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Critique d'album

The Brian Jonestown Massacre


Who Killed Sgt. Pepper?


(22/02/2010 - A Records - Psychédélique - Genre : Rock)
Produit par

1- Tempo 116.7 (Reaching For Dangerous Levels Of Sobriety) / 2- ?ungur Hnífur / 3- Lets Go Fucking Mental / 4- White Music / 5- This Is The First Of Your Last Warning (Icelandic) / 6- This Is The One Thing We Did Not Want To Have Happen / 7- The One / 8- Someplace Else Unknown / 9- Detka! Detka! Detka! / 10- Super Fucked / 11- Our Time / 12- Feel It / 13- Fett Tipped Pictures Of UFOs
Note de 4/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Who Killed Sgt Pepper ? Anton à son (new)comble."
Fred, le 22/03/2010
( mots)

La Californie. Le soleil qui pique la peau. Des hot dogs. Arnold Schwarzeneger. Des blondes en mini-short qui font du roller à Venice, avec des maillots de bain aux couleurs de l’Arc-en-ciel hippie, comme s'il fallait rappeler inutilement à travers une poitrine généreuse et ferme qu’il vaut mieux faire l’amour et pas la guerre. C’est ici qu’est né le rock psychédélique dans les mid 60′. La Californie a enfanté le psychédélisme, et le psychédélisme a engendré The Brian Jonestown Massacre. Un groupe qui incarne une hallucination collective, les paradis artificiels, la fête, mais aussi la rebellion, le nihilisme, et la loose. Autant de "qualités" que le leader, Anton Newcombe, pourrait incarner seul. Après avoir usé 60 musiciens, consommé de l’héroïne, de l’alcool, autoproduit 11 albums en 11 ans, tourné dans le monde entier, frappé ses potes, frappé le public, frappé le monde entier, ridiculisé les Dandy Warhols, dégueulé sur les Beatles, incité au téléchargement libre, uriné sur la société, stoppé l’héroïne, stoppé l’alcool, provoqué McCartney, Anton Newcombe sort un nouvel album. Who Killed Sgt Pepper ? J’ai rien fait Anton, j’te jure.

"The Beatles were for sale. I give it away."

Ce qui caractérise le mieux Newcombe, c’est le refus. Le refus de signer avec une major, le refus de la médiocrité, le refus d’accepter. Depuis le premier album, en 1995, Anton Newcombe et ceux qui réussissent à survivre à ces côtés, sillonnent les routes entre concerts chaotiques et gueule de bois pathétiques. Le rêve américain, c’est sur la route 666 qu’ils le cauchemardent. Ils débutent en même temps que The Dandy Warhols, mais ces derniers signeront avec une major. Newcombe se met à les détester. Pour le reste, on connait la réputation scénique de l’animal. Il se met ensuite à insulter les membres de son propre groupe en live, à les frapper la nuit, tout en auto-produisant des albums le jour. De son chaos mental naîssent des morceaux, parfois considérés comme l’oeuvre d’un génie. Un génie qui se fout du succès, du fric et de la reconnaissance. Ce qui revient souvent dans son argumentaire nihiliste, c’est que les Beatles étaient à vendre. Qu’ils auraient été un groupe, tout au plus, les deux premières années, pour finalement devenir "une machine". Alors qui a tué le Sgt Pepper ? C’est l’éternel dilemme entre l’art pour l’art, et la prostitution musicale. On pourrait faire un débat autour d’une vodka bien frappée mais Anton est devenu "clean".
 

"I’m here to destroy this fucked up system"

Construire et détruire. Telles sont les clés de la pensée Newcombe. Il compose ses morceaux, les enregistre en jouant plusieurs instruments, réprimande ses musiciens qui ne sont pas à la hauteur en live. Il construit une oeuvre qu’il veut parfaite, souvent au prix de son auto-destruction. Le grand malheur du créateur lambda est qu’il y a un fossé entre la perception mentale d’une oeuvre et son existence réelle. Alors pour son dernier album, Newcombe semble avoir pris le parti de la déconstruction. A défaut d’une oeuvre parfaite, à défaut d’améliorer un systeme toujours plus à la dérive, Anton nous sert un un album décousu, inégal et disruptif. Oubliés les Give it Back et autres Methodrone. Ici, ça sent la cold wave. L’album a été conçu en grande partie en Islande ainsi qu’à Berlin, et Newcombe a inauguré une nouvelle technique de (dé)composition. Des musiciens des pays de l’est ont été conviés à jeter leur pierre contre l’édifice. Le principe était simple. Anton passait des morceaux connus (de Michael Jackson par exemple) et demandait aux musiciens de jouer dessus, laissant à chacun le choix d’une libre interprétation. Le résultat est Who Killed Sgt Pepper ?, 13 morceaux qui se suivent et ne se ressemblent pas. "Tempo 116.7" transe, "Tunger Hfnur" brutalise, et "Let’s go fucking mental" se résume à une régression façon hooligans au match. "This Is the One Thing We Did Not Want to Have Happen" rappelle Joy Division, et "Dekta! Dekta! Dekta!" est en russe. Pas de quoi vous donner envie d’aller en rehab.

"I am the record company!"


Lorsque le nom de Brian Jonestown Massacre résonne, je ne peux m’empêcher de regarder en arrière. Regarder une tranche de vie de l’histoire du rock psychédélique, écrite avec du sang de Newcombe, des plaies désinfectées à la vodka, et des cithares fracassée dans des salles perdues. Un peu comme si le meilleur était derrière nous. Alors pour ceux qui connaissent ce groupe psyché de loin, commencez par le début. Ecoutez les premiers albums, puis vous écouterez Who Killed Sgt Pepper ? Et ensuite, seulement ensuite, vous déciderez du degré de génie de Newcombe. Parce que son oeuvre est un puzzle, et peut-être que dans quelques temps, il nous donnera le moyen de comprendre ce dernier album. En attendant, ouvrez les fenêtres, et mettez à fond "Not If You Were the Last Dandy On Earth", de l’album Give it Back. The Brian Jonestown Massacre, ça s’écoute les cheveux aux vent, la tête dans les étoiles, et les pieds pas sur terre.

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