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Download Festival 2016


Collectif, le 07/07/2016

Jour 1 : vendredi chaotique

Gojira


Attaquer ce festival, il n'y a pas d'autre verbe mieux indiqué, par Gojira semblait être le programme musical le plus intéressant. Et ce fut clairement le cas, le quatuor français ayant délivré une prestation tout bonnement monstrueuse. Monstrueux, c'est aussi le mot qui nous est apparu alors que nous tentions péniblement de récupérer nos bracelets "3 jours" à l'entrée d'un festival complètement débordé par les hordes de chevelus déambulant vers l'Hippodrome de Longchamp.


Aucune organisation à l'entrée, des indications absentes et des bénévoles inutiles, qu'il fut compliqué de pénétrer dans l'enceinte du Download Festival. Alors que certains poireautent depuis une heure et demie dans une file d'attente statique et s'étirant sur au moins une bonne centaine de mètres, nous prenons conscience qu'il sera délicat d'écouter les deux premiers groupes programmés (Beartooth et We Came as Romans). Bien décidés à ne pas rater Gojira, nous télescopons 80% de la file d'attente pour nous faufiler vers d'autres guichets où, miracle, nous n'attendrons que vingt minutes. Le Saint-Graal au poignet, nous serrons nos lacets, ajustons notre t-shirt (Gojira en l'occurence) et filons vers une Main Stage devant laquelle un parterre bien fourni attend impatiemment le quatuor français.


Ni une, ni deux, l'épique "Toxic Garbage Island" donne le ton d'un concert d'une puissance viscérale. Avec une sono plus que correcte, voilà qui promet une heure riche en remuages de tête, pogos et autres crowdsurfing. Très en forme, les landais sont comme toujours d'une générosité scénique implacable. S'en suit l'énorme "L'Enfant Sauvage" au riff dantesque qui retourne une fosse qui ne sera restée gentiment en place que l'espace de quelques minutes. D'une maîtrise totale, Gojira s'approprie sans aucun mal une scène pourtant fraîchement érigée. Le classique "Heaviest Matter of the Universe" précède les deux premiers excellents singles de l'album Magma, dévoilés il y a quelques semaines, "Stranded" et "Silvera". La directivité de ces deux titres réussit au format festival en plein-air, particulièrement sur "Stranded" dont le riff syncopé gargarise une foule compacte toutes mains levées.


Seule réelle interrogation (et nouveauté) en comparaison de ses concerts estivaux de l'an passé que ces deux morceaux, on aurait pu croire Gojira en roue-libre une fois l'épreuve passée, déroulant son set avec force et simplicité. Mais c'est mal connaître Joe Duplantier et sa bande. Un monumental "Flying Whales", interprété en version longue, maintient la liesse des fans à son maximum et un "Backbone" colossal vient ponctuer vingt ans d'une carrière exemplaire. "Ça fait vingt ans quasiment jour pour jour qu'on a commencé, entonne le leader barbu. Et on s'est dit que ça serait bien de faire de ce Download parisien notre fête d'anniversaire !" C'est un "happy birthday" à gorge déployée que scanderont les spectateurs en réponse. La communion est totale, Gojira pousse le vice jusqu'à jouer "Explosia", génial morceau d'ouverture de L'Enfant Sauvage plus joué depuis un bon moment en terre française, un bon vieux "Vacuity" en rappel, et l'affaire est entendue.


Toujours aussi généreux et impeccable, Gojira a retourné un festival à peine entamé. L'un des meilleurs concerts de ces trois jours, sans aucun doute possible.


Setlist : 1. Toxic Garbage Island - 2. L'Enfant Sauvage - 3. The Heaviest Matter of the Universe - 4.  Silvera - 5. - Stranded - 6. Flying Whales - 7. Wisdom Comes - 8. Backbone - 9. Terra Inc. - 10. Explosia


Rappel : 11. Vacuity


Etienne


Deftones


18h30 sur la Main Stage, et la grosse après-midi du vendredi se poursuit car après Gojira c’est maintenant Deftones qui vient s’y installer. Un show attendu après Gore, un nouvel album qui a divisé et continue de diviser jusque dans le public du jour, qui discute des qualités et défauts du disque qui n’a décidément laissé personne indifférent. Mais aujourd’hui, Deftones ne va pas du tout diviser. Au contraire : en une heure, Deftones va mettre tout le monde d’accord.


Sourire timide sur le visage, Chino Moreno arrive calmement sur scène pendant que tourne en fond "Hearts/Wire", puis saisit le micro et salue le public pendant que Carpenter et Vega (superbe coupe de cheveux) tambourinent le riff de "Rocket Skates". Le show Moreno commence, tantôt explosif, tantôt séducteur avec sa façon de chanter tout en douceur en parvenant quand même à prendre toute la place sur scène. Bondissant de tous les côtés, il se posera pourtant quelques fois pour prendre la guitare, notamment en fin de set sur "Change (In the House of Flies)". Mais au-delà de sa performance au chant (on a tendance à oublier en écoutant certains titres de Deftones sur lesquels la voix est très retravaillée, à quel point Chino Moreno peut tout chanter en live), c’est la générosité du chanteur de Deftones qui embarque avec lui tout le public et qui rend le set des Américains si exceptionnel. Plein de générosité, il prendra la peine de descendre de la scène pour venir saluer longuement la foule. Un grand monsieur.


Est-ce utile de parler d'Abe Cunningham à la batterie ? Oui. Le natif de Long Beach fait démonstration d’une virtuosité et d’une puissance sans nom pendant une heure et enchaîne les breaks tous plus solides les uns que les autres et d'une force de frappe qui donne une profondeur sensationnelle aux morceaux plus planants du groupe. On peut d’ailleurs noter la setlist très équilibrée du groupe, qui représente les différentes périodes traversées avec beaucoup de titres de White Pony et Diamond Eyes, et finalement seulement deux issus de Gore, qui trouve sa place dans la mosaïque qu’est la discographie de Deftones.


Deftones a su traverser, et nous faire traverser, toutes les strates de son univers un peu tordu, rempli de colère froide ou bouillante, avec une organisation impeccable (chapeau aux roadies) et un son pour le coup très correct. Malgré des productions à la qualité souvent discutée, l’instabilité maîtrisée de Deftones reste force de création extraordinaire et surtout source d’un plaisir dingue en live.


Erwan


Setlist : 1. Rocket Skates - 2. My Own Summer (Shove It) - 3. Be Quiet and Drive (Far Away) - 4. Swerve City - 5. Rosemary - 6. Diamond Eyes - 7. You've Seen the Butcher - 8. Prayers/Triangles - 9. Digital Bath - 10. Knife Prty - 11. Change (In the House of Flies) - 12. Rubicon


Rappel : 13. Engine No. 9

Iron Maiden


À bien des égards, on parle ici du groupe de tous les superlatifs : discographie allègrement fournie, tournées dantesques et concerts marathons, public fidèle à la passion fanatico-religieuse… Il ne fait nul doute que les anglais, en escale à Paris pour leur seule date française de l'année, s’imposaient de facto comme têtes d’affiche pour cette première journée… mouvementée dirons-nous, et avaient sur le papier toutes les cartes en main pour assurer le show et faire - comme à leur habitude - du grand(iloquent ?) Maiden.

Une inconnue majeure restait pourtant de mise : Bruce Dickinson. L’état de santé de la Castafiore hyperactive était sur toutes les lèvres, son cancer de la langue ayant bien évidemment marqué l'actualité l’an passé. Et tandis qu’on nous assurait que l’épatant showman s’était pleinement remis, et que son tour de force sur The Book of Souls avait semble-t-il mis tout le monde d’accord, impossible de ne pas céder à l’appréhension de voir débouler sur scène un homme affaibli et diminué.

Autant de doutes qui n’ont en rien écorné la détermination des fans venus en masse pour l’occasion, les t-shirts à l’effigie d'Eddie pullulant à foison sur le site du Download. Fidèles parmi les fidèles, ceux-ci se massent aux abords de la Main Stage, quitte à renoncer purement et simplement au set d’Anthrax - assuré par un Joey Belladonna qui, pour sa part, ne sait de toute manière plus chanter depuis belle lurette.

Choix salutaire s’il en est tant la scène paraît proche : tandis que Blackrain fait péniblement sonner son atroce cacophonie sur la Stage 3 mitoyenne, les roadies érigent l’imposant autel maya qui fait office de décor. Et à mesure que le soleil amorce lentement sa descente, les fidèles affluent vers la Main Stage, fin prêts à prendre part au rituel. Retentit alors “Doctor Doctor”, titre d’UFO annonciateur de l’arrivée imminente de Maiden sur scène : apostrophant ledit docteur en chœur, la foule s’échauffe avant que la silhouette d’un homme encapuchonné ne se dessine sur une colonne de fumée au centre de la scène.Offrant quelques dizaines de milliers d’âmes fanatiques en tribut à Necropolis, Bruce Dickinson fait retentir son organe avec maestria avant d’être rejoint par ses confrères : “If Eternity Should Fail” ouvre alors le bal, rapidement suivi par un “Speed of Light” aussi fun que fédérateur. Entrée en matière de circonstance pour un set qui se verra grandement consacré au livre des âmes avec pas moins de six chansons extraites de ce-dernier dont “Tears of a Clown”, dédié au regretté Robin Williams, ainsi que les copieux “The Red and the Black” et “The Book of Souls” - lesquels constitueront les seules longueurs d’un set autrement impeccablement rythmé.

“The Trooper” vient rapidement remettre les pendules à l’heure après l’ode stendhalien, arrachant enfin à une foule jusqu’alors hésitante ses premiers déchaînements de passion après quelques timides pogos sur l'hymnique “Children of the Damned”. Private Dickinson, Union Jack en main, harangue un public en ébullition. Au rythme des guitares incisives du trio Murray-Smith-Gers, celui-ci traverse la scène en long, en large et en travers avec la forme qu’on lui connaît. C’est suite à cet épique moment de bravoure que la peur d’un homme malade en proie au pathos, atomisée par l’époustouflant charisme scénique du chanteur, cède sa place à l’hystérie communicative caractéristique d’un concert de la Vierge.
Le soleil désormais couché, la nuit recouvre peu à peu ses droits. Entre nouveautés et classiques absolus, le set atteint son point d’orgue lors de “The Book of Souls” au cours duquel Eddie, hachette à la main, débarque sur scène et s’engage dans un combat à mains nues avec Dickinson. Et tandis qu’on est frappé par la ressemblance entre la joute qui se déroule sur scène et la pochette de “Run to the Hills”, la lutte tourne en faveur du chanteur qui achève son ennemi en lui arrachant le cœur. Acclamé par le public, celui-ci lui présente son trophée dégoulinant de faux sang - on pense cette fois-ci à la pochette single de “The Number of the Beast”.

Enjoué et communicatif, l’homme ne manque aucune occasion d’échanger avec son assemblée dans un français honorable, allant jusqu’à rendre un vibrant hommage aux victimes du Bataclan lors du rappel, drapeau tricolore en main. Dénonçant la guerre et les (trop) nombreuses luttes de pouvoir entachant l’histoire du monde, celui-ci entame, sous les acclamations du public, un “Blood Brothers” éminemment symbolique, le drapeau désormais drapé autour de sa taille - et ce jusqu’à la fin de “Wasted Years” qui vient clore un concert tout bonnement épique.

S’il est avéré qu’Iron Maiden n’a jamais fait l’unanimité au sein du public (pas même au sein de la rédaction, c’est peu dire), il faut reconnaître aux anglais un dévouement envers ses fans qui force le respect. Sans même évoquer l’imposante scénographie et les hymnes fédérateurs qui jalonnent leur répertoire, la simple passion pour le live qui émane de leurs prestations fait mouche et conquit instantanément l’auditoire. De par son sens du spectacle, Iron Maiden reste avant tout - et indubitablement - un groupe taillé pour la scène. Inutile donc de préciser que la Vierge de Fer a, comme à son habitude, plus qu’honoré sa part du contrat.

Setlist : 1. If Eternity Should Fail - 2. Speed of Light - 3. Children of the Damned - 4. Tears of a Clown - 5. The Red and the Black - 6. The Trooper - 7. Powerslave - 8. Death or Glory - 9. The Book of Souls - 10. Hallowed Be Thy Name - 11. Fear of the Dark - 12. Iron Maiden

Rappel : 13. The Number of the Beast - 14. Blood Brothers - 15. Wasted Years

Crédits photos : Nicko Guihal

Alan

Tremonti


À mesure que Maiden clôturait son concert - forcément épique -, le dilemme le plus insolvable du festival se rapprochait à grands pas : Ghost ou Tremonti ? Les deux groupes sont programmés à la même heure et pour la même durée. Ayant vu ces groupes à deux reprises chacun - dont Tremonti pour la dernière fois seulement neuf jours auparavant dans le superbe Jazzhaus allemand de Freiburg -, le choix purement musical aurait dû se porter sur les ecclésiastiques fantômes suédois. Sauf que. Après plus d'une journée de déambulation, de sautillements et autres frasques festivalières en tous genres, l'état des jambes a eu raison du souhait des oreilles. La Stage 3 étant située juste à côté de la Main Stage où Maiden vient de boucler "Wasted Years", il est décidé de s'en aller voir si l'ami Mark a toujours autant la forme que la semaine passée. La réponse fut implacable.


Du décibel à gogo, des riffs supersoniques et son lot de refrains FM à scander en chœur, voilà le programme d'une heure de show mené tambour battant. Aux côtés des désormais classiques du répertoire de l'américain - "Cauterize", "You Waste Your Time" ou encore "Brains" -, on retrouve le meilleur de son dernier album Dust. Un dynamique "Catching Fire", un colossal "Betray Me" et un surpuissant "Once Dead", le guitariste a finement choisi son set pour ce Download. Pas de ballades - exception faite de l'habituel "Things I've Seen" -, la place est faite aux morceaux les plus durs ("Radical Change"), les plus rapides ("Wish You Well") et les plus explosifs ("Another Heart") du groupe. Et la réaction du public fut sans appel.


Car c'est bien lors de ce concert de Tremonti qu'on a pu observer une ambiance de feu dans une fosse déchaînée. Du début à la fin, les aficionados du combo américain n'ont pas rechigné sur les mouvements de foule, toujours dans un esprit de franche camaraderie. Sensibles à cette déclaration d'amour plutôt démonstrative, le groupe harangue la fosse et remercie allègrement un public qui lui rend bien cette générosité. De "Another Heart" à "Wish You Well", Tremonti a tout donné sur cette petite scène 3 qui lui a parfaitement convenu, rendant justice à la proximité singulière que le groupe partage avec son public. Un beau moment de communion, le plus beau du festival.


Tremonti est décidément le groupe en forme du moment. Son public aussi.


Setlist : 1. Another Heart - 2. Cauterize - 3. You Waste Your Time - 4. Flying Monkeys - 5. Catching Fire - 6. Radical Change - 7. Brains - 8. The Things I've Seen - 9. Betray Me - 10. Once Dead - 11. My Last Mistake - 12. Wish You Well


Etienne

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