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Billet Festivals

Edito juillet 2015 : À nos chers festivals


Nicolas, le 08/07/2015

Juin vient à peine de s’achever, et alors que la rédaction a turbiné durement pour vous livrer ses dossiers Folk et Who en temps et en heure, vous pourriez penser qu’elle va s’autoriser à prendre quelques vacances bien méritées. Détrompez-vous. Les chantiers s’enchaînent, et alors que l’été est généralement pingre en sorties de qualités - quoiqu’il vous faudra particulièrement surveiller Foals et Tame Impala dans les semaines qui suivent, Albumrock planche déjà sur ses prochains travaux. Direction les années 80, tout d’abord, avec une disco R.E.M. qui tâchera de vous faire mieux connaître l’oeuvre d’un groupe que l’on a trop souvent tendance à réduire - à tort - à “Losing My Religion”. Viendra ensuite, toujours sur un mode eighties, un petit dossier consacré à New Order pour accompagner la sortie automnale de Music Complete, un dossier que l’on espère étendre, soyons fous, à la New Wave et à Madchester, bref, à tout un pan du rock souvent méprisé par la critique comme par le public et qui manque cruellement à nos pages. Et ce n’est qu’un début. Gardons pour le moment secrets nos deux autres projets en gestation, mais sachez que l’un traitera de heavy metal et l’autre de funk rock. En cela, vous le voyez, nous demeurons fidèles à notre ligne rédactionnelle : vous faire découvrir le rock, tout le rock, sans oeillères ni restrictions.

L’été, c’est aussi et surtout la saison des festivals, l’occasion de brosser un petit panorama des manifestations qui se dérouleront (ou qui, pour certaines, se sont déjà déroulées) dans notre cher hexagone. Avec tout d’abord un constat, le même depuis des années et des années : la France peine réellement à se doter d’un vrai grand festival de rock. L’un de ceux qui seraient capables de concurrencer bien évidemment les anglais (Glastonbury, Reeding, Leeds, sans même parler du Sonisphere), mais aussi les les belges (Werchter, Dour), les allemands (Rock Am Ring) ou le Sziget de Budapest, et passons sous silence les américains qui, avec Coachella ou le SXSW, ne boxent définitivement pas dans la même catégorie. Sans aller jusque là, on aimerait vraiment avoir la chance, en France, de pouvoir assister à un festival d’envergure au moins européenne et qui ne se livre pas à une surenchère dans l’éclectisme. Parce que qu’on le veuille ou non, les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas.

L’exemple de Carhaix s’avère tout bonnement caricatural de cette vision angélique du festival à la française. Quoi de commun entre Muse et David Guetta, entre The Prodigy et Calogero ? Cette idée que la musique, quelle qu’elle soit et sous prétexte qu’elle est jouée en extérieur et à haut volume, s’adresse à soi tout autant qu’à son voisin de palier, a quelque chose d’assez déprimant. Cette idée aussi qu’en terme de concerts, le rock ne soit qu’un genre parmi tant d’autres, certes historiquement pionnier en terme de live mais aujourd’hui réduit à séduire une frange assez mineure d’une population qui, n’écoutant que la soupe prédigérée que la FM lui sert, va voir ce qu’elle connaît car elle ne connaît rien d’autre, cette idée-là aussi n’a rien de réjouissant. Mais la rentabilité se paye, et c’est ainsi que la plupart des festivals hexagonaux fonctionnent, des festivals qui, depuis quelques années, sont toujours plus nombreux - on a l’impression que chaque station balnéaire, que chaque lieu touristique veut se doter de son propre événement - et ratissent toujours plus large. Regardez les affiches par ailleurs plus ou moins interchangeables de Musilac, de Solidays, d’Art Rock. De Garorock, une entreprise qui pourtant ne devrait pas avoir à usurper son nom. Sur les 16 groupes ayant joué le vendredi 26 juin à Marmande, 4 étaient estampillés rock. Sur les 22 groupes s’étant produit le lendemain, 3 pouvaient se réclamer de cette étiquette, dont Alt-J qui, excusez du peu et malgré tout le talent qu’il faut leur reconnaître - du moins que certains leurs reconnaissent - ne sont pas vraiment ceux que l’on choisirait pour incarner le rock n’ roll. Et s’il est un fait que l’on souhaiterait ardemment plus de festivals axés sur des guitares plus musclées, la vérité est que la formule du tout rock, ou du tout pop, du tout électro, du tout folk, du tout variétoche ne fonctionne pas, à de rares exceptions prêt, chez nous. On peut l’accepter et se contenter de ce que l’on a. N’empêche : cela fait des années que Carhaix fait des pieds et des mains pour avoir AC/DC aux Vieilles Charrues. Indépendamment de tous les obstacles organisationnels et pécuniers, bien réels, qui s’opposent à un tel événement, j’aurais envie de dire aux organisateurs : mais que voulez-vous que les australiens viennent faire au milieu de tout ce foutoir ? Donnez-leur au moins l’envie de participer à un événement qui ait du sens !

Ne brossons pas un tableau aussi sombre de nos festivals, car certains essayent vraiment de réunir une affiche cohérente et de qualité. Beauregard, notamment, tâche depuis quelques années maintenant d’attirer quelques exclusivités. On leur doit d’avoir fait venir en France les Pixies l’an passé, ou encore Garbage et Franz Ferdinand l’année d’avant. En 2015, on ne pourra voir Johnny Marr (et Florence and the Machine, plus anecdotiquement) qu’à Hérouville Saint Clair. Mais ces exclusivités se payent au prix fort, et on peut dès lors constater que le reste de l’affiche se calque peu ou prou sur tous les autres événements musicaux de l’été français. Cependant, on tâchera de garder ces normands à l’oeil, car au fil du temps, on a vraiment l’impression que leur rassemblement fait de plus en plus l’unanimité. Tout le contraire du Main Square qui, à mesure que les années passent, ne cesse de décevoir encore et encore. Pourtant, le festival d’Arras avait tout pour réussir : le support d’un énorme tourneur (Music Nation) et la possibilité de piocher dans les formations d’un gros festival européen jumeau, le Werchter, qui se tient à deux pas et au même moment de l’autre côté de la frontière belge. Peine perdue : plombé par des places objectivement chères, le Main Square Festival ne fait plus recette et n’arrive plus à attirer de groupes d’envergure, en témoigne une affiche 2015 proprement misérabiliste au regard de leurs quelques coups de gloire passés.

Pourtant, c’est là une piste des plus intéressantes que de se caler sur les gros événements européens afin de réduire les coûts, piste que suit depuis longtemps déjà le seul véritable gros festival rock à en valoir la peine en France, Rock en Seine. Bénéficiant de la venue de pointures internationales à Reeding et à Leeds le même week-end, le festival parisien trahit rarement nos attentes, toutes proportions hexagonales gardées. Que leur manquerait-il pour franchir un pas de plus vers un statut davantage européen ? Probablement un espace moins exigu que celui du très chic mais au final très confiné parc de Saint Cloud. Autre excellent festival dont le succès ne se dément pas, même s’il reste limité en terme d’ampleur : la Route du Rock, lui aussi riche en exclus et fort d’une programmation qualitativement élevée, même si les têtes d’affiche se réduisent souvent au strict minimum. Il est un fait que c’est à Saint Malo que vous pourrez découvrir les grands groupes de demain, et qu’il y a dans cette manifestation de la fin août une intégrité, une passion que l’on a du mal à retrouver ailleurs. Reste le cas des Eurockéennes de Belfort qui n’arrivent pas complètement à stabiliser leurs intentions et qui, bien que lâchant toujours une poignée de groupes intéressants sur leurs scènes (Eagles of Death Metal, Royal Blood, Alabama Shake ou Parkway Drive rien qu’en 2015), n’ont probablement pas non plus les moyens de leurs ambitions, toutes louables soient-elles.

On conclura néanmoins sur une lueur d’espoir : le Hellfest. La preuve, s’il en est, que l’on peut organiser un vrai festival rock (oui bon, d’accord, metal) à dimension internationale, un festival qui attire aussi bien des français que des étrangers (une grosse moitié des festivaliers de Clisson traversent nos frontières pour venir se rincer les oreilles) et qui reste cohérent tout en montrant régulièrement des signes d’ouverture à toutes les branches du rock lourd. Alors certes, on parle de heavy metal, un genre musical extrêmement fédérateur - dans tous les sens du terme - mais un tel succès qui, loin de se démentir d’année en année, ne cesse de s’amplifier nous montre bien qu’avec de l’envie et de la détermination, en faisant les bons choix et en sachant bien s’entourer sur les plans logistique et financier, le rêve d’un grand festival rock français se trouve en théorie à portée de main. La question est : la volonté de franchir le pas est-elle là ? On peut légitimement en douter.

Bons festivals à toutes et à tous, et rendez-vous à la rentrée !

Commentaires
Adrien, le 10/07/2015 à 09:28
Merci pour cet édito, j'ai malgré tout une remarque, Ton post se termine par "la volonté de franchir le pas est-elle là?" : mais j'aimerai plutot poser la question : qui doit franchir le pas? En effet, on sait tous que les festivals français ne pratiquent pas des tarifs assez elevés pour attirer des grandes stars mondiales. Pour un meme artiste programmé en Allemagne puis en France, la différence de cachets est de 3. Le festival allemand compense cela par une politique tarifaire élevée acceptés par les festivaliers. Mais pas que... Les festivals européens fonctionnent tous avec des sponsors privés. Tous... sauf la France. On sait tous que le festivalier francais ne supporte pas le sponsoring privé et déteste voir des scènes aux couleurs d'entreprises. Alors oui, est ce que le festivalier est pret à payer plus cher sa place et de voir son artiste préferé entouré de banderoles à l’effigie de sa banque? Je pense que le festivalier francais est trop conservateur sur ce point et qu'il préfère le festival bon enfant à pas cher "à la roots". Au final, je suis pas sur que tous les programmateurs de festivals de France soient prêts à garder une cohérence dans leur programmation, mais il est clair que le problème est un problème économique dans un 1er temps mais surtout social... Il faudra du temps pour que le festivalier change... Petite dernière chose, je suis pas un fan du Main Square. Ils ont peut être une programmation en deçà de ce qu'on attend, mais ils ont quand meme le mérite d'avoir fait le plein tout le week end (environ 40000 pers/soir si je ne me trompe pas).
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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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