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Compte-rendu de concert

Savages


Date : 05/07/2017
Salle : Connexion (Toulouse)
Première partie :

Le Connexion Live est vraiment l'un de mes endroits favoris à Toulouse. Dans son ambiance neo-industriel et intimiste on y vit des moments forts avec des artistes variés. Et il faut dire que l'établissement a le chic pour s'attirer les perles indépendantes. Ce soir-là, c'était le groupe Savages qui nous faisait l'honneur de sa présence dans la ville rose.

Clément, le 10/07/2017
( mots)

Une deuxième pour moi qui les avait déjà vu à la Route du Rock en 2012 alors que le groupe n’avait pas sorti un seul album. L’expérience avait alors été plutôt amère, la faute à un clair manque de charisme des 4 rockeuses et à quelques maladresses. Entre nous, je n’aurais vraiment pas misé sur le groupe anglais mené par la française Camille Berthomier, plus connu sous le pseudonyme Jehnny Beth (il suffirait de demander à l’un de nos amis anglais de prononcer son vrai nom pour comprendre ce choix). Pourtant, l’année suivante sortait leur premier essai acclamé par la critique : Silence Yourself. Celui-ci avait d’ailleurs grandement convaincu Marc qui leur avait attribué une note très généreuse sur votre webzine préféré. A ce moment j’étais forcé d’admettre qu’il y avait matière à reconsidérer mon image de ce groupe qui semblait redonner ses lettres de noblesse au genre Post-Punk. Mais le véritable coup de poing en ce qui me concerne a été leur seconde galette : Adore Life. Une claque mémorable qui aurait rendu inexcusable mon absence à un tel événement que ce concert.

Ainsi, me voilà. La salle est comble alors que la queue continuait de déborder dans la rue. Le passage de Savages dans la capitale Occitane n’est visiblement pas passé inaperçu. Le groupe se fait tout de même désirer, d’autant qu’un premier constat est à faire rapidement : Le Connexion Live se transforme petit à petit en Sauna par cette chaleur estivale et à ce moment encore, nous étions loin de nous douter que la température allait exploser avec la performance du groupe féminin. Enfin, un sample d’introduction retentit et Gemma Thompson, guitariste et fondatrice du groupe, arrive sur scène pour faire rugir son instrument. Elle est vite rejointe par Ayse Hassan et Fay Milton respectivement à la basse et à la batterie. On reconnaît alors la rythmique du morceau “I Am Here“ du premier opus alors que Jehnny Beth apparaît plus provocatrice et sensuelle que jamais. Entre son look androgyne maintenant bien connu (cheveux courts gominés en arrière), et le fait que la chanteuse performe littéralement soutien-gorge apparent durant la totalité du concert, hypnotisant par la même occasion une bonne partie du public (faut dire ce qui est hein). La frontwoman fait alors preuve d’un charisme extraordinaire, dansant sur scène et soulignant chaque mot qu’elle prononce avec une sincérité folle. 2012 était clairement une autre époque. En 5 ans, la transformation est flagrante.

Après cette première mise en bouche, J.B redevient alors Camille Berthomier pour nous dire en français, sourire en coin, que la dernière fois qu’elles étaient venues au Connexion le morceau qu’elles s’apprêtaient à jouer avait provoqué un mosh pit (cette danse qui consiste à pousser ton voisin afin qu’il se mange son propre voisin etc. Tout un programme). Le public s’exécute donc sur “Sad Person“ dont le final a été revu pour le live. L’occasion pour votre serviteur de remarquer un détail non négligeable : la bassiste bouge. 5 ans plus tôt, Ayse Hassan n’avait absolument aucune présence scénique et *Insérer ici Dieu, Allah, Yavé ou Chuck Norris selon préférence* sait qu’un bassiste qui bouge, c’est important. Je vous renvoie d’ailleurs au très bon édito de Nicolas sur le sujet. A nouveau, Jehnny s’adresse à nous en français pour nous dire que Toulouse a très bonne réputation dans le milieu artistique, “Plus que Bordeaux vous savez“ affirme-t-elle en imitant une personne hautaine supposément bordelaise. Le public est hilare et la rivalité entre les deux villes entraîne une satisfaction générale palpable dans la salle du Connexion. C’est sûr, l’audience est dans sa poche.

Pour le reste, la chanteuse nous offrira encore davantage de sensualité sur “Husbands“, une introduction scènique magnifique sur l’excellent “Surrender“ et un premier slam parmi tant d’autres sur “The Answer“. Un enchaînement entre une rage féminine bien maîtrisée et exprimée, du spectacle (mention spéciale pour le “high-five“ de la chanteuse avec son ingé-son durant un slam), mais également des passages plus chiadés, artistiques voire même atmosphériques. On évoquera notamment l’énorme enchaînement “Mechanics“ et “Adore“. Des morceaux très forts de la formation mettant en avant un jeu lent et profond. Chaque musicienne semble possédée, en particulier la batterie qui offre quand même une performance exemplaire. 

Durant le morceau “Adore“, la chanteuse brandit son poing comme sur la couverture de l’album du même nom et nous offre le meilleur de sa voix si particulière. Celle-ci pouvant aussi bien exprimer toute la rage qui soit, que des passages plus lyriques. Cette dernière avait d’ailleurs fait une apparition remarquée sur le morceau “We Got The Power“ du dernier Gorillaz dans un registre totalement différent. La fin de “Adore“ est proche avec son crescendo très travailé. En certains points on jurerait un hommage au cultissime “I Wanna Be Adored“ des Stone Roses. Le public témoigne sincèrement l’étendue de sa satisfaction quand on perçoit que la basse est toujours là, rythmée, Ayse dansant sur place les yeux fermés. Jehnny Beth annonce alors un final sur le morceau “Fuckers“. Ce dernier étant paru sur un enregistrement live à part en 2014. Et quel final…

Qu’y a-t-il à ajouter sur cette performance des 4 sauvageonnes si ce n’est qu’elle fût certes courte (1h15) mais tellement intense. Le public est épuisé et regagne l’extérieur pour retrouver cette agréable vent frais du soir. Pour ma part je suis conquis, mais vous avez dû le comprendre. Sans vouloir faire d’amalgame, je pense qu’il se dégage quelque chose de particulier et même de fascinant d’un groupe féminin et ce concert n’a été qu’une piqûre de rappel pour nous dire que le paysage musical en manque cruellement. La dernière fois que j’avais été hypnotisé à ce point dans un autre registre, c’était avec Warpaint deux ans plus tôt. Alors chères lectrices, si l’envie vous venez de lancer un groupe, par pitié faites-le et faites-le à fond. Rock needs you ! 

Commentaires
Raphaelle, le 11/07/2017 à 12:13
Ca donne envie d'aller les voir oui.. Mais plutôt en hiver du coup ;) Par ailleurs ça pose l'éternelle question du sex appeal des rockeuses. Peut-être qu'un jour on devrait faire un dossier sur le sujet: les femmes dans le rock. Entre Alison Mosshart et Patti Smith, il y a un monde de rockeuses qui ont cherché à affirmer leur féminité sans en faire un argument marketing. Etre une femme dans le rock, c'est avant tout être une femme. Je pense à Izia à Solidays, moulée dans un micro short, en train de mimer des sons obscènes sur scène... C'était n'importe quoi. La différence avec les hommes est quand même très nette: on adule Radiohead alors que Thom Yorke est sacrément moche! Bon je sens que je me chauffe pour un dossier sur le sujet ...
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