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Discorama 2000's : les incontournables psyché rock


Maxime, le 20/09/2010

2000-2002


Queens Of The Stone Age : Rated R
juin 2000


"Nicotine, Valium, Vicodin, Marijuana, Ecstasy & Alcohol"… Le ton est donné. Arrêtons de nous aveugler, la drogue n’est pas un moyen d’atteindre l’omniscience, elle n’est qu’une source infinie de plaisirs et seulement le seuil de la porte vers le mysticisme. Dans tous les cas, Rated R (traduisez: Interdit au moins de 17 ans) en est son plus grand manifeste. Une censure auto dérisoire et la montée en grâce dans le kaléidoscope psychotrope des Californiens dont on sait que les Queens Of The Stone Age ne sont que le cache sexe, drogues et rock ’n’ roll. Le line up de la bande à Homme s’enrichit de personnalités fortes, récurrentes ou éphémères dans l’univers des Queens, Nick Oliveri devient partie intégrante de la composition en endossant le rôle de bassiste hurleur, les amis Dave Catching et Gene Trautmann viennent prêter main forte, respectivement en lieu et place de la guitare et batterie, et les connaissances s’invitent également à l’orgie, comme Rob Halford (Judas Priest) et Pete Stahl (Goatsnake) venus prêter leur voix à la démence finale de "Feel Good Hit Of The Summer" et autres backing vocals.


Dès l’intro de basse saccadée de ce premier morceau et la puissance ravageuse de son refrain, l’on sent que quelque chose a changé depuis ce premier album anesthésié. Son nom ? Chris Goss, leader de Masters Of Reality et mentor de Josh Homme depuis 92 et Blues For The Red Sun, le seul qui a su comprendre le génie du rouquin et lui offrir la production que son talent méritait, superposant les pistes pour englober l’auditeur sous un déluge de sonorités, ne lui laissant aucune chance de s’en remettre. Goss ayant été le tremplin sonore de Kyuss, il devient une nouvelle fois le révélateur du projet de son poulain et reste un des piliers de ce que sont devenus les Queens à ce jour.

Contrairement à bien des œuvres traitant de substances chimiques et de débauche, on ne trouvera ici nul concept niais, morale réprobatrice ou apologique, juste la folle cadence narcotique condensée dans des torpilles pop à l’humeur changeante et aux délires variables, créant ainsi une tessiture faisant montre de tous les états pouvant être vécus après absorption, ceci dans une dynamique plutôt logique si vous êtes consommateurs de poudre cristalline, buvards acidifiés ou autres pilules colorées. Après cette intense énonciation de plaisirs illicites, lancez vous sans répit dans l’écoute surréaliste de Rated R; observez Josh Homme se laisser porter par l’euphorie des coups de reins à tout va dans "The Lost Art Of Keeping A Secret" puis sombrer dans l’incompréhension, assommé par l’insanité de son propre riff dans "Leg Of Lamb"; Nick Oliveri plane à 15 000 avec une nana sur le phazer de "Auto Pilot" puis explose dans une folie perverse à Amsterdam dans l‘immoral "Quick And To The Pointless". Entre temps, Homme s’est perdu dans les hallucinations avec le robot rock de la déjantée "Monster In The Parasol", et s’est envolé dans les volutes de la merveilleuse "Better Living Through Chemistery", véritable transe psychédélique à la guitare fractale, laissant s’étendre la note sur un temps interminable pour mieux s’immiscer dans un break lumineux et orgasmique, nourrissant le conduit auditif de mélodies électrisantes filant droit vers les synapses.

Mark Lanegan signe ici la première apparition de son timbre gravé au Scotch sur "In The Fade", moment merveilleux de douceur lucide, de solitude lancinante et d’abandon, sublimé par la profondeur de la basse d‘Oliveri, l'ivresse des mélodies et la beauté des paroles de l‘ex-chanteur des Screaming Trees : "Ain’t gonna worry, Just live ‘til you die"… Reprise de "Feel Good Hit…" pour repartir encore quelques heures, rage et douleur du bassiste sur "Tension Head", "se sentant si mal sur le sol de la chambre"… La transition subtile et incongrue de "Lightning Song" n’est que peine perdue, la redescente sera dure… Riff tordu et rythmique sèche, "I Think I Lost My Headache" c’est déjà y croire. Les cuivres deviennent insupportables, comme si les oreilles pouvaient elles aussi être victimes de la récurrence rétinienne. Il serait temps d’aller dormir… si seulement c’était possible…

Rated R ouvre les années 2000 sous le signe d’un rock gonflé aux testostérones et endorphines, dionysiaque et psychédélique à en claquer des dents. A la fois déglingué et raffiné, il montre au monde qu’il faudra compter avec les Queens Of The Stone Age cette décennie, "traçant les contours d’un nouvel éden du binaire où la science musicale croise la plus totale lubricité" dixit notre rédacteur en chef. Ce fut chose prouvée avec le démentiel Songs For The Deaf, Josh Homme a entamé une révolution du rock ‘n’ roll, lui offrant enfin de nouvelles lettres de noblesse et ce qui lui manquait terriblement depuis un certain 5 avril 1994 : un prétendant au trône. Huit ans ont passé, reste à voir si le géant roux peut encore s’y installer ou s’il a déjà laissé passer sa chance, mais une chose est sûre, beaucoup ne vivent plus le rock de la même façon depuis le deuxième album des Queens Of The Stone Age.
Geoffroy

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The Dandy Warhols : Thirteen Tales From Urban Bohemia
août 2000

The Dandy Warhols ont commencé dès le milieu des nineties à se forger une solide réputation, non seulement dans leur Amérique natale, mais également en Europe. Cela grâce à deux albums mêlant astucieusement attitude désinvolte et alchimie bâtarde entre le psyché de la fin des sixties, le glam des seventies, le shoegaze des eighties et une certaine dose de puissance crasseuse issue de l'americana le plus bas-de-plafond. Les natifs de Portland voient leur carrière décoller littéralement quand en plein été 2000, ils sortent ce Thriteen Tales From Urban Bohemia, album de gentils hippies branleurs et tout à fait géniaux, qui demeure encore aujourd'hui la plus grande réussite de la bande de Courtney Taylor. L'album est devancé par deux singles parfaitement accrocheurs, qui tournent en boucle dans les radios du monde entier et installe le groupe dans le fauteuil de l'outsider psyché-pop des années 2000. "Get Off" et plus encore "Bohemian Like You" seront alors les must-have de la cool attitude, réunissant sous leurs drapeaux collégiens, junkies, surfeurs et geeks avides des mélodies catchy des Dandy. Mais elles anticipent également un tournant dans l'esthétique du groupe : cet album est une transition entre le shoegaze noisy des débuts et une glam-pop à guitares accessible et immédiate. Cette schizophrénie et la conséquente somme des influences reconnaissables ici font de cet objet un unique et étrange voyage initiatique.

L'album débute sur le triptyque "Godless" - "Mohammed" - "Nietzsche", seize minutes sans interruption où le groupe jongle entre dream pop et psyché rock, caressant du bout de leur talent tout le camaïeu des musiques brumeuses. Seize minutes de démonstration et d'apesanteur, d'harmonies lentes rappelant le shoegaze britannique de Ride ou autre Chapterhouse. Cependant le charme se rompt dès les titres suivants et le rock brut reprend ses droits en roulant des mécaniques. La ballade alt-country "Country Leaver" oriente l'album vers une musique terrienne, puis "Solid" largement inspirée de Lou Reed et "Horse Pills" tendant vers un Bowie musclé entament un marathon de mariage de styles. La seule constante demeure la voix désabusée et nonchalante de Courtney Taylor, suave et constamment minimisée qui désenchante ou illumine chaque morceau, du planant "Sleep" à l'électrique "Shakin'".

Avec cet album, The Dandy Warhols ont frappé un grand coup, et se sont érigés en quelques années en incontournables de la scène indé américaine. La suite est moins glorieuse, les Dandy se perdent dans des expérimentations sonores très inégales, se fritent avec leur maison de disques et leur côte baisse d'album en album. Mais ce Thirteen Tales From Urban Bohemia, cet habile fourre-tout cosmique est un modèle du genre : un album de psyché rock authentique, frais, varié, simple, osé et avec une pointe d'humour, la recette de la réussite.
Kevin

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Masters Of Reality : Deep In The Hole
septembre 2001


Les Masters Of Reality demeurent peut être une des plus grandes énigmes musicales de ces dix dernières années. Même si la reconnaissance du grand public n'est pas forcément gage de qualité, le cas de cette formation au nom tiré du troisième album de Black Sabbath n'en reste pas moins incompréhensible. Groupe axé autour d'un seul homme, Chris Goss, seul membre permanent de ces Masters Of Reality, le type demeure avant tout une véritable légende. Figure incontournable considérée par beaucoup comme le parrain du stoner suite à son travail sur la discographie de Kyuss à partir de Blues For The Red Sun, Chris Goss s'est avant tout illustré par ses talents de producteur (Queens Of The Stone Age mais aussi Stone Temple Pilots, Mark Lanegan ou encore les Eighties Matchbox B-Line Disaster). Si tout ce qui porte quelques traces de sable du Palm Desert est souvent considéré comme gravitant autour de la galaxie Josh Homme, il ne faudrait pas oublier que ce même Josh Homme est tout droit sorti de la galaxie Chris Goss. Et depuis le début des années 80, le père Chris continue de sortir régulièrement, et dans une indifférence générale, des disques de grande qualité.

Sorti en 2001, Deep In The Hole reste encore le sommet de cette discographie à la sortie et l'existence quasi-confidentielle. Connaissant le goût du bonhomme pour les guitares lourdes et oppressantes et vu la liste ahurissante de guests présents sur le disque (David Catching, Josh Homme, Mark Lanegan, Troy Van Leeuwen, Nick Lucero, Brendon McNichol, Nick Oliveri, Josh Paskowitz, Roxy Saint ou encore Mathias Schneeberger), le catalogage des Masters Of Reality au rayon rock burné à tendance psychédélique pourrait sembler légitime, quoi qu'un peu rapide et réducteur. Psychédélique sans aucun doute. Même complètement azimuté, les naseaux bourrés à craquer. Pour le reste, ce Deep In The Hole est autant rock que pop, autant hard que folk. Chris Goss n'est pas genre à se cantonner dans un seul registre. Le type est bien au dessus de ça. L'ouverture du disque en est l'exemple parfait. "Third Man On The Moon" déboule avec ses rythmiques lourdes comme des chapes de plomb relevées par quelques envolées guillerettes et son chant tout en légèreté, "A Wish For A Whish" prépare le terrain au Songs For The Deaf des Queen Of The Stone Age alors que "Counting Horses" joue la carte de la ballade acoustique à tendance mélancolique. Et alors que "Major Lance" pourrait sonner comme une mauvaise intro d'un chant de Noël salace, le père Goss embraye avec "Scatagoria", titre froid et hypnotique prenant rapidement des airs d'errance hallucinatoire, avant de repartir de plus belle avec l'enchainement parfait de "High Noon Amsterdam", du malsain "Corpus Scorpios Electrified" et du sautillant "Deep In The Hole".

Et pour couronner le tout, l'ensemble de ce disque baigne dans cette moiteur bien caractéristique des compositions issues de ce tas de sable. De la à dire que Chris Goss et ses Masters Of Reality vous fait étonnamment penser à un autre acteur de la scène stoner, il n'y aurait qu'un pas qu'il n'y a pas lieu de franchir. Pour le reste, Deep In The Hole est de loin la meilleure production du groupe et même un des meilleurs ouvrages de rock psychédélique de ces dix dernières années. Rien que ça.
Jérôme


The Brian Jonestown Massacre : Bravery, Repetition and Noise
octobre 2001

C'est un fait, le Brian Jonestown Massacre, dont le nom constitue une référence improbable dans sa simultanéité, au membre fondateur et tragiquement disparu des Rolling Stones et au massacre orchestré par Jim Jones à JonesTown en 78, a vu sa carrière exploser avec la sortie du film Dig en 2004. C'est bien simple, personne avant cela ne connaissait le groupe d'Anton Newcombe. Ou presque, si l'on considère l'exception formée par les quelques badauds ayant pu tomber au hasard d'une sortie nocturne dans un club de San Fransisco sur l'une des performances scéniques explosives du groupe, ou par quelques obscurs amateurs du pourtant-fameux label indépendant Bomp! Records, sur lequel le groupe est signé pendant l'essentiel de sa carrière et dont la qualité du catalogue n'est plus à prouver...

Le documentaire, qui s'attarde sur les débuts de carrière du BJM et des biens-nommés Dandys Warhols, présente pourtant le frontman comme un tyran illuminé, dont l'ego n'a d'égal que la débordante addiction à plus ou moins à tout ce que l'on peut trouver de drogues dans les rues de San Fransisco, certes talentueux (dans ses bons moments), mais, donc, trop bouffé par la dope pour assurer un avenir à son groupe. Mais, allez comprendre pourquoi, la carrière du bougre s'en est vue hautement améliorée, puisque soudainement, l'amateur moyen de rock avait entendu parler du BJM, et somme toute, trouvait probablement la formation plutôt cool. C'est ainsi que sortirent de l'obscurité de l'underground une poignée de très bons et tout aussi méconnus albums du groupe, enregistrés entre 1996 et 1998, (le BJM est extrêmement productif, puisqu'en l'espace de deux ans, ont peut effectivement parler d'une "poignée" d'albums) dont Take it From the Man!, Give it Back, Their Satanic Majesties' Second Request ou encore Thank God for Mental Illness. Inspirés du shoegaze anglais des 80's et de la british invasion des 60's (notamment dans son évolution psychédélique), influences quasi-obsédantes chez Newcombe, ces quelques albums sont, raisonnablement, à qualifier comme quelques-uns des plus honorables efforts en matière de psychédélisme discographique à dater des deux dernières décennies écoulées.

Pourtant, et c'est bien malheureux, depuis cette nouvelle accession de Newcombe au statut de musicien rentable, il n'a pratiquement rien produit qui soit de ce niveau. "Pratiquement", car Bravery, Repetition and Noise, sorti en 2001 sur Bomp! Records, constitue une exception notable à cette règle. Sensiblement mieux produit que la moyenne de la discographie du BJM (la production "home-made" étant l'une des particularités du groupe ; l'enregistrement de Thank God for Mental Illness n'aurait parait-il coûté que la modique somme de 17$ et 36 cents), ce disque, le premier après l'éviction du groupe de la major TVT, demeure sans aucun doute l'un des plus réussis du BJM.

Accompagné d'une petite dizaine de musiciens, (le line-up du BJM brille par son interchangeabilité, près de 50 personnes y ont joué...), Newcombe livre ici douze morceaux naviguant entre brit pop (l'introductif "Just For Today", "Telegram"), psychédélisme 60's ("Stolen", "(I love You) always") et shoegaze ("Let me stand next To your Flower"). Avec un rythme général en mid-tempo, le groupe fait ici des merveilles quant il s'agit de mettre en place des mélodies pop accrocheuses, comme en témoignent l'entêtant "Nevertheless", ou Newcombe se découvre un (faux) accent british, la ballade shoegaze "Sailor" ou le très bon "You Have Been Disconnected", où un duo orgue/flute mellotron installe une mélodie ensoleillée qui évoque le psychédélisme "bubble gum" de certains des morceaux des Dandy Warhols. La ballade acide "Open Heart Surgery" aux cœurs fantomatiques, qui juxtapose une ligne de guitare planante, marque de fabrique des enregistrements de Newcombe, sur des nappes de mellotron, ou le très hispanique "Leave nothing for Sancho" , dans la veine de ce que le groupe avait produit sur Thank God for Mental Illness, rappellent quant à eux les enregistrements du groupe datant de la fin des 90's. Bien que regroupant la plupart des influences majeures du groupe, Bravery, Repetition and Noise s'impose comme l'un des ensembles les plus consistants et cohérents jamais produits par Newcombe et sa clique à géométrie variable. S'appuyant sur des compositions solides et une production plus "propre" qu'à l'accoutumée, B,R & N reprend l'essentiel des codes établis par les précédents albums du groupe : voix éthérées, omniprésence de la guitare acoustique, orgue électrique en guise de décor sonore, guitares lead menant les morceaux, rythmique marquée et percussions étoffées. Un album très réussi en somme, qui synthétise le meilleur de la formation et clôt un chapitre de sa carrière puisque les sorties suivantes n'atteindront jamais vraiment le niveau de ce que le groupe produisait à la fin des 90's. Comme quoi, Newcombe était probablement plus inspiré quand personne ne s'intéressait vraiment à son groupe.
Thomas
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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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