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Billet Albumrock

Edito septembre 2015 : Poulains vs Impala, reste-t-il encore de la place pour un challenger ?


Nicolas, le 04/09/2015

Une fois n’est pas coutume, délaissons quelque peu les considérations générales pour nous intéresser d’emblée à l’actualité des prochaines sorties d’album. Rarement mois de septembre aura été plus excitant en terme de rock n’ roll, raison de plus pour brosser un premier bilan de 2015 quant aux sortie d’ores et déjà marquantes, et de voir ce qui se profile d’ici à Noël. Mais sachez que, quoi qu’il puisse se passer et même si on s’attend encore à de belles surprises durant les quatre prochains mois, la messe de 2015 est d’ores et déjà dite, et étonnamment, tout s’est passé durant l’été alors qu’il s’agit habituellement d’une période de disette discographique. Si donc vous avez offert des vacances estivales à votre chaîne hi-fi, on ne peut que vous conseiller d’opter pour des devoirs de rattrapage, même si on ne niera pas aux dernières livraisons de Chelsea Wolfe, Tracer, Mademoiselle K, Napalm Death, Serpent Power, Alabama Shakes, Other Lives, Death Cab For Cutie, Steven Wilson, Susanne Sundfor, Carl Barât and the Jackals, Marilyn Manson ou encore Vietcong d’irréfutables qualités, chacune dans son style.

C’est tout d’abord en juillet que Kevin Parker s’est rendu coupable du premier véritable KO de l’année. On savait que Tame Impala était un projet excitant, on savait que le jeune australien était capable de transcender le psychédélisme à l’ancienne pour le restituer avec talent et force - Innerspeaker et Lonerism nous l’avaient déjà montré - mais on ignorait encore qu’il pouvait à se point se montrer pertinent. Il n’a fallu qu’un seul morceau pour mettre tout le monde d’accord, et il n’est pas vain d’affirmer que “Let It Happen” a tout du titre définitif. Sémillant, dansant, totalement habité par la voix suave et hallucinée de Parker, la pierre angulaire de Currents se permet le luxe de faire durer le plaisir en faisant preuve d’une maestria, d’une justesse de ton, d’une inventivité jamais mises en défaut. Mais l’album n’est pas en reste, ratissant ses guitares pour sublimer une pop rêveuse et finaude comme on n’en a plus vu depuis… pfiou, des années. Et si les deux précédents disques de l’éphèbe maniaque des studios, de par leurs tics de genre, étaient voués à égayer les oreilles des auditeurs avertis, ce disque-ci pourrait bien faire un malheur dans une population bien plus vaste. À bon entendeur… mais alors que l’on voyait déjà l’impala apprivoisé arriver largement en têtes de vos classements de fin d’année, un groupe de poulains anglais est venu semer une sacrée pagaille dans nos pronostics.

On mentirait si on vous disait que l’on plaçait de grands espoirs sur les Foals. Même si Yannis Philippakis et sa bande de hipsters ont su se mitonner une carrière confortable, forte d’une assise math rock futée, d’un sens certain de la rythmique qui fait mouche et d’un refus des facilités inhérentes au star system, on sentait déjà qu’Holy Fire marquait un pas qui devait a priori conduire la fine équipe en droite ligne vers les abysses musicales. Et on n’osait croire les rumeurs qui précédaient un What Went Down promis comme étant le Saint Graal version Oxford, le nouvel OK Computer du rock intello à tendance mainstream. Encore un délire de critiques en mal de sensationnalisme ? Le verdict, à peine quelques jours d’écoute plus tard, est pourtant tombé : Foals, non content de livrer son meilleur album, transcende son style en s’ouvrant à une vraie fougue rock n’ roll, une vraie lourdeur dans le traitement, sans pour autant renoncer à son identité et à son ambition sonore. Cohérent de bout en bout, pertinent jusque dans ses derniers retranchements, ce quatrième album surpasse même formellement le coup d’éclat du vaudou australien. Toujours est-il que ceux qui vont débarquer après de tels disques n’auront qu’à bien se tenir, parce que la barre a été placée très haut.

S’il y a bien une raison de se réjouir de ce double succès, c’est que l’on peut enfin commencer à sentir la couleur qu’est lentement en train de prendre cette décennie 2010. Fini le grunge des 90’s ou le revival garage des 00’s, le rock qui se joue en ce moment se rit des modes. Les influences, loin d’être vénérées et recopiées, ne constituent qu’une base de travail vouée à être moulue, broyée, mixée lors des séances de travail et transformée en une matière complètement neuve. On a bien vu que le revival, pourtant porteur de précieux espoirs en des lendemains qui chantent, a fini par se mordre copieusement la queue, incapable de transcender les modèles qu’il s’est évertué - et qu’il s’évertue toujours - à recopier. D’où la nécessité d’aller de l’avant et de sortir des moules préconstruits. C’est aussi vrai pour Foals qui doit autant à Radiohead qu’aux Clash que pour Tame Impala qui ne serait rien sans les Flamming Lips et Britney Spears, et on caricature à peine. L’artiste rock de 2015 est un enfant du mp3, un type biberonné au téléchargement illégal ou au streaming, un mec capable de mûrir dans son encéphale ce qu’il entend et accommoder cette matière gigantesque à sa sauce. Autre point important, l’accession à un succès de masse ne se fait plus de but en blanc, la musique devant d’abord maturer le temps de deux ou trois albums - ou plus - avant de livrer sa pleine quintessence. D’autant que l’anonymat dont ont souffert les Black Keys ou les White Stripes à leurs débuts n’existe plus : Internet démultipliant les sources d’écoute et les relais d’information, et même si les phénomènes de mode et de mouvement ne jouent pour ainsi dire plus du tout, le moindre type ayant un minimum de talent est assuré de connaître rapidement un succès au moins confidentiel. Ainsi donc, tout semble possible en cette décennie, et il sera de fait d’autant plus difficile de prédire d’où viendront les prochaines perles de nos discothèques. Raison de plus pour demeurer à l’affût.

Alors, comment se présente la rentrée, ma bonne dame ? Oh, mais fort bien, on vous l’a dit en préambule. Le nombre d’albums vecteurs de promesses d’excellence - réelles ou fantasmées - nous apparaît presque déraisonnable. On n’aura d’abord de cesse de surveiller les rocks de genre qui, chacun dans leur catégorie, voient revenir des cadors qui n’ont plus rien à prouver et de petits nouveaux qui vont essayer de voler les lauriers de leurs aînés. C’est particulièrement vrai pour le metal, où les Motörhead, Slayer et Iron Maiden vont devoir batailler ferme pour résister à l’ascension que l’on sent irrésistible de Parkway Drive, sans problème l’un des “nouveaux” groupes les plus intéressants de la musique heavy. Du côté de la perfide Albion, si l’on suivra avec sympathie les émoluments du rescapé Kelly Jones avec ses Stereophonics, on sera surtout curieux de goûter à un nouveau cru des Libertines après deux albums essentiels mais qui commencent à dater et un Carl Barât and the Jackals qui, en début d’année, nous a fait bigrement plaisir. Et nous n’oublierons pas non plus de nous intéresser à New Order, eut égard au statut culte de la bande à Sumner, même si Joy Division et Ian Curtis ne sont plus que des fantômes, même si le lustre avant-gardiste des 80’s conquérantes s’en est allé et même si Peter Hook a définitivement claqué la porte de l’esquif. Allez, on peut vous le dire, maintenant : après le dossier R.E.M. que nous venons tout juste de mettre en ligne, nous vous proposerons bientôt de vous pencher sur le Nouvel Ordre mancunien. Et n’allez plus nous dire que nous délaissons les 80’s.

Septembre apportera également son lot de disques solos sensés nous faire oublier des formations mythiques ou presque. À commencer par un David Gilmour qui se fait bien trop rare et dont le dernier On An Island a surpassé nombre d’albums estampillés Pink Floyd, même si son “Rattle That SNCF Lock” nous a quand même laissés songeur. Mais il y aura aussi Chris Cornell qui aura la double tâche de faire oublier son ridicule Scream, une casserole dont on a du mal à ressortir indemne, et de ne pas ternir le lustre à nouveau rutilant de Soundgarden après un King Animal franchement pas moche du tout. Au fait : aux dernières nouvelles, Cornell voudrait reformer Audioslave. Mouais, on cachera pudiquement notre joie. Enfin, nous surveillerons d’autres artistes solo au cours des prochaines semaines, qu’ils aient participé à des projets d’importance ou qu’ils aient uniquement brillé de leurs propres ailes. Si on fera probablement l’impasse sur la très médiatique et surcotée Lana Del Rey, on verra ce qu’il ressort des prochains Kurt Vile, Lou Barlow ou Gary Clark Jr, aussi différents qu’ils sont intéressants.

Ne faisons pas l’impasse sur les plus ou moins grosses chapelles, comme celle du pop rock avec un Metric qui devra faire aussi bien avec Pagan In Vegas que l’excellent Synthetica, du revival sabbathien qui verra Kadavar ferrailler contre The Sword, du progressif habité avec les toujours impeccables Riverside, du punk avec les transgenders Against Me!, et on n’oublie bien sûr pas la bataille des side projects garages enfumés opposant les ennemis jurés Jack White (troisième opus des Dead Weathers) et Dan Auerbach (premier disque de The Arcs). Vous le voyez, il y en a pour tout les goûts, et encore on en oublie. Il est plus que jamais temps de faire chauffer vos platines, d’autant qu’octobre, déjà, s’annonce sous les meilleurs auspices. Qui a dit que le rock moderne n’avait plus rien à dire ?

Commentaires
Raphaelle, le 06/09/2015 à 11:05
Oui, cet édito est enthousiasmant ! Personnellement, mes affinités vont plutôt vers Foals... D'ailleurs, je n'avais pas trouvé Holy Fire surcôté, mais accessible (plus que Total Life Forever!) et groovy. Quant aux impalas, j'ai toujours trouvé leur musique maniérée, trop chargée. Mis à part le brillant 'Let It Happen', les dernières livraisons confirment mon sentiment ! Hâte d'écouter le nouveau Libertines, mais aussi hâte de vous parler du dernier Beach House... Sans oublier le nouveau Luke !
Etienne, le 06/09/2015 à 00:54
A la lecture de ce bel édito, on peut se dire qu'on est gâté ! La guerre va faire rage entre Tame Impala et Foals c'est sûr. Mon coeur est clairement du côté de Kevin Parker et sa bande, et les gars d'Oxford ont bien du mal à me convaincre de leur génie... A voir avec le temps. En cette rentrée, on veillera à ne pas oublier ces bon vieux Maiden qui viennent de sortir un très grand album. Bref que du bon, et un peu de moins bon, qui donneront matière à s'écharper en bonne et due forme.
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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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