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Critique d'album

Stereophonics


Kind


(25/10/2019 - Parlophone - Rock - Genre : Rock)
Produit par Kelly Jones, George Drakoulias

1- I Just Wanted The Goods / 2- Fly Like An Eagle / 3- Make Friends With The Morning / 4- Stitches / 5- Hungover For You / 6- Bust This Town / 7- This Life Ain't Easy (But It's The One That We All Got) / 8- Street Of Orange Light / 9- Don't Let The Devil Take Another Day / 10- Restless Mind
Note de 2/5
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Note de 2.0/5 pour cet album
"Pâle et monotone, telle est la forme de cette caricature de Stereophonics"
Julien, le 06/11/2019
( mots)

Et de onze pour les Gallois de Stereophonics ! Un onzième album en 22 ans de carrière (le premier album Words Get Around datant de 1997). Un ratio d’un disque tous les deux ans devenu rare dans une époque des tournées à rallonge et de multiplication des sorties de singles. Ces derniers convenant à la consommation actuelle de la musique via les sites streaming, faisant la part belle à l’orgie des genres dans les playlists plutôt qu’à l’écoute assidue d’un album dans son intégralité. Cette productivité accrue est d’autant plus louable pour un groupe qui n’a plus rien à prouver tant ses tubes ont été poncés par les ondes radio et repris en chœurs par les foules de festivaliers ; que ce soit “Have A Nice Day”, “Maybe Tomorow” sans oublier l’énorme “Dakota”. Une forme de prospérité obtenue notamment par une signature vocale à la fois identifiable et singulière menée par le charismatique Kelly Jones et sur laquelle le groupe aurait pu surfer à coup de best-of ou autres compilations. Mais non. Stereophonics est une machine parfaitement huilée, dans laquelle subsiste cependant un grain de sable : le quartet à une fâcheuse tendance à trop se reposer sur ses lauriers et à se complaire dans une pop acoustique assez simpliste et fortement mollassonne, devenant franchement fatigante et monotone au gré des années. Jamais mauvaise mais très loin d’être emballant. Le vrai problème vient du sentiment de gâchis que génère cette redondance. Si la pop mélancolique a toujours existé dans le groupe de Cwmaman, elle était autrefois accompagnée d’un rock électrique et musclé qui envoyé du très lourd, obligeant le chanteur à puiser la force vocale nécessaire pour suivre les riffs dévastateurs de titres comme “The Bartender And The Thief”, “Doorman” ou autres “Catacomb”. Bon sang que c’était bon ! 


Si le deuil du renouvellement et de la prise de risque chez les gallois est fait depuis longtemps, l’approche du quart de siècle de carrière parait être la belle occasion pour la bande de Kelly Jones de faire un -petit- retour aux sources avec ce nouvel album : Kind. Une étincelle d’espoir scintille un peu en regardant la pochette du disque. Très réussie, l’opposition symétrique des deux images pouvait laisser entrevoir un album en deux phases. Il n’en sera rien. Pas besoin de laisser planer un semblant de suspense tant Kind est une caricature des aspirations sonores de Stereophonics


Pourtant, tout avait plutôt très bien commencé. L’ouverture “I Just Wanted The Goods” propose une rythmique ultra efficace soutenue par des accords à l’électrique foudroyants accompagnant le crachin d’une subtile mélodie jouée à l’acoustique avant que la tempête se déchaine sur un solo qu’on avait plus entendu chez les gallois depuis trop longtemps. Du vrai rock comme Stereophonics sait s’en habiller si gracieusement. Le texte dénonce un personnage “bling-bling” auquel Kelly Jones demande “Where’s your balls, man ? ”. Cette question mériterait d’être retournée à son auteur en écoutant le reste de l’album tant le gars semble avoir perdu les siennes dans le reste de ce disque. Des neufs autres titres, il n’y a pas grand-chose à sauver. 


Ecouter “Stitches”, “Hungover For You” ou “This Life Ain’t Easy” c’est s’adonner à une longue procession dans les confins de l’ennui. Des morceaux rouillés par une même construction calquée sur un modèle similaire : introduction acoustique/voix, puis poussée rythmique d’une batterie molle de la caisse claire, avant qu’une même phrase reprise en boucle serve de refrain en étant ponctuée çà et là de Oooh – Oooooh. Trop prévisible, déjà vu et revu. Jamais inaudible, cette pâle et morne pop a été écumée par la bande de Cwmaman dans des proportions si élevées qu’elle en perd toute forme de spiritualité. On s’assied en silence en écoutant les chansons défilées d’une oreille indifférente. Alors oui, le registre est tellement maîtrisé qu’on peut apprécier un morceau comme “Fly Like An Eagle” et sa montée progressive plutôt bien fichue ; mais de là à faire plus de la moitié d’un disque dans cette même veine, on se demande si les gars sont tombés dans l’ultra facilité ou dans la pulsion créatrice non contenue.  


Quelques bâillements plus tard on arrive sur “Bust This Town” qui, sans être une grosse dose d’amphétamine, à au moins le mérite de nous sortir de l’état léthargique dans lequel on était plongé. Et puis il y a “Make Friends With The Morning” et “Restless Mind” sortant un peu du lot en tentant de prendre une forme différente de celle des autres chansons en ajoutant des touches de gospel à son ADN. Si la tentative est louable, elle n’est franchement pas une réussite, même Muse avec son “Dig Down” version gospel dans son dernier album s’en était mieux sorti. C’est dire… 


Sans jamais être désagréable le dernier Stereophonics est sans conteste l’album le plus tristement représentatif de ce que le groupe est devenu ; à savoir une machine à composer de la musique pop, toujours bienveillante, serrant l’auditeur dans son nuage épais de guimauve en veillant à ne surtout pas prendre le risque de secouer ce confortable cocon plus que de raison. 


Quand bien même la carrière du groupe britannique n’est plus à faire, il ne reste pas moins un sentiment de regret à l’écoute d’un album aussi mou du genou. Bien dommage au regard du talent de Kelly Jones. Rendez-vous donc en 2021 pour un nouvel espoir somme toute naïf.

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