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Billet Festivals

Fnac live: peut mieux faire !


Raphaëlle, le 17/07/2015

A Albumrock, nous sommes exigeants et un tantineur râleurs. Ce mois-ci, nous avons les festivals dans le colimateur : vous l’aurez compris en lisant l’édito de Nico, le live report des Eurock d’Etienne et mon live report de Solidays. Parfois, les organisateurs font des choix douteux en terme de programmation, d’horaires de passage, de réglages sonores et de priorités (comme de ne pas assez fournir d’eau en pleine canicule…). 

La grogne ne s’arrête donc pas en si bon chemin puisque j’inaugure mon premier billet dans cette rubrique par une protestation à l’encontre d’un festival. L’objet du courroux est cette fois le Festival Fnac Live, organisé sur le parvis de l’hôtel de ville à Paris. Tout avait plutôt bien commencé. En cette période estivale, on peut trouver des places assises dans le métro aux heures de pointe, signe que les parisiens sont partis en vacances. Pour ceux qui n’ont pas cette chance, se voir offrir la possibilité de profiter de concerts gratuits en plein Paris est un lot de compensation plutôt agréable. Surtout quand on voit les têtes d’affiche du cru 2015, du genre éclectique mais pointu et de bon goût. Tout ce qu’il faut pour ravir un public parisien snob comme il se doit. 

Mercredi 15 juillet: Ibeyi et Brigitte

Mauvaise surprise : finalement, les parisiens sont encore à Paris ! La foule est compacte mais remuante, car les gens ne cessent de vouloir aller et venir. Les chanteuses Ibeyi ont le soleil dans les yeux et il se reflète sur les écrans géants. Par un phénomène physique relativement simple, on comprend bien que les reflets empêchent d’y voir quoique ça soit sur lesdits écrans, positionnés de toute façon beaucoup trop bas. Il ne reste plus qu’à nager dans la foule pour aller vers le bar. 

De façon totalement incompréhensible, les autorités n’ont pas décidé de fermer la rue qui longe la moitié du parvis. De sorte que des voitures frôlent les festivaliers tandis que des policiers s’évertuent à contenir la foule pour libérer un passage pour les voitures ! On croit rêver ! Quel est le parti pris : libérer de la place pour un événement culturel, ou renoncer devant le sacro-saint droit des automobilistes à circuler partout, même dans une petite rue ? Quel amateurisme… 

Pendant ce temps, les deux chanteuses tentent tant bien que mal d’installer leur musique très particulière, inspirée de chants en yoruba (minute cours d’histoire : lorsque les esclaves nigériens ont été déportés à Cuba, ils ont entretenu la mémoire de leur musique et de leur langue, les sœurs d’Ibeyi tiennent aujourd’hui à perpetuer cette tradition en chantant dans cette langue ancienne). Leurs voix sont magnifiques et parfaitement maîtrisées, mais le public assommé de chaleur semble bien difficile à emporter. Pourtant, les franco-cubaines se donnent du mal en s’adressant en français à la foule (mais combien de langues maîtrisent-elles ?!). Puis vient Brigitte avec leur habituel cocktail de chansons pop et de bonne humeur. La foule leur fait d’ailleurs un triomphe.

Jeudi 16 juillet: Christine and the Queens

Pas rancunière, je décide d’aller tâter la température pour Christine and the Queens jeudi 16 vers 23h. Dans la mesure où dès 17h, des gens tweetaient pour dire qu’ils attendaient leur reine sur le parvis, je me doutais bien que ça serait noir de monde… Mais quand même pas à ce point-là !

Impossible d’accéder à l’espace devant la scène, il y a un monde fou, des barrières de fortune et des policiers encore plus sous pression que la veille. Et pour cause… Cette fois, la petite rue a été fermée à la circulation, mais pas le grand axe (la rue de Rivoli) qui suit la Seine ! (à ce stade-là,  la carte illustrative étant partie en vacances, soit vous allez sur google maps… Soit vous êtes parisiens !). Je reste donc postée de l’autre côté du grand axe à me tordre le coup pour apercevoir un bout de la scène. A 23h, Christine la reine fait enfin son entrée. Et quelle entrée ! Les mots me manquent pour décrire le tableau époustouflant. Le petit bout de femme danse à la perfection et chante d’une voix assurée et puissante. Elle virevolte d’un bout à l’autre de la scène, véritable boule d’énergie dont le mal-être ne demande qu’à s’exprimer sur scène. Enfin, de ce que je vois de la scène. Car non seulement je suis mal positionnée mais comme il y a un axe de circulation entre la scène et moi, lorsque le feu passe au vert, je vous laisse deviner ce qui se passe… Cela donne lieu à des situations un peu brin absurdes : je suis happée par le début de la chanson, un poids-lourd "Blanchisserie Lesourd" s’arrête devant moi, stationne 30 secondes, redémarre, je me remets dans la musique, un scooter vrombit à mes oreilles, etc. Pendant les rares instants où j’aperçois Christine and the Queens, je suis distraite par le ballet des policiers affolés, affairés à rattraper un touriste chinois par le fond du pantalon tout en faisant des moulinets aux automobilistes excédés. 

Un concert gratuit est un concert dangereux?

Je vous entends déjà me rétorquer que le concert a le mérite d’être gratuit et qu’il permet de voir ses musiciens favoris sur scène au cœur de Paris dans un décor grandiose (l’hôtel de ville de Paris n’étant pas le bâtiment le plus laid de la capitale, loin s’en faut). Je vous répondrai que tout cela est vrai, mais que si cela doit être fait au dépend de la sécurité alors tout le monde est perdant. Les spectateurs ont le sentiment que pour avoir de la qualité, il faut forcément payer. Les artistes sont forcément lésés par un auditoire compressé par le manque de place. Les organisateurs passent pour des amateurs, sans parler des autorités qui semblent incapables de prendre la mesure de l’événement ! Cela ne semble quand même pas très compliqué, en 2015, de penser à sonder les réseaux sociaux pour se faire une idée du nombre de personnes intéressées ! 

A l’heure où j’écris ces lignes, le festival a repris ses droits sur le parvis. Dominique A jouera en début de soirée. Il y aura aussi the Shoes. L’affiche est tentante mais je ne ferai pas avoir un troisième soir. Pour voir mes artistes favoris, je mettrai la main au porte-monnaie. En attendant, pour me consoler, je remercie la personne charitable qui a eu le bonne idée d’ennuyer ses voisins en filmant l’intégralité du concert de Christine and the Queens. Si vous voulez voir une française mettre une fessée à Beyoncé, ça se passe à 9’57. Sans rancune, rendez-vous en 2016, en espérant que les organisateurs sauront cette fois anticiper leur succès !

 

En savoir plus sur Christine and the Queens, Ibeyi, Brigitte

Commentaires
Etienne, le 20/07/2015 à 14:15
Ravi de voir que Christine & the Queens est toujours magique sur scène ! Le concert surpasse l'album, et de loin.
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Album de la semaine

Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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