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Compte-rendu de concert

The Black Angels


Date : 12/02/2011
Salle : Olympic (Nantes)
Première partie : Wall of Death
Nicolas, le 16/02/2011
( mots)

Pas de répit pour les braves. Après avoir patiemment tiré les vers du nez de Christian Bland et de Kyle Hunt (interview par ici), voilà qu'il me faut reprendre à rebours le dédale des couloirs obscurs de l'Olympic pour remonter vers la lumière, et sans me perdre, de préférence. Tâche plus ardue que prévu, mais finalement acquittée sans trop de casse. Enfin presque. "No bottles, man", me lance, goguenard, un croquemort à la sortie des loges des anges noirs en lorgnant salement sur ma bouteille de Stella Artois. Qu'à cela ne tienne, mec : cul sec, pas de temps à perdre ! Le bar de la salle est encore bondé de jeunes hippies qui méprisent cordialement la mise en bouche de la soirée, Wall Of Death, et il me faut donc jouer des coudes pour me frayer enfin un chemin jusqu'à la salle. Trop tard, les Black Angels sont déjà là. Quoiqu'à la réflexion, non, en fait. Si mes oreilles sont un temps abusées par des nappes de fuzz englobant une voix chamanique, il faut me rendre à l'évidence : il n'y a que trois personnes sur scène. L'illusion entre première et deuxième partie du set semble un temps parfaite, en tout cas jusqu'à ce que le guitariste-chanteur se lance dans un superbe solo à la David Gilmour. Surprenant, ce mélange de psyché oppressant et de rock atmosphérique floydien. J'aurai bien envie d'en entendre plus, mais le groupe a déjà vidé les lieux. Dommage.

Profitons-en pour gagner le devant de la salle. Ambiance bon enfant pour une assemblée plutôt jeune, 25 ans de moyenne d'âge à vue de nez, de la grande gigue post-pubère en T-shirt moulant à l'étudiant broussailleux reclus dans sa veste en skye. Par ailleurs, je suis étonné par le taux finalement assez élevé de demoiselles dans l'assemblée... comme quoi, les envolées extra-corporelles par amplis interposés, ça n'est pas réservé qu'aux mecs. La mise en place des instruments est assez rapide, et bientôt l'obscurité se fait tandis que les projecteurs illuminent une énorme toile représentant l'artwork fascinant de Phosphene Dream. Surprise : je comprends rapidement pourquoi Bland avait eu l'air étonné par mon allusion aux "Good Vibrations" des Beach Boys : c'est ce même titre, passé à la moulinette Black Angels, voix réverbérées, guitares alourdies, rythmiques hypnotiques, qui accompagne l'entrée sur scène d'un gang d'Austin nonchalant qui s'empresse d'enchaîner sur ses "Bad Vibrations". Bang ! Le son des anges est assourdissant, les guitares fuzzent à tout va, les frappes de la sautillante Stephanie Bailey matraquent les pavillons auditifs avec application, les nappes de synthé gorgées de Drone Machine se chargent de combler chaque interstice sonore resté encore vacant. Là-dessus, pas étonnant que la voix habitée d'Alex Maas peine tout d'abord à trouver sa place, chose très rapidement effectuée après un petit réglage de balance. Le titre envoie sévère, bien plus que sur album, et son accélération finale lâche sur la foule des déferlantes énergétiques contagieuses. Certains petits malins tentent alors de se lancer dans un pogo, mais c'est bien mal connaître le quintette que de croire que la soirée sera agitée. Très vite, "The Sniper At The Gates Of Heaven" remet les pendules à l'heure en larguant ses bombes psychédéliques anesthésiantes sur la salle. C'est en voyant mon voisin de droite extirper un énorme joint de la poche intérieure de sa veste et l'allumer avec gourmandise que je prends la température d'une soirée placée durablement sous le signe de la transe, et les quelques tentatives avortées de slam n'iront pas contredire cet état de fait.

Car c'est bel et bien de transe qu'il s'agit. Bien sûr, le volume sonore effarant - 100 à 105 décibels quasiment non stop pendant plus d'une heure et demi - y contribue, mais pas que. Tout, dans le jeu scénique des Black Angels, tend à coïncider avec l'élévation psychique et la déréalisation extracorporelle, entre pédales d'effets écrasées avec majesté, potentiomètres triturés dans tous les sens et postures scéniques ondulantes. Coincée derrière ses fûts, la miss Bailey, teint blafard et regard vitreux, secoue ses caisses sous les assauts spasmodiques de ses baguettes, tandis que la quatre cordes passe allègrement d'un Nate Ryan flegmatique en diable à un Kyle Hunt en pleine crise d'exaltation. Je peux constater avec étonnement que la valse des instruments se poursuit tout au long du concert entre les deux âmes précitées et un Alex Maas qui ne rechigne pas, à l'occasion, à malmener son clavier ou à pétrir la basse avec nonchalance. Seul Christian Bland, gaucher, gardera ses propres guitares tout au long du set, privilégiant d'ailleurs largement une imposante Rickenbacker dopée à la réverb'. Pour le reste, tout y passe : percussions tribales, tambourins, maracas, guitares électriques, basses (dont un exemplaire minuscule que je n'avais jamais vu auparavant), synthés, tous les instruments s'échangent au gré des titres et des nécessités, révélant ainsi des arcanes qu'on n'aurait pas imaginées aussi pointilleuses et rigoristes compte tenu du vacarme déclenché.

Le set, étonnamment, boude assez largement Directions To See A Ghost pour privilégier sans détour le séminal Passover, joué en intégralité à deux titres prêts. L'alternance entre les volutes âcres du disque noir et blanc et les morceaux plus concis du dernier opus se révèle au final une vraie réussite, évitant judicieusement d'assommer l'auditoire sous une longue litanie monorythmique et offrant quelques variations de durée et de format parfaitement à propos. Dommage que le percutant "River Of Blood" ait été écarté et que les digressions hindouisantes du deuxième album n'aient pas non plus été retenues... mais ne boudons pas notre plaisir, car il était impossible aux Black Angels de dérouler l'ensemble de leur catalogue. De toute façon, les fulgurances soniques de "The First Vietnamese War" et la puissance assourdissante de "Young Men Dead", poussant le volume sonore à un paroxysme proche de la rupture, ont tôt fait d'aliéner indéfectiblement l'ensemble de la foule. Bien sûr, Alex Maas tient une place de choix dans la machinerie des anges d'Austin, happant le micro avec introspection et prêchant inlassablement avec la ferveur chaleureuse de sa voix incantatoire. Le barbu à casquette réalise un sans faute impressionnant en trouvant le parfait équilibre entre présence scénique minimaliste et charisme contemplatif. C'en est à un tel point qu'il parvient à assurer le début du rappel en solo, juste après un "Telephone" survolté et chargé de redonner un coup de peps à l'assemblée. Là, Maas, seul avec sa guitare, plonge l'auditoire dans un recueillement admiratif... nul doute que l'on guettera avec avidité un éventuel futur album solo. Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin. Un bon coup du tubesque "You On The Run" et une petite resucée hallucinatoire de "Manipulation" mettent un terme à la messe des anges noirs. Libérés du masque de concentration qu'ils arboraient en pleine action, les cinq compères saluent alors le public avec un large sourire, visiblement ravis d'avoir mis l'ensemble de la salle dans leur poche. Pas sûr, en tout cas, qu'on les retrouve dans un endroit aussi confidentiel que l'Olympic à la prochaine occasion - quoique les Black Keys y passent encore le mois prochain, probablement pour la dernière fois. Raison de plus pour savourer à rebours ce concert hallucinant, dans tous les sens du terme.

 

Photos (Lilles, Aéronef, 7 février 2011)

Wall Of Death

The Black Angels

 

Setlist

Bad Vibrations
The Sniper At The Gates Of Heaven
The Sniper
Haunting At 1300 McKinley
Surf City (Revisited)
The First Vietnamese War
Better Off Alone
Phosphene Dream
Yellow Elevator #2
Black Grease
Mission District
Science Killer
The Prodigal Sun
Entrance Song
Young Men Dead
Telephone

Rappel
(Unknown)
Bloodhounds On my Trail
You On The Run
Manipulation
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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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