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Critique d'album

The Pineapple Thief


Your Wilderness


(19/08/2016 - Kscope - New Prog - Genre : Rock)
Produit par Bruce Soord

1- In Exile / 2- No Man's Land / 3- Tear You Up / 4- That Shore / 5- Take Your Shot / 6- Fend For Yourself / 7- The Final Thing On My Mind / 8- Where We Stood
Note de 4.5/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Le disque que l'on attendait tous de Bruce Soord. Un pur bijou de prog-rock rêveur et sensible. "
Nicolas, le 30/08/2016
( mots)

Le temps passe, et mine de rien, l’oiseau fait son nid. Même s’il ne se montre pas toujours totalement irrésistible - Wisdom Of Crowds avec Jonas Renkse, son éponyme en solo, ou même dernièrement Magnolia, sympathiques mais sans plus -, Bruce Soord, outre une hyperactivité qui en remontrerait à plus d’un - avec un album par an minimum -, semble de plus en plus marcher sur les pas de Steven Wilson en s’ouvrant à la production et aux remix spatiaux 5.1, cf les derniers émoluments de Tim Bowness, TesseracT, Katatonia et, excusez du peu, Opeth, tous assurés par le petit anglais. Mais on l’a dit, quantité ne rime pas forcément avec qualité, en témoigne une discographie très inégale chez Kscope - grosso modo un disque réussi pour un autre planté. La logique de l’alternance jouant à bloc et vu que Magnolia (m’)avait déçu, il semblait logique d’imaginer que Your Wilderness allait casser la baraque. Carton plein.


La particularité de ce onzième album - déjà - est de faire appel à des intervenants extérieurs. Profitant, si l’on peut dire, de la défection récente de son batteur attitré, Soord a eu l’excellente idée de faire appel à Gavin Harrison, le regretté cogneur de Porcupine Tree (toujours en poste chez King Crimson, néanmoins). Gavin Harrison qui, faut-il le rappeler, fait certainement partie des dix meilleurs batteurs actuellement en activité, tant en terme de technique (ahurissante) que de sensibilité (à fleur de peau). Forcément, ça ne loupe pas : la batterie de Your Wilderness est époustouflante, au bas mot. Rien qu’un titre comme “No Man’s Land” tire tout son attrait d’un jeu de question-réponse entre voix et percussions, les deux anglais rivalisant d’émotion pour nous transporter. “No Man’s Land”, un modèle de crescendo débutant dans le recueillement acoustique pour finir à plein volume, un modèle d’écriture, de délicatesse, de pertinence, de classe, et très certainement l’un des meilleurs morceaux composés par Soord, carrément. En dehors du porc-épic tombé de son arbre, Your Wilderness fait bon accueil à John Helliwell de Supertramp, dont la clarinette résonne avec chaleur sur l’émouvant “Fend For Yourself”, Geoffrey Richardson (Caravan) qui signe les superbes arrangements symphoniques du non moins superbe “The Final Thing On My Mind” et enfin Darran Charles de Godstick qui se charge de placer çà et là quelques soli de guitare discrets mais d’une musicalité incomparable (notamment sur la magnifique conclusion d’“In Exile”). Du beau monde participant à un album de toute beauté, celui que l’on attendait de Soord depuis, allez, What We Have Sown.


Là où The Pineapple Thief pêchait depuis sa percée dans la cour des grands, c’était dans son incapacité à se réinventer, s’efforçant d’épouser toutes les recettes possibles du succès, un peu d’alt-rock, un peu de metal, un peu de symphonique, un peu de pop, sans mettre en avant sa patte propre, celle que l’on adorait sur ses premiers albums, cette vibe rock alternatif à la Radiohead - en moins intello et plus émouvant - mâtinée de prog rock floydo-porcupinesque. Variations On A Dream, faut-il le répéter, est un bijou, mais toute la disco du Voleur d’Ananas chez Cyclops est d’une effarante qualité. Eh bien on a l’impression que cette fois-ci, Soord a réussi à redécouvrir cette simplicité, à laisser s’exprimer sa personnalité sans s’encombrer d’artifices ni chercher à entrer dans un moule. Your Wilderness coule tout seul, débordant de charme et de pudeur, de tous ces attraits qui apparaissent si irrésistibles chez ce groupe. Tout n’est dès lors question que d’écriture ciselée, de justesse et de douceur dans les intonations de voix, de pureté dans les sonorités - la batterie, encore une fois, mais aussi la somptueuse guitare sèche. En un mot comme en cent, Your Wilderness est un disque splendide.


Et cela se décline sur tous les morceaux, de rythmique asymétrique syncopée comme Soord les affectionne (“In Exile”, parfaite entrée en matière) en sonorités plus synthétiques mais non moins captivantes (“That Shore”, trip hop béat transpirant d’innocence), de cordes pugnaces épousant des tempos enlevés (le hit radio-friendly savamment musclé “Take Your Shot” avec ses respirations salvatrices) en balade jazzy piano-clarinette propre à renverser un stade (“Fend For Yourself”, du cœur et rien d’autre). Et c’est sans compter deux diamants taillés avec minutie : “No Man’s Land” - on en a déjà parlé - et surtout “The Final Thing On My Mind”, ou quand la fibre progressive de Bruce Soord accouche d’un petit miracle d’amertume qui sait sonner péchu quand il faut et s’abandonner au recueillement dans ses plus sombres extrémités, titre où tous les invités joignent leurs talents pour bâtir une ode sublime, triste et rêche à la fois. Dès lors, après un tel monument, le semi-acoustique “Where We Stood” n’a pas à forcer son talent pour achever de nous faire chavirer… et on vous assure qu’il ne démérite nullement, avec ses lignes solistes irradiant de sérénité. Allez, si on veut chipoter, on pourra peut-être reprocher quelques riffs pas toujours très finauds sur "Tear You Up", les passages éplorés du titre parvenant nettement mieux à nous transporter. Mais c'est vraiment chercher la petite bête.


Voilà, c’est dit. On se réjouissait d’un tel cahier des charges, on salivait d’en découvrir le résultat, et maintenant qu’il est là, on ne se lasse plus de l’écouter. The Pineapple Thief signe ici l’un de ses meilleurs albums, un disque d’une immense classe, un petit bijou de post-progressisme sensible et vrai. Enfin vrai. Bravo et merci, Mr Soord. PS : vous ne voudriez pas l’engager à plein temps, l’ami Gavin ?

Note de 4.5/5
Bruce Soord et sa bande livrent un album brillant, presque trop court. On est rassuré de voir que l'ensemble de l'œuvre est à la hauteur des très bons extraits "In Exile" et surtout "No Man's Land". Mention spéciale pour la batterie absolument grandiose et le très très bon "The Final Thing On My Mind". Une perle.
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