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Critique d'album

The Parlor Mob


Dogs


(11/10/2011 - Roadrunner - Revival 70's - Genre : Rock)
Produit par

0- Holding On / 1- How It's Going To Be / 2- Into The Sun / 3- Fall Back / 4- Practice In Patience / 5- American Dream / 6- I Want To See You / 7- Hard Enough / 8- Cross Our Hearts / 9- Take What's Mine / 10- Slip Through My Hands / 11- The Beginning / 12- Believers / 13- So It Was / 14- After All
Note de 3.5/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Un deuxième essai puisant à tous les râteliers, une réussite bien fragile..."
Nicolas, le 22/10/2011
( mots)

2011, ou le retour du retour du revival hard rock. Eh oui, ils reviennent tous ! Black Stone Cherry a ouvert le bal en mai, The Answer a suivi au début du mois, et Wolfmother nous promet du lourd pour la fin de l'année ou début 2012. Seule exception : Airbourne, qui nous a servi sa ration d'AC/DCisme l'an dernier. Bref, il est temps de voir comment s'en tirent les natifs du New Jersey pour ce "disque de la confirmation", ce qui nous permettra par ailleurs de prendre la température du mouvement en général et d'en cerner les limites, car limites il y a.

Quand on s'attaque à un revival, le cap du premier album n'est en général pas trop difficile à passer : il faut tout d'abord s'abreuver à la source du mythe, en assimiler les fondamentaux et rendre une copie aussi appliquée que possible. Ça, à peu près tous les groupes dotés d'un minimum de savoir-faire en sont capables, et les cinq formations ici présentes ont ainsi présenté un premier effort studio réussi : jusqu'ici, tout va bien. A l'inverse, les albums suivants sont la plupart du temps le lieu d'un reniement : le groupe est tenté de ne plus se cacher derrière ses illustres ancêtres et de trouver sa propre voie. C'est le problème habituel quand on s'inspire de références typées et voyantes : elles deviennent réductrices et elles masquent la personnalité de la formation (quand bien même elles ne finissent pas par l'annihiler totalement). Le phénomène est plus ou moins précoce selon que le groupe jouit d'une exposition médiatique importante d'emblée ou non. Prenons le cas du revival garage. Ainsi les White Stripes, par exemple, ont pu thésauriser sur leur garage zeppelinien jusqu'au triomphe d'Elephant, après quoi ils se sont sentis le devoir de prouver qu'ils pouvaient exister par eux-mêmes en se réinventant (cf Get Behind Me Satan et Icky Thump). Même phénomène pour les Black Keys qui, ayant eux aussi subi une pression médiatique relativement modeste à leurs débuts, ont ensuite évolué de façon naturelle vers un rock différent (Brothers). A l'inverse, les Strokes, les "sauveurs du rock", se sont pris de plein fouet des critiques acerbes de la part des professionnels parce qu'ils ne s'étaient pas suffisamment affranchis du modèle de Is This It avec Room On Fire. La mue n'est venue qu'après-coup mais elle fut quelque part contrainte et forcée, et cela se ressent d'ailleurs sur First Impressions Of Earth et, dans une moindre mesure, sur Angles. Le fait est que les réelles difficultés qu'éprouvent actuellement les Strokes à se renouveler permettent également de cerner leurs limites en tant que groupe de rock soit-disant "majeur".

Le phénomène est transposable point par point avec le revival hard-rock, à ceci prêt que, comme le mouvement a débuté plus tardivement, il est apparu en même temps qu'un internet de grande échelle qui en a rapidement amplifié la portée, profitant également du fait que la grand scène rock mondiale s'est retrouvée fragmentée en une multitude de chapelles qui se sont chacune retrouvées sur un même pied d'égalité - à peu de choses prêt. De ce fait, tous les nouveaux petits hardos ont été catapultés du jour au lendemain dans la cour des grands et sous le feu des projecteurs, avec la tentation (ou la pseudo-obligation), là-encore, de se renouveler. A ce petit jeu, les fortunes ont été assez diverses. Il y a ceux qui ont refusé d'évoluer et qui se sont retranchés dans un style semblable, comme Airbourne et The Answer. Si les premiers ont consolidé leur succès en délivrant un second album identique à leur premier (copiant ainsi non seulement le style musical mais aussi l'ultra-clacissisme d'AC/DC), les seconds se sont heurtés, dans leur exercice de hard lyrique et burné, à un déficit flagrant d'inspiration mélodique - on y reviendra. En clair : les premiers, tout comme leurs modèles, n'ont aucunement l'intention de changer (et c'est un sacré luxe, mine de rien), tandis que les seconds n'en ont probablement pas les moyens. Et puis il y a ceux (tous les autres, en fait) qui ont vraiment essayé d'évoluer, et à ce jour, on ne peut pas dire que le résultat soit vraiment satisfaisant. Black Stone Cherry, par exemple, est allé fricoter avec le hard FM racoleur d' Aerosmith dans sa phase la plus gluante, ce qui n'était probablement pas la meilleure chose à faire. Le cas de Wolfmother est plus compliqué car Andrew Stockdale a lancé, avec Cosmic Egg, plusieurs pistes stylistiques pas forcément bien en phase les unes avec les autres (un peu de stoner, un peu de pop, un peu de hard old-school pour stade), ce qui explique d'ailleurs que son deuxième album, quoique de bonne tenue, aie laissé un goût d'inachevé à tous les fans de la première heure. Eh bien avec The Parlor Mob, nous nous retrouvons exactement dans le même cas de figure que celui de la louve.

Est-ce que Mark Melicia et ses potes en ont eu marre de se trouver en permanence mis dos à dos avec Led Zeppelin ? Ont-ils perçu le danger de se cantonner à une imitation pure et simple alors que les originaux avaient un bagage musical (technique, feeling, intelligence de construction, innovation) bien au dessus de leur propre niveau ? Ou bien ont-ils voulu prouver qu'ils étaient capable de voler de leurs propres ailes ? Peu importe finalement. Un seul constat : The Parlor Mob a changé, profondément. Le problème est qu'en s'éloignant du dirigeable, le groupe n'a pas pris le soin d'établir une feuille de route un tant soit peu cohérente. Passe encore que les jeunots se prennent de temps en temps pour Jack White ("Fall Back" et ses solis crissants assez caractéristiques) ou qu'ils se calent parfois sur les vieux Black Keys ("Take What's Mine", qui transpire le fuzz made by Auerbach) : on reste encore dans le rock lourd et bluesy, et jusqu'ici les nouvelles couleurs ne font pas forcément tâche. Plus gênante, en revanche, est la tournure  strokesienne excessivement marquée de "American Dream" : le jeu de guitares y est à ce point pathognomonique qu'on songe plus à un vulgaire plagiat de la paire Hammond Jr - Valensi qu'à une simple inspiration, ce d'autant qu'on s'éloigne déjà pas mal du Zep. Que dire alors quand on constate que la référence essentielle du Parlor Mob sur cet album n'est autre que... Muse ? Ainsi, avec "I Want To See You", on tombe en plein refrain maxi-émotif à grands renforts de trémolos et de cymbales assommées avec force contrition, tandis que "Cross Our Hearts" ferait carrément passer "Plug In Baby" (sa source d'inspiration plus qu'évidente) pour un modèle de maturité post-pubère. Soyons bien clairs : on n'a fondamentalement peu de choses à reprocher à une telle démarche. S'inspirer de ses pairs a toujours fait partie du passage obligé des rock stars en devenir, et en cela prendre exemple sur les White Stripes, les Black Keys, les Strokes ou Muse n'a rien de répréhensible. Sauf que la limite se trouve justement dans l'énumération précédente : que faut-il penser d'un catalogue si disparate et, plus ennuyeux, si contemporain ? A-t-on ainsi atteint le comble d'un revival en train de se mordre la queue ? Pire : qu'y a-t-il de cohérent et de personnel dans la démarche d'aligner de telles références lorsqu'elles se trouvent à ce point voyantes, et ceci même si toutes ces chansons sont incontestablement réussies ?

C'est d'autant plus navrant que le groupe parvient malgré tout à entrouvrir, avec ce disque, quelques portes plus aventureuses et autrement plus originales. La fusion Bellamy - Auerbach s'opère de façon beaucoup plus convaincante sur "The Believers", preuve que dans tous les essais à tendance foireuse, tout n'est souvent qu'une question de juste dosage. Ainsi, on ne peut qu'être satisfait par l'alliance guitare acoustique - rock heavy - violon - gong de "Holding On", essai également tenté à un moindre degré sur le sombre "The Beginning" qui donne carrément dans le hard symphonique à tendance grandiose. La tentative piano-folk de "Practice In Patience" est également fort réussie, très Raconteurs dans l'esprit. Un peu plus loin, on effectue un nouveau grand écart avec "After All" qui développe une progression d'accords atypique rappelant un peu les accointances expérimentales de Radiohead période guitares torturées. Marrant de constater que, si Ilan Rubin avait projeté le rock musesque de The New Regime vers le hard progressif, c'est désormais le hard de The Parlor Mob qui louche du côté de l'école Bellamy... la boucle est bouclée. Néanmoins, désolé de le dire : c'est encore lorsque la formations reste dans une veine fidèlement zeppelinienne qu'elle demeure la meilleure, que ce soit sur son versant guerrier ("Fall Back", fantastique collection de riffs plombés) ou dans son dépouillement acoustique ("Slip Through My Hands", authentique et sensible à souhait). A ce titre, on reste malheureusement circonspect devant la mise en avant incompréhensible de l'insipide "Hard Enough", balancé comme single alors qu'il s'agit probablement du titre le plus faible (et le plus mainstream) du lot.

Au fait, les deux premiers morceaux, "How It's Going To Be" et "Into The Sun", se révèlent être d'incontestables réussites, racées, pugnaces, lourdes et ravageuses. Au fait également, la voix de Mark Melicia apparaît toujours aussi expressive et déchirante, faisant de The Parlor Mob bien plus qu'un simple groupe à hommage obsessionnel. Sauf qu'après un tel inventaire et quatorze titres (quatorze ! wtf ?) aussi éclectiques, on ne peut que s'interroger sur le bien fondé de toute cette affaire. S'il est de bonne guerre d'extirper le revival hard rock d'un passé immobile en le remettant en ordre de marche, il importe avant tout de s'assurer que les fondations de l’œuvre soient solides, faute de quoi l'édifice risque de s'effondrer comme un chateau de carte. Or, tout massif et rutilant qu'il soit, ce Dogs laisse apparaître quelques fissures qui, vous l'avez compris, n'augurent rien de bon pour l'avenir.

 

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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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