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Compte-rendu de concert

Archive


Date : 02/11/2014
Salle : Grand Rex (Paris)
Première partie :
Raphaëlle, le 05/11/2014
( mots)

C’est à une soirée hors du commun que je me suis retrouvée ce dimanche 2 novembre. Au début, je pensais simplement assister à un concert d’Archive… Grossière erreur !

Premier indice qui aurait dû me mettre la puce à l’oreille, la soirée était au Grand Rex et le mécène, Audi, n’était pas des moindres. En fait de concert, on a eu droit à une soirée mêlant habilement musique et cinéma. La première partie se consacrait à un hommage à trois compositeurs de musique de film : Jean-Michel Bernard, Fernando Velazquez et Michael Giacchino.

Ma culture cinématographique se limitant grosso-modo aux comédies romantiques et aux blockbusters, inutile de dire que je me suis faite toute petite en espérant qu’on n’allait pas passer la soirée à parler technique. Heureusement pour moi, ce genre de débat avait eu lieu la veille à la Gaité Lyrique. Ce soir-là donc, peu de débats mais beaucoup de musique. Isabelle Giordano animait l’ensemble avec aisance, conviant les compositeurs sur scène pour leur poser deux ou trois questions. Ensuite, la place est donnée à la musique et d’une façon époustouflante : le Paris Symphonic Orchestra a interprété les bandes originales pendant que des extraits des films défilaient à l’écran.

On a eu donc droit à du pointu avec Jean-Michel Bernard et Michel Gondry (La science des rêves, Soyez sympa, rembobinez ou Human Nature) et du grand public avec Fernando Velazquez et sa musique grandiloquente (Hercule, The Impossible). Michael Giacchino n’était pas présent mais sa musique a été honorée avec pas moins de 6 extraits ! Il y en avait pour tous les goûts, entre les dessins animés de Pixar (Là-haut, the Incredible), les films d’action (Mission Impossible 3, Star Trek into the Darkness, La planète des singes : l’affontement) et même les jeux vidéo (Medal of Honor).

A ce moment-là de la soirée, il est déjà 22h. Le temps d’un entracte, l’orchestre au grand complet s’en va et les roadies font preuve de leur efficacité en installant le matériel d’Archive. Ces derniers sont venus présenter Axiom, leur Ep de 7 titres balancé en mai dernier. Il s’agit aussi d’un court-métrage réalisé par Nysu (comme vous vous en doutez, je ne connaissais pas…) qui incarne, selon les mots de Darius Keeler, "la vision que Nysu a de leur musique". Tout un programme. Albumrock avait livré une chronique plutôt positive de l’album correspond, intitulé Axiom également, donc j’avais hâte de voir cette fameuse mise en image. Comme d’habitude avec Archive, on n’est pas là pour rigoler et le film installe tout de suite une ambiance angoissante à souhait. Léger malaise dans le Grand Rex, fini de rire devant les pitreries des héros de Pixar.

La métaphore de la religion et de l’oppression est filée tout au long du disque, dans les paroles comme dans la musique en elle-même. Quant au film, divisé en chapitres qui correspondent chacun à une plage du disque, il explore ces thèmes plus en profondeur. Nous voici plongés dans un monde futuriste ou peut-être parallèle, où un gourou contrôle implacablement le peuple en lui dictant le bon sens et la morale. Il utilise régulièrement le son de cloches comme instrument d’épuration des résistants, car le son des cloches tue tous ceux qui ne se sont pas mis à l’abri. Seuls les "deafs angels" peuvent se dresser face à lui et à sa milice. Censure, méfiance, oppression. On pense évidemment au classique du genre, le roman 1984 de George Orwell. Quant à la transformation physique qu’impose le gourou, à l’aide de trois petites pilules, elle fait écho à W ou le souvenir d’enfance de Georges Pérec.

Voilà pour le décor. Je vous avais prévenus, on n’est pas là pour rigoler. Non anglophones s’abstenir, tout est en anglais et sans sous-titre. Pour la petite âme sensible que je suis, l'ensemble paraît assez violent, voire même carrément insoutenables pour une certaine scène de torture. Je connais même le doute, du genre que suis-je allée faire dans cette galère. Heureusement il suffit alors de fermer les yeux et de se laisser bercer par la puissance de la musique en attendant.

L’accord entre musique et image est tout simplement renversant et le résultat de cette fusion est un film sublime (car oui j’ai réussi à rester jusqu’à la fin). Certes, la violence est poignante à l’écran mais au fond, elle ne fait qu’incarner celle qui sous-tend l’œuvre des Londoniens depuis vingt ans. La scène finale fait penser aux clips de Woodkid pour le noir et blanc et les plans ralentis qui atténuent le choc du combat, le faisant presque passer pour une danse chorégraphiée.

Le thème de la lutte contre l’oppression semble éculé et pourtant, en près de 30 minutes, la magie opère. On est pris par l’angoisse sourde qui se dégage de ces plans si esthétiques. On savait que la mise en image intéressait Archive depuis leur participation à la B.O. de Michel Vaillant mais avec Axiom, les Anglais accèdent à un statut bien supérieur. Cette fois, l’image habille leur musique, s’en nourrit et s’en inspire directement. Une des grandes qualités de leur musique est justement cette incroyable capacité à se transcender. De simple mélode, leurs créations sont des vecteurs pour que chacun développe un imaginaire et le film de ce soir a prouvé jusqu’où la richesse de leur son pouvait amener.

Bonus pour ceux qui ont tenu jusqu’au bout : Archive nous interprète ensuite trois titres triés sur le volet. Parmi leur discographie globalement oppressante, ils ont choisi quelques pépites anxiogènes à souhait : Pills, Conflict et Dangervisit. A la fin du film, les premières notes de Pills retentissent et Maria Q arrive sur scène pour interpréter le premier titre de l’avant-dernier album. C’est toujours un immense plaisir de voir Archive interpréter leurs titres en live. Leur musique semble se déployer dans le Grand Rex, l’emplir de toute son angoisse. La voix de Maria Q, puissante et grave, guide le groupe avec habileté sans jamais se noyer dans le déluge de sons. 

Puis David Pen entame un Conflict survitaminé, au bord de l’explosion. Pendant ce temps, le claviériste entame son habituelle choré derrière ses claviers, hilare. On a rarement vu quelqu’un autant apprécier le son que son groupe est  en train de livrer.

Et pour que personne ne soit jaloux, Pollard Berrier interpète Dangervisit qui se finit en apothéose en répétant "Feel, trust, obey" en boucle. 

Sur ces quelques morceaux, le concert s’achève, la salle est debout et acclame ses héros. Une piqûre de rappel, si jamais c’était nécessaire, qu’Archive livre des performances scéniques envoûtantes. Pour les parisiens, ils repassent avec un nouvel album fin Octobre 2015. A bon entendeur…

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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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