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Compte-rendu de concert

Les Vieilles Canailles


Date : 05/11/2014
Salle : Bercy (POPB) (Paris)
Première partie :
Raphaëlle, le 10/11/2014
( mots)

Souvenirs d'enfance

Mon histoire avec Johnny a commencé au mois de de juin 2000. Il venait de faire son fameux concert sous la Tour Eiffel et ma grand-mère me dit alors doctement, avec le ton que seules les grands-mères savent prendre, "Ah quand même ce Johnny… C’est quelque chose hein". Je me suis dit qu’il faudrait peut-être un jour que je voie ça.

J’ai ensuite oublié l’admiration inattendue de ma grand-mère pour Johnny. Dans ma tête, il se situait quelque part entre Claude François et Britney Spears, catégorie chanteurs ringards sur lesquels on aime s’époumoner en soirée. Un soir de décembre 2010, j’étais à Bercy pour applaudir M pour un concert mythique (Retransmis en direct sur l’ancêtre de D17, M qui traverse la fosse de long en large puis qui réussit l’exploit de faire observer une minute de silence à toute la salle). Soudain, un rideau se lève, une silhouette s’avance, cette démarche inimitable… Ciel, c’est Johnny ! Un frisson électrique a parcouru la foule, pourtant pas forcément le public du vieux rockeur. M entama "Tanagra" et là, quelque chose de l’ordre du mystique s’est produit. Entendre Johnny hurler "Je suis fou de toi", c’est comprendre tout d’un coup pourquoi il y a des gens qui dorment avec son portrait tatoué entre leurs deux omoplates.

Les vieilles canailles : c'est parti

Voilà une longue introduction pour vous expliquer pourquoi je suis allée voir les vieilles canailles le 5 novembre. Le pitch, c’est Eddy Mitchell, Johnny Hallyday et Jacques Dutronc qui reprennent leurs grands classiques dans une ambiance de franche camaraderie. Profitons qu’ils soient encore vivants pour les rassembler dans un décor ringard, devant un public conquis et attendons de voir. A vrai dire, j'ai sauté sur l'occasion en voyant la vente. J'ai eu un petit sentiment amer quand j'ai réalisé que Johnny passait tout seul en tournée deux semaines plus tard mais le mal était fait.

Moyenne d’âge autour de 62 ans. La scène de Bercy est habillée d’un décor kitsch à souhait, ambiance des années 50, il y a une section cuivre au grand complet et même un bar. Les trois jeunes hommes entrent en scène et se placent derrière leurs micros. Le show est millimétré, autant de chansons par personne, autant de ligne par chanson, bref au début c’est un peu guindé. En tout cas Dutronc, caché ses derrières lunettes, un sourire incertain sur le visage, semble se demander un peu ce qu’il fait là. Eddy Mitchell est tout sourire et parfaitement à l'aise. Mais le plus fascinant, c’est l’aisance immédiate de Johnny. Dans une mécanique parfaitement huilée, il joue avec la fascination de son public, en jetant des petites blagues et des grands sourires.

Trois styles différentes

Si on veut être honnête, force est de reconnaître que ce sont les chansons de Dutronc qui ont le mieux traversé le temps. En témoigne cette reprise de "Il est cinq heures" en duo avec Eddy Mitchell : désuète et pourtant si délicate. Ce solo de clarinette, plus ringard tu meurs et pourtant… Sans parler de "Et moi, et moi, et moi", "la fille du Père Noël" ou "L’opportuniste" ! Objectivement, Dutronc n’est pas vraiment une bête de scène et si sa voix tient encore la route, on le sent diminué par les années.

Quant à Eddy Mitchell, je n’en connaissais quasiment aucune chanson. Il livre des prestations décontractées, entre la rage de Johnny et la retenue de Dutronc, sa voix presque intacte après toutes ces années. Dans l’ensemble je trouve ça sympathique mais ce n’est pas ma tasse de thé.

Au bout de la quinzième chanson, l’ambiance est encore plutôt calme. Il faut dire qu’on ne fait pas lever Bercy en claquant des doigts, encore moins quand la fosse est remplie de places assises. Le public se contente donc d’applaudir au début des chansons, de rire aux blagues parfois un peu forcées des trois compères et de s’agiter sur le siège. Après le moment seul sur scène de Dutronc et de Mitchell, c’est donc Johnny qui clôt le bal. Il empoigne une guitare pour entamer "Gabrielle".

Abemus Johnny

Au milieu de la chanson, il se passe (enfin!) quelque chose d’assez exceptionnel. Le joueur d’harmonica se lance dans un solo interminable tout en exhortant la fosse à se lever. Miracle, la fosse réagit, les gens se pressent au premier rang. Immense respect au type qui a dû connaître un moment d’ivresse en faisant lever tout Bercy avec son petit harmonica. Evidemment on peut se demander pourquoi l’une des trois canailles ne s’est pas donné cette peine plus tôt, mais bon, ils ne sont plus tout jeunes les pauvres. Délire total de la foule qui crie "mourir d’amour enchaîné" en levant les bras en croix comme un seul homme.

Johnny enchaîne alors avec les "portes du pénitencier". Tout comme toute personne un peu renseignée, je préfère la version anglaise des Animals et son solo de clavier. La version de Johnny laisse un peu à désirer niveau paroles mais en live, c’est chair de poule garantie. Johnny impose autre chose, avec son brushing ringard, ses rides, son lifting, sa gueule fatiguée. Bercy tout entier est suspendu à sa voix, à sa puissance rauque. On est enfin debout et on ne va pas tarder à se rasseoir à la chanson suivante. Faut pas rêver non plus.

Malheureusement pas d’allumer le feu ce soir, à mon grand regret. Après un trio sur toute la musique que j’aime, les trois rigolos disparaissent et Bercy se vide en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Maintenant on peut se demander si tout ça valait vraiment la peine de payer près de 100€ pour assister à ce spectacle touchant, amusant mais malgré tout très policé.

Set list :

C’était pourtant vrai / les Playboys / les Cactus / l’Opportuniste / la Fille du père Noël / J’ai Oublié de vivre / J’aime les filles / Le cimetière des éléphants / Lèche-botte blues / Excuse-moi / Dead or Alive / Be Bop A Lula / Il Est Cinq Heures / Couleur Menthe à l’Eau / Gabrielle / Le Pénitencier / On Veut Des Légendes / Tennessee / Vieille Canaille / Et moi, et moi, et moi / Pas de Boogie-Woogie / Toute la Musique

 

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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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