …

Jared (après plusieurs acquiescements pendant la longue question) : Oui c’est intéressant, j’apprécie ta pensée… Je pense qu’avec le nouvel album en quelque sorte je retourne au début, mais un nouveau début tu vois ? Peut être parce-que le premier album était le début d’une période dans le temps, et que celui-ci est le même début mais d’une autre période. Ils partagent des sortes de points communs tous les deux. This is War serait la fin du premier chapitre, le dernier volet d’une trilogie peut être.

-Eh bien merci beaucoup, je m’arrête enfin là !

Jared (avec le classique remerciement en français) : Merci beaucoup ! » On a apprécié et merci pour ton temps.


Merci encore à Quentin et Mercury pour cette rencontre

Le site de 30 Seconds to Mars
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In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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