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Billet Albumrock

Edito juin 2015 : Chante, Ô Muse, la colère d'Achille


Nicolas, le 02/06/2015

 

Tout comme il est parfois bon de savoir lire entre les lignes, il est souvent intéressant d’observer l’actualité musicale à l’aune non pas de ce qui s’y dit, mais de ce qui s’y tait. Or, vous l’aurez sans doute remarqué en allant faire un tour chez votre buraliste, les magazines musicaux de juin éludent totalement, ou presque, le cas Muse. Rock n’ Folk les ignore superbement, de même que les Inrocks. Même si, dans l’absolu, on ne saurait exclure une sorte de blackout orchestré par ce parano de Bellamy - et de fait, seul le NME a eu droit à l’écoute anticipée exclusive de Drones avant tous les autres - il y a tout de même là un paradoxe troublant quant à ce mutisme vis-à-vis de l’un des groupes de rock majeurs de ces vingt dernières années, de l’un des acteurs du milieu qui, bien qu’encore relativement jeune, est capable de remplir stade sur stade dans le monde entier.

Bien évidemment, vous l’aurez deviné, la critique musicale française hait Muse, et cela ne date nullement des derniers émoluments studios - nettement en retrait - du trio anglais. Dès le début, l’intelligentsia musicale gauloise n’a cessé de conspuer l’emphase, le lyrisme, la technicité ampoulée des trois larrons. Muse irrite, Muse agace, Muse répugne, révulse et prête à tous les noms d’oiseaux, et cela va bien au-delà des reproches pouvant être adressés, tout à fait légitimement au demeurant, à la voix de vielle du frontman. Il est un fait que Muse ne correspond pas à l’idée du rock que nombre se (com)plaisent à défendre. Question de progressisme ? Sans aucun doute, mais on entrerait là dans un tout autre débat. Moyennant quoi, Drones ne changera rien à l’affaire, et si “Psycho” a pu être fort diversement accueilli sur la toile il y a quelques mois de cela, on ne peut qu’apprécier la délicieuse subjectivité - nullement dans l’excès, il va sans dire - de nos collègues des Inrocks quant il s’agit d’aborder ce premier extrait. Lisez, c’est à hurler de rire. Ou à pleurer, c’est selon.

 

 

Nonobstant le caractère profondément clivant de la musique de Muse, caractère qu’il n’y a absolument pas lieu de nier, cette hostilité ouverte, érigée ostensiblement comme étendard de bien-pensance, est d’autant plus navrante que le groupe rencontre toujours un immense succès dans notre contrée. Même si les albums du trio tendent à devenir de moins en moins intéressants - quoi qu’il y ait certainement lieu d’en débattre d’une génération à l’autre - l’amour que voue l’Hexagone au trio de Teignmouth ne semble pas vouloir se tarir. C’est bien simple : dès qu’Albumrock tague l’une de ses publications avec Muse sur Facebook, nos chiffres de visibilité explosent, allant jusqu’à toucher presque dix fois plus d’internautes que pour un groupe lambda. Un phénomène qui remonte peut-être aux origines de notre webzine - et du webzinat en général - puisqu’il est logique que les amateurs de Bellamy and co, blessés par tant de haine ou d’indifférence, se soient détournés de la presse papier et soient allés chercher sur le web un espace amical où pouvoir échanger sur leur groupe favori. De là à conclure que le webzinat a permis à tout un pan de la population française de se réconcilier avec la critique, il n’y a qu’un pas qu’on ne sera pas trop enthousiaste à franchir, ce d’autant que les premières chroniques postées sur le site, toutes dithyrambiques qu’elles étaient, ne faisaient sans doute pas preuve d’un recul et d’un sang-froid suffisants pour persister sur la durée. S’il est toujours plus facile de s’attaquer à un album de façon rétrospective - Muse appartenant désormais quasiment au classic rock - il nous a semblé logique d’effectuer un toilettage de ces vieilles critiques et de les remplacer par des regards moins sujets à l’emphase irrationnelle, tout en pouvant rester parfaitement enflammés, Alan n’ayant notamment pas tari d’éloges sur Origin of Symmetry.

Ironiquement, c’est peut-être également Muse qui a permis à Albumrock de s’installer durablement en tant que webzine sérieux, on vous renverra à la “fameuse” critique de Maxime ayant descendu en flèche Black Holes & Revelations un beau jour d’été 2006. Outre les tombereaux d’insultes que cet article nous a valu via notre regretté forum, il est un fait que du jour au lendemain, Albumrock n’a plus été vu, par les lecteurs comme par les pros, comme un repaire de fans exposants leurs coups de coeur tel un collectif de potes blogueurs un tant soit peu avertis, mais comme une réelle alternative à la critique papier. À compter de ce moment, nous n’avons eu de cesse d’améliorer notre approche de la critique amateur et de montrer que nous pouvions tout aussi bien que d’autres juger un disque selon nos propres critères. Mais je vous vois déjà venir : alors comme ça, si c’est Maxime qui descend Muse, il n’y a pas de problème, mais si les Inrocks s’y mettent, rien ne va plus ? En substance, oui. Pour une raison simple, c’est que Maxime, dans son papier, indépendamment de l’inimité qu’il ressent pour un groupe qui ne correspond absolument pas à ses canons, a su très intelligemment mettre de côté son affect et réussir à appuyer là où ça faisait mal, pointant d’un doigt implacable les travers des trois musiciens sans verser dans l’outrance que l’on peut tout autant reprocher au trio qu’à ses détracteurs. Ce qui ne m’empêchera pas dans les jours à venir, non pas de répondre à Maxime, tout du moins de remettre à plat ce quatrième album afin d’en extraire la substantifique moelle - pas si substantifique que ça, au demeurant - et de le replacer en perspective vis-à-vis de ses prédécesseurs et de ces successeurs. To be continued. Et bien sûr, soyez certains qu’on ne fera aucun cadeau à Drones, même si, sous certains angles, on peut encore espérer un possible “retour aux sources” avec les guillemets de rigueur. Soit dit en passant : ça existe vraiment, le retour aux sources ?

 

 

Sachez bien sûr qu’il n’y a pas que Muse qui passionne, en positif comme en négatif, notre rédaction. D’ici la fin du mois, vous devriez voir apparaître dans nos pages le fruit de quelques mois de travail : un dossier sur les Who alors que Roger Daltrey et Pete Townshend seront de passage au Zénith de Paris le 30 juin, ainsi qu’un dossier folk-blues pour lequel nous reviendrons sur une bonne vingtaine d’albums indispensables de cette mouvance en nous focalisant sur le revival folk de la fin des années 90 et des deux décennies suivantes. En espérant que vous y trouverez votre compte.

Terminons cet édito par une petite ouverture amusante. Car si Muse suscite tant de réactions extrêmes, tant d’amour comme de mépris, si les trois hommes divisent tant les masses, ils peuvent parfois s’avérer étonnamment fédérateurs et rassembler sous leur aile diverses générations. De fait, si du haut de mes presque quarante printemps, j’ai pu connaître Muse au cours de mes années fac, les voir en live aux Charrues en 1999 (une vraie tuerie, guitares et amplis explosés sur scène, bringue pas possible dans l’assemblée), les suivre avec passion au début des années 2000 et assister, médusé, à leur lente descente aux enfers au cours des années suivantes, j’ai été surpris, en dissertant récemment avec la fille d’un couple d’amis, de constater que les trois hommes parvenaient encore à séduire les jeunes générations, l’adolescente ayant tenu vaille que vaille à défendre The 2nd Law avec toute la hargne de ses hormones en ébullition. Sans parler de mes propres filles qui, elles aussi, accrochent depuis peu au fausset hystérique de Matthew Bellamy et qui squattent de temps à autres les disques de leur père. Au point qu’avec des potes amateurs de rock, nous avons prévu une petite escapade passionnée à Carhaix le 16 juillet prochain. Pré-quadras, conjointes et rejetons, garçons et filles, tous réunis autour d’un groupe qui, à un moment où à un autre de leur vie, les a réellement faits vibrer. C’est beau, le rock n’ roll.

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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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