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Critique d'album

Tagada Jones


Le feu aux poudres


(20/03/2006 - Enrage Production - Punk Hardcore - Genre : Ska / Punk)
Produit par

1- Cargo / 2- Thérapie / 3- La Relève / 4- Combien de Temps Encore / 5- Cauchemar / 6- Monsieur / 7- Pavillon Noir / 8- Soleil de Feu / 9- Kamikaze / 10- Le Drapeau / 11- Epidemie / 12- Le Feu aux Poudres / 13- Ensemble (La Phaze) / 14- Le Drapeau (Shane Cough) / 15- A Qui la Faute (Bionik Dread) / 16- Combien de Temps Encore (Guizmo)
Note de 4/5
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Note de 2.0/5 pour cet album
"Toujours remontés, les anti-libéraux remettent ça avec un nouvel opus rageur"
Maxime, le 08/04/2006
( mots)

La musique militante est une école qui a bien pris dans le paysage rock français. Traversant les différents styles (punk, metal, festif…) elle a fini par constituer une espèce de sous-genre à elle seule, fustigeant les travers de notre société avec plus ou moins de virulence et d’efficacité selon les groupes. Parfaits représentants de cette tendance, les bretons de Tagada Jones tiennent à faire savoir combien ils désapprouvent la marche brinquebalante de notre bonne vieille planète, balançant diatribes incendiaires et anathèmes rageurs à longueur de disque depuis plus de 10 ans. Leur nouvel album ne change évidemment rien à la donne, vu que l’ordre géopolitique actuel ne montre pas les avants signes de l’esquisse d’un début de commencement d’amélioration.

Niko et sa clique alignent donc les tares qui leur font bouillir le sang en rang d’oignon, déballent la kalachnikov et les zigouillent consciencieusement jusqu’à ce que mort (si possible longue et douloureuse) s’en suive. Ouvrant le feu avec une charge contre la pollution pétrolière ("Cargo"), le peloton d’exécution se voit successivement honoré par les traitements médicamenteux psychiatriques abusifs (si si ! voir "Thérapie"), l’élite omnipotente et autiste ("Combien de temps encore"), la bassesse d’esprit du français moyen ("Monsieur"), la puissance nucléaire ("Soleil de Feu"), les affres du patriotisme exacerbé ("Le Drapeau")… On peut rallonger la liste à volonté. En toute logique, le combo en appelle à la révolution, que ce soit explicitement ("Le feu Aux Poudres") ou à demi-mot ("Pavillon Noir"). Bizarrement, Nicolas Sarkozy est mystérieusement épargné du massacre. Un prochain double album conceptuel lui est peut-être consacré, gageons que les émeutes de banlieues et les manifs anti-CPE y trouveront bonne place.

On a pas encore parlé de l’approche sonore car c’est là que le bât blesse. Il s’agit d’un punk hardcore on ne peut plus canonique. Le groupe bute contre les limites du genre : conjuguer musique et textes conscients impose un équilibre qu’il n’atteint jamais, penchant beaucoup plus vers le militantisme obtus que l’expérience sonore inédite. La voix de Niko, mise très en avant dans la production, relègue le travail de ses comparses au second plan. En prêtant un peu l’oreille on constate bien vite qu’il n’a de toute façon qu’un intérêt très relatif tant ce qui en ressort se révèle répétitif au possible, se bornant à scander les imprécations du chanteur avec application mais sans une once de génie. À aucun moment la formation ne tente d’apporter la moindre variété à sa mixture, là ou Lofofora se permet un brin d’humour au détour d’un couplet, là où No One Is Innocent tente un mariage avec l’électro, là où Rage Against The Machine ou System Of A Down se distinguent avant tout parce qu’ils ont forgé un son bien à eux. Tagada Jones reste constamment figé dans un premier degré obstiné et finalement assez lassant. On guette une boutade, un riff en forme de clin d’œil, un refrain atypique, en vain. Oh, il y a bien quelques tentatives de variantes : une espèce de duo Death Metal anecdotique sur "Kamikase" et un petit exercice vaguement raggae/dub avec "Ensemble", bien loin d’être convaincants. En bonus, deux remix electro/indus et une version acoustique font office de maigres cache-misère qui n’abuseront de toute façon personne.

Il est clair qu’en live, les compos brutes de décoffrage du quintet sauront faire soulever les guiboles des jeunesses enragées tant elles appellent aux séances de pogos massifs. Sur platine en revanche, Le Feu Aux Poudres se résume à des slogans plus ou moins bien ficelés déclamés à la chaîne par une voix monolithique au possible. Une heure de rage anti-tout quand on n'a pratiquement rien à dire sur le plan musical, c’est tout simplement trop long.

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Très bon album
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Culte
Critique d'album

Tagada Jones


L'envers du décor


Album de la semaine

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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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