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Critique d'album

The Raconteurs


Broken Boy Soldiers


(16/05/2006 - XL Recordings - Power Pop Vintage - Genre : Rock)
Produit par

1- Steady As She Goes / 2- Hands / 3- Broken Boy Soldier / 4- Intimate Secretary / 5- Together / 6- Level / 7- Store Bought Bones / 8- Yellow Sun / 9- Call It A Day / 10- Blue Veins
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Le premier effort impérial d'un nouveau super-groupe indé"
Maxime, le 02/06/2006
( mots)

Un disque comme cela nous pendait aux lobes d’oreilles. Il est clair que le surprenant Get Behind Me Satan constituait une tentative franche d’émancipation, Jack White se sentant à l’étroit, piégé par une formule minimaliste qu’il avait lui-même fermement édictée. The Raconteurs se présente donc avant tout comme une salutaire gorgée d’oxygène. Pour s’aérer les doigts, White s’est entouré de ses fidèles comparses : Brendan Benson, formidable artisan pop dont les albums solos nous renvoient tout droit à la case Beatles période 1964-65, ainsi que la section rythmique du groupe garage rétro The Greenhornes pour lesquels il avait fait office de producteur. Tous les membres se connaissent sur les bouts de leurs accords kinksiens. On y trempe son t-shirt en famille.

Les premières écoutes de Broken Boy Soldier sont pourtant décevantes : ce super groupe indé n’ayant accouché ni d’un chef d’œuvre absolu, ni d’une aimable pochade entre potes, juste d’un excellent album de power pop vintage bardé de références et de trouvailles savantes. Pas besoin d’être chercheur à l’IRCAM pour se rendre compte que Jack White a vampirisé l‘entreprise, les 10 plages de l’album étant marquées au fer rouge de son empreinte : batterie martelée avec la délicatesse d’un maréchal-ferrant sadique, riffs zeppliniens plaqués sur des textures blues, son analogique charnu… Toute la couleur de l’album rappelle le rouge sang et le noir ébène.

L’intro du titre liminaire, "Steady As She Goes" (très bon single, catchy et râpeux juste comme il faut), semble d’ailleurs appeler le fantôme du duo de Détroit comme pour mieux l’exorciser ensuite, avec ses coups de caisse plombés et sa basse pilonnée fiévreusement. "Hands" explose de fierté, avec ses guitares victorieuses rattrapées du bout de la laisse par une mélodie impériale. Même euphorie avec cet "Intimate Secretary" pas piqué des hannetons, judicieusement lardé de cordes pressées au bottleneck, façon blues joué par des Who en pleine montée cocaïnomane. Les riffs atrabilaires de "Level" assurent également leur quota de jouissance rockistique, alors que l’urgent "Store Bought Bones" contrôle à merveille ses coups de sang nourris à la caféine. On en vient donc à regretter nos réticences initiales, tant Broken Boy Soldiers se montre admirable de bout en bout.

C’est alors Benson qu’on en vient à saluer, sa discrétion n’étant qu’apparente, car il vient insuffler une légèreté pop, un côté aérien aux motifs nerveux labourés par White. Son filet de voix se marie avec le chant hystérique de son comparse avec autant d’évidence qu’une paire Lennon-McCartney ("Together"). The Raconteurs forme ainsi une hydre à deux têtes, puissamment soutenue par le boulot impeccable des sieurs Lawrence et Keeler. On s’échoue avec délice sur les savoureuses nappes vocales de "Call It A Day" évoquant un Ray Davies qui jouerait les sirènes sur une plage embrumée de Brighton avant de quitter, un peu trop rapidement, nos compagnons sur un "Blue Veins" d’une soul blafarde rongée jusqu’à l’os.

On sort un peu surpris de cet épatant Broken Boy Soldiers, le disque constituant, comme on s’y attendait, un manifeste sixties résolument rétrograde mais se taillant en même temps une identité et une aura indiscutables. Qualifier cette remarquable réunion de vulgaire side-project relèverait de l’insulte ; la maîtresse mérite autant de respect que la régulière. Ce premier album, dont on espère une succession au moins aussi brillante, tourne ainsi à la leçon de vie musicale où l’infidélité y est la première des vertus. Sortez couverts quand même.

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Culte
Juin 2019
21
Sortie d'album

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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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