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Critique d'album

Sufjan Stevens


Carrie & Lowell


(31/03/2015 - Asthmatic Kitty - pop folk - Genre : Chanson / Folk)
Produit par Sufjan Stevens, Thomas Bartlett

1- Death with Dignity / 2- Should Have Known Better / 3- All of Me Wants All of You / 4- Drawn to the Blood / 5- Eugene / 6- Fourth of July / 7- The Only Thing / 8- Carrie & Lowell / 9- John My Beloved / 10- No Shade in the Shadow of the Cross / 11- Blue Bucket of Gold
Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Une incontestable réussite, quoique probablement pas à la hauteur de son plébiscite mondial"
Nicolas, le 13/04/2015
( mots)

A priori, l’accueil critique indécent fait au dernier né de Sufjan Stevens devrait faciliter le boulot du rédacteur en charge de le chroniquer. Carrie & Lowell est un triomphe, un plébiscite. Tout le monde s’accorde à chanter les louanges du dernier né de Sufjan (drôle de prénom, au passage). A partir de là, il serait tout aussi simple de répéter les mêmes éloges et de s’en tenir à quelques poncifs mêlés de superlatifs piochant dans la thématique de l’admiration, et l'on y verrait que du feu. Bon, essayons quand même l’exercice de la distanciation et voyons ce qui ressort du disque d’ores et déjà assuré de terminer en tête des classements de fin d’année.


Sufjan Stevens n’est pas un artiste très médiatisé dans notre cher hexagone, on pourrait même dire qu’il s’agit de l’archétype même du phénomène américano-américain. Classé dans les auteurs-compositeurs à texte, il a balayé un spectre assez large de styles musicaux, délaissant la folk de ses débuts pour aller brasser une électro assez déroutante sur le récent The Age Of Adz. L’un de ses objectifs, au début de sa carrière, était d’ailleurs de réaliser un album complet ayant pour thématique chacun des 51 états américains, allant jusqu’à mettre son concept en pratique en réalisant Michigan puis Illinois en 2003 et 2005, même si ce projet herculéen a depuis été abandonné. Toujours est-il qu’il n’est pas forcément aisé de savoir à l’avance ce que va nous réserver ce touche-à-tout féru d’arrangements symphoniques et de mystique - judéo-chrétienne comme chinoise, on notera également que Enjoy Your Rabbit est intégralement consacré au zodiaque chinois.


Avec Carrie & Lowell, Stevens opère un retour à la source folk de ses débuts tout en optant pour un traitement minimaliste de ce disque écrit en hommage à sa mère et à son beau-père. Sauf que le natif de Detroit a toujours entretenu des liens compliqués avec la fameuse Carrie qui, diagnostiquée bipolaire puis schizophrène, en a fait voir des vertes et des pas mûres à son fils. L’album est donc émotionnellement très fort, chargé de tristesse mais aussi d’un amour tendre et d’une fascinante nostalgie pour la petite enfance. Toute la question était de savoir si ce dernier-né allait pouvoir réitérer le succès critique démentiel d’Illinois qui date déjà de 2005. Verdict d’ores et déjà unanime : non seulement il le réitère, mais tout le monde s’accorde à dire qu’il le surpasse. Gosh, allons voir ça de plus près.

Dans les faits, l’adjectif qui pourrait le mieux s’adapter à Carrie & Lowell, c’est “ouaté”. Rares sont les albums pop et même folk modernes à oser un unique traitement sonore, sans la moindre effet de crescendo ou de de-crescendo. Le disque applique une unique couleur irréelle à sa toile, endort les cordes du banjo de Stevens - un retour à ses premières amours - dans un cocon de félicité, fait refluer la voix du chanteur dans un murmure feulé du bout des lèvres, et réduit au strict minimum le reste de l’instrumentation, ici quelques touches de piano pudiques, là une nappe de synthé langoureux. Pas une frappe de batterie n’est là pour éveiller l’oeuvre de sa torpeur. De ce fait, Carrie & Lowell ne vient pas d’emblée éprouver les oreilles de l’auditeur, c’est à l’auditeur d’aller chercher le disque et ses onze odes nostalgiques et chargées d’émotion.


Dans les faits toujours, on ne peut nier à Stevens un talent de compositeur hors pair, ici magnifié par les thématiques abordées forcément très personnelles. Il y a dans cet album des chansons magnifiques au premier rang desquelles “Shoulkd Have Known Better”, lourde de regrets en tous genres mis au service d’un air aussi riche que sensible et dont le développement mélodique final laisse sans voix tellement la songwriting se voit ici maîtrisé à la perfection. D’autres chansons valent également le détour, comme l’introductif “Death With Dignity” très clairement dédié à la fameuse Carrie, ou encore le très ascensionnel “All Of Me Wants All Of You” qui altère admirablement entre textes et “ouhouh” très aériens. “Carrie & Lowell”, bien sûr est un autre grand moment de musique, doux, tendre, aliénant. “Drawn To The Blood”, plus noir, tire profit d’une mélodie en apesanteur et d’une dynamique en flux et reflux des riffs de banjo, là aussi du très grand art. On retrouve enfin des morceaux plus légers, en mode majeur, comme le lumineux “Eugene”, aussi court qu’envirant. Autre merveille dans le même genre, “The Only Thing” est une insolente réussite portant sa sourde mélancolie sur un titre d’une gracieuse clarté.


On pourrait croire, à lire ce qui précède, que l’auteur de ces lignes serait tout prêt à se joindre au torrent d’éloges qui s’est déversé sur l’album depuis quelques semaines maintenant. Tâchons néanmoins de signifier une ou deux réserves. Oh, pas grand chose, mais Carrie & Lowell ne se montre pas toujours aussi irrésistible que cela. Lorsque le synthétique s’invite dans le voyage, on sort un peu de notre chrysalide de félicité, surtout quand la mélodie fait preuve d’un caractère un peu plus banal. Vous l’avez compris si vous avez acheté l’album : “Fourth Of July” n’est pas au niveau du reste, on s’y ennuie même un tantinet. Même son de cloche pour le redondant “Johnny My Beloved”, pas déplaisant mais pour le coup un peu trop indolent, comme si la chanson cherchait véritablement à jouer les berceuses et à nous faire sombrer dans les bras de Morphée, ce qui n’est pas le but non plus. En fait, dès qu’on quitte la folk pure et dure, une partie du charme se brise… exception faite du conclusif “Blue Bucket Of Gold”, très Bon Iver dans l’esprit, qui tire élégamment profit de ses accords de piano et des sifflements de synthés en haute altitude. Et parfois ce sont quelques détails qui chagrinent, comme l’affectation peut-être un poil surjouée des envolées aiguës notées sur “No Shade In The Shadow Of The Cross”, pourtant aussi pudique que les autres titres acoustiques.


Ne vous y trompez pas : Carrie & Lowell reste hautement recommandable et on ne peut que vous engager à y jeter un sérieux coup d’oreille, si tant est que la folk ultra-douce ne vous incommode pas. De là à dire que l’on tient l’album de l’année, il y a un grand pas que nous ne franchirons pas avec autant d’allégresse que nos petits camarades. Nuance, quand tu nous tiens...

Note de 4.5/5
Un album qui console et qui rend triste tout à la fois. Délicat, profond et bouleversant.
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