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Chronique Livre

Dave Mustaine


Auteur : Dave Mustaine & Joe Layden
Editeur : Camion Blanc
Date de sortie : février 2011

Langue : Français
"Splendeur et misère d'une icône thrash"
Jerome, le 15/04/2011
( mots)
Décidément, les anciennes gloires du hard-rock et du métal ont plus que jamais le vent en poupe. Il n’y a qu’à voir : les Big Four Of Thrash se sont reformés et sillonnent le globe depuis plusieurs mois, les artilleurs d’AC/DC sortent, entre deux stades, coffret sur coffret et il ne se passe pas un mois sans qu’une nouvelle rumeur vienne alimenter les espoirs des fans de la première heure des Guns’n Roses. Résultat, tout le monde se bouscule au portillon pour essayer d’apporter sa petite contribution, son maigre témoignage ou sa vision des choses tout en essayant, au passage, de grappiller quelques miettes. Et le petit monde de la littérature n’est pas en reste. Car après s’être fendu la poire avec Ozzy ou fait une petite virée en compagnie de Metallica, de Slayer ou de la bande à Axl Rose, le lecteur qui souhaite continuer son apprentissage n’a que l’embarras du choix tant les sorties se succèdent : Slash, James Hetfield, Angus Young, Vince Neil... Chacun à droit à sa petite histoire, à sa petite (auto)biographie alors que pour la plupart, l’heure de tirer sa révérence n’est même pas encore arrivée. L’intérêt ? Battre le fer pendant qu'il est encore tiède. Du coup, il a bien fallu faire un choix.

Et autant opter pour la quatrième de couverture qui semble la plus prometteuse. A ce petit jeu, le guitariste maudit Dave Mustaine remporte la palme haut la main. Ne serait-ce que parce qu’on s’imagine que le type va tirer dans tous les sens histoire de régler ses comptes avec le plus grand nombre de personnes possible, et surtout avec son ancien collègue Lars Ulrich. Car s’il y a bien une chose que l’on sait sur MegaDave, hormis le fait qu’il se soit fait lourder par Metallica juste avant le début du succès, c’est que l’artiste est avant tout une grande gueule ingérable à tendances dictatoriales. Pour s’en rendre compte, il suffit de faire le compte des musiciens ayant œuvré dans sa formation. Pas moins de dix-huit. Presqu’autant que le nombre de cures de désintoxication auxquelles il aura participé. C’est pour dire. Car si Megadeth a été créé sur les cendres encore fumantes de son divorce jamais consommé d’avec les Four Horsemen, il faut bien comprendre que la formation n’a rien d’un groupe. Il faut plutôt voir en elle un projet solo dont les musiciens additionnels changeront au fil des envies du maître. Et au sein de laquelle chacun sera rémunéré à hauteur de sa participation. Tu créer, tu touches des royalties. Tu te contentes de jouer, tu te contenteras d’un pourcentage sur le cachet des concerts. T’es pas content, tu dégages.

Pour revenir aux attentes d’un tel ouvrage, bizarrement, et ben non. Mustaine n’en profite pas pour tirer à vue sur la terre entière. Même si certains en prendront un peu pour leur matricule, notamment Jon Nödtveidt, chanteur du groupe Dissection aujourd’hui décédé et quelques-uns de ses anciens musiciens. L’idée est tout autre. A travers ces lignes, on est plus près des mémoires de Mustaine l’artiste que du règlement de compte. Le premier chapitre annonce d’ailleurs rapidement la couleur en s’attardant d’entrée sur l’accident idiot qui sera à deux doigts de lui couter sa carrière, et qui aura pour conséquence la première dissolution de Megadeth et une sérieuse remise en question concernant son mode de vie et ses priorités. Qui aurait cru qu’après une enfance aussi stricte, après avoir sillonné le globe et repoussé les limites du thrash métal, et après avoir ingurgité des quantités incalculables de drogues et d’alcool, Mustaine allait finir par se tourner vers la religion, se désintoxiquer et laisser Megadeth s’éteindre petit à petit pour mieux se consacrer à sa famille ? Même si le groupe prend part à la réunification des Big Four Of Thrash, entre un dernier album intitulé Endgame et un livre de la sorte, l’aventure d’un des fers de lance du thrash metal semble plus que jamais toucher à sa fin.

Reste quand même cette petite pointe de rancœur, cette petite ombre au tableau que représentent Metallica et surtout Ulrich, son meilleur ennemi. Et là aussi, Mustaine ne cherche pas à minimiser ses sentiments. Il le dit lui-même. La plus grande partie de sa vie artistique n’a été dictée que par deux choses : sa soif de reconnaissance et de célébrité, et une furieuse envie de revanche vis-à-vis de ceux qui l’ont jeté comme un malpropre. Pour preuve, il n’hésite pas à avouer ne pas s’être senti capable d’aller assister à l’intronisation de son ancien groupe au Rock And Roll Hall Of Fame, tout simplement parce qu’il n’était pas fait mention de sa participation à l’œuvre du groupe. Il ne se cache pas non plus pour reconnaître que, même à l’apogée de sa gloire, son ressenti était plus fort que tout. Imaginez. Même quand sort Countdown To Extinction lors de l’été 1992, c'est-à-dire son meilleur album qui atterrira directement à la deuxième place des ventes aux Etats-Unis et s’écoulera à plus de deux millions d’exemplaires, il n’arrivera pas à savourer pleinement l’évènement tout simplement parce que Metallica à fait un carton plus grand un an avant, avec le fameux Black Album. Bon, d’accord, ils réussiront à en à vendre quinze fois plus. Mais quand même.

Reste qu’à travers cette autobiographie écrite à deux mains, l’artiste s’étant fait aider de Joe Layden pour mettre tout cela en forme, Mustaine apparaît tel qu’on se l’imagine. Comme un artiste franc et direct qui, comme il l’avoue lui-même, à eu une vie plutôt compliquée, mais qui a toujours tout fait à l’instinct et selon ses envies. Et si le guitariste semble aujourd’hui en bonne voie pour se ranger définitivement, le seul leitmotiv qu’il pourrait encore avoir restera à jamais cristallisé dans la silhouette d’Ulrich et des siens. Car si les Four Horsemen sortent un jour de leur léthargie pour pondre le disque de thrash ultime, allez savoir quelle sera la riposte de MegaDave.
En savoir plus sur Megadeth, Metallica
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Black Mountain


Destroyer


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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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