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Critique d'album

Yeah Yeah Yeahs


Mosquito


(16/04/2013 - Autoproduit - Garage / Indie - Genre : Rock)
Produit par

1- Sacrilege / 2- Subway / 3- Mosquito / 4- Under The Earth / 5- Slave / 6- These Paths / 7- Area 52 / 8- Buried Alive / 9- always / 10- Despair / 11- Wedding Song
Note de 2/5
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Note de 2.5/5 pour cet album
"Tout ce qui est excessif est insignifiant. Le reste, ça va."
Kevin, le 24/04/2013
( mots)

L'évolution des Yeah Yeah Yeahs n'obéit à aucune logique. Groupe de punk au début du siècle, les New-yorkais étaient crado et sexuel au possible, exquis du déhanché et piqués à la fougue sanguine, comme en témoigne leur premier album Fever To Tell. Puis le groupe s'est mis à grandir dès le second album. Trop vite pour certains. Mais face à la qualité du rock de Show Your Bones, tout le monde s'était tu et avait savouré ces mélodies brutes mais diablement bien sculptées, vantant l'intelligence et la passion d'un groupe au talent multi-tâches. Puis le groupe s'est embourgeoisé dès le troisième album. Trop vite pour certains. Mais face à l'efficacité monstrueuse de It's Blitz!, il ne restait qu'à s'incliner face au sens du contre-pied du groupe, capable d'alterner pop songs bonnes à brûler les dancefloors et brûlots rock décadents. Impressionnants de maîtrise. Puis est venu le temps où Karen O et sa bande ont profité de leur temps libre pour s'occuper d'affaires moins urgentes : un album pour enfants, des participations à des B.O., des collaborations diverses et variées. Avant que l'heure ne sonne de revenir dans leur studio du centre de la pomme pour accoucher de ce quatrième album. Un album, étonnamment, dans la droite lignée de leur dernier bébé. 

Mosquito est donc tout sauf un pas en avant. La carrière du groupe, plutôt que d'avancer en pétant des barrières pseudo-morales, opère un léger virage pour se poster tout à côté de là où l'affaire s'était arrêtée. Premier signal, le single envoyé des semaines plus tôt, "Sacrilege" aurait pu faire son trou dans It's Blitz!. Efficace, frais, juste sexy ce qu'il faut. Si l'on omet ce final gospel ridicule, le titre a tout bon au vu des standards de 2009. Mais la découverte de l'album offre de bien moins bonnes surprises. Rien ou presque n'a changé dans la forme, mais le fond semble par instant dépourvu de toute inspiration, presque de tout self-control. Les Yeah Yeah Yeahs sont toujours excités comme des puces, mais toute tension a disparu, la faute à des textes crétins et des mélodies au-delà du cliché. "Mosquito" (le titre) s'évertue à faire monter une sauce vulgaire et cheap, finalement tout-à-fait à l'image de cette pochette kitchissime. Si leur but était de déchirer le bon goût avec un esprit punk revisité dans une robe à paillettes, c'est pas loin d'être réussi. Sauf que le son est bien trop soigné, l'album est produit avec trop de minutie pour que l'idée ne résiste. Reste que l'ombre d'un fourre-tout désordonné s'épaissit aux écoutes de "Area 52", incroyablement régressif, ou de "Buried Alive" ou "Under The Earth", sans conviction ni envie. 

Fort heureusement, il ne faut pas réduire Mosquito à ses excès inquiétants. On retrouve en bon nombre ces morceaux électro-pop mid-tempo, déjà goûtés sur It's Blitz!, à la croisée du rock et du sentiment et où chacun se retape une santé. "Always" est sans doute le morceau qui s'en sort le mieux dans ce registre, confortable et résolument bien rythmé, bien que les crispations vocales de Melle O hérissent le poil par instants. On peut également goûter la progression contrôlée au poil de "Slave" ou encore la structure répétitive de "These Paths". Quant à "Wedding Song", originellement chantée par la belle à son mariage, elle conclut le vol du moustique par une jolie note d'amour et de sincérité, ce qui dénote sincèrement au vu de l'album en question. Car le lien entre ces titres réussis et lumineux et les décharges d'énergie disséminées en effectif réduit tout au long de l'album demeure bien flou. L'album manque de cohésion bien plus que de talent, la moitié de l'album est plus qu'appréciable mais se retrouve tragiquement coupée à la flotte croupie. Si bien que tout au long de l'album, les YYYs jouent aux montagnes russes avec notre agacement, un coup ça va, un coup ça craint, un coup c'est pop et malin, un coup c'est criard et méchant, un coup c'est mou du genou.  

Le pire là-dedans, c'est que les Yeah Yeah Yeahs, quand ils ne la jouent pas faciles et enfants capricieux, sont plus que capables de créer des sons expérimentaux qui ont de la gueule. Symbole de cette attention nouvelle, "Subway", rengaine downtempo bercée par la course lente d'un train, pièce (trop ?) fine et raffinée perdue en apéritif d'un festin de marmelade, en tout début d'album. La voix contrôlée de Karen se goûte sans crainte, tapissée de quelques furtifs arpèges saupoudrés au compte-goutte. Mais prise au piège entre deux morceaux radicalement opposés, elle passerait presque pour une pièce mineure du moustique. Il en est de même pour "Despair", gentiment perdue en toute fin de course, elle débarque percluse de toutes les souffrances endurées pour en arriver là. Dommage car pour une fois, on ressentait une envie urgente de taper du pied sans craindre pour le cerveau.

Mosquito semble ainsi n'avoir aucun cap, volant à l'aveugle entre trous noirs et bonnes idées. Presque élaboré comme une collection de faces B, sans but ni sans cohésion, l'album laisse un méchant goût d'inachevé dans la bouche. La plupart des morceaux ne sont soit pas à leur place, soit clairement pas au niveau d'un groupe bien plus valeureux que ça. En fin de compte, c'est lorsque les Yeah Yeah Yeahs s'apaisent et mettent en valeur tout leur talent de composition qu'ils sont les plus à l'aise et les plus recommandables. De l'émotion, du sexy, du malin, il y en a dans cet album. Mais du franchement pénible aussi. C'est un peu comme faire du camping dans les somptueux décors de votre choix et revenir avec le corps recouvert de vives piqûres et une entorse de la cheville. Cool, mais tellement frustrant qu'on se demande si ça en valait la peine.

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