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Critique d'album

Roine Stolt


Manifesto of an Alchemist


(23/11/2018 - Inside Out - Rock progressif - Genre : Rock)
Produit par

1- Rainsong / 2- Lost America / 3- Ze Pawns / 4- High Road / 5- Rio Grande / 6- Next to a Hurricane / 7- The Alchemist / 8- Baby Angels / 9- Six Thirty Wake Up / 10- The Spell of Money
Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Une nouvelle pierre à l'édifice du maître suédois du rock progressif, qui tape souvent dans le mille."
François, le 04/02/2019
( mots)

Roine Stolt commence à être un pilier connu et reconnu de la scène progressive. Bien qu’il fut membre dès les années 1970 du groupe Kaipa, il est surtout connu par son travail pour The Flower Kings qui participa au renouveau du rock progressif dans les années 1990 (renouveau permis par les scènes américaines et suédoises jusqu’alors au second plan dans ce style) et avec Transtlantic, supergroupe très technique composé, entre autres, de Portnoy et Morse. Néanmoins, son dernier travail en collaboration avec le grand Jon Anderson (Yes), Invention of Knowledge (2016), bien que salué par la critique, manquait d’énergie et souffrait de quelques passages un peu léger s’ils n’étaient mièvres. Bref, personnellement, j’avais trouvé ça un peu chiant. 


En cela, le premier morceau, après son introduction un peu étrange ("Rainsong"), n’est peut-être pas le plus enthousiasmant, même s’il est loin d’être mauvais. "Lost America" reprend des pratiques progressives (guitares planantes, synthé aux sons variés, rythmes alambiqués, structure complexe) mais peine à convaincre, surtout qu’il a un côté classic rock affirmé. En effet, à partir de 4m30, entre le riff, les traits de guitare et le clavier bluesy ainsi que les chœurs, on se croirait dans un morceau typique années 1970 made in US (comme son nom l’indique). Tentez l’expérience en isolant ce passage et en le faisant écouter à quelqu’un qui connait Stolt. La fin du morceau, beaucoup plus progressive, permet au titre de finir en beauté. Mais ce serait une erreur de se fixer sur un seul titre.  


Ce mélange et ce papillonnage dans les différents genres musicaux tout au long de l’album est au principe même de Manifesto of an Alchemist. Selon Stolt, le but était d’utiliser les différents styles qui l’ont marqué depuis le début de sa carrière, et de les agencer au sein des pièces elles-mêmes ou de l’album, comme le ferait un alchimiste (tout s’explique) avec les différentes matières. Roine Stolt ou le Basile Valentin voire le Nicolas Flamel du XXIe siècle. Faut-il encore parvenir au grand œuvre et à créer de l’or …  Ainsi, on retrouve des influences jazz assez expérimentales sur "The Alchemist" ou, à l’inverse, de la mièvrerie sur "Baby Angels" dont on aurait pu dire du mal rien qu’au titre ... et au ukulélé. "Next to A Hurricane" semble un peu verser dans la soul, ce à quoi je n’ai jamais goûté, je passe mon chemin pour ce titre qui a tendance à prendre la tête avec ses chœurs, son clavier qui nous fait tomber dans l’ennui (on a même le droit à de faux violons …). 


Néanmoins, nous pouvons savourer des démonstrations de bravoures comme "Ze Pawn", dont la douceur ne doit pas faire oublier la guitare de Stolt qui sort du fond des âges comme un écho à Flower Kings. La percussion lourde et ronde renforce cette ambiance tamisée qui donne automatiquement du relief à la voix de Stolt souvent renforcée par des chœurs (sur les refrains) et surtout à sa guitare planante. Un morceau qui reste assez accessible, construit sur une structure relativement simple, long et langoureux sans être foncièrement progressif. 


Pour ceux qui veulent du pur rock progressif, il faudra se tourner vers "High Road" qui vous embarque dans ses méandres dès son introduction. C’est le plus long titre de l’album (12 minutes), aux relents yessiens (si bien que j’ai cru à la présence d’Anderson dans les deux premières minutes) et camelien (dans les solos), au point qu’à la dixième minute, on pourra reconnaître un passage de "The Gates of Delirium" rejoué plusieurs fois. Les musiciens se sont faits plaisir sur les ruptures rythmiques et sur le panel important de sonorités dont est capable le synthétiseur. Et bien sûr, la guitare se balade tranquillement tout au long de la pièce. Si vous en voulez encore, l’instrumental « Rio Grande » ne peut que vous enthousiasmer. 20 minutes de pur rock progressif à la touche suédoise, pour amateur avisé. L’approche est plus ardue pour "The Alchemist", le mal entouré (les deux mièvreries dont on parle plus haut) : savant mélange de prog’ symphonique et de l’autre versant du style, jazz et expérimental avec sa touche fusion (le tout renforcé par un saxophoniste talentueux et bavard). Stolt est très présent et témoigne de sa capacité à incarner tous les styles et toutes les approches dans son jeu. C’est un titre complexe et varié qui demande de l’attention pour être bien saisi. 


Dans un texte un peu naïf, Stolt affirme qu’il veut faire de son « manifeste » un album politique et pas seulement un témoignage musical de tous les genres l’ayant influencés (ce qui est le cas partie "Alchemist" du titre). Ainsi, le dernier titre, "The Spell of Money", très bon titre prog’ un peu heavy, traite de la cupidité et de ses affres. On s’arrêtera peut-être davantage sur la musique proposée que sur les textes, non pas tant pour le fond du message consensuel dans sa dénonciation, mais pour la mise en forme un peu fragile. 


Finalement, on se retrouve face à un album de presque une heure dix qui, malgré ses bas et grâce à ses hauts, passe plutôt vite sans vraiment ennuyer l’auditeur, gageure au regard de la longueur. Ce n’est surement pas l’œuvre majeure du Suédois pléthorique, mais une solide production qui, quand elle ne s’éloigne pas trop de la musique progressive, atteint son but sans problème. 


La question que peut se poser le quidam, c’est l’attribution de cet album : Roine Stolt en solo ou The Flower King(s), puisque les deux sont mentionnés sur la pochette ? … Il semble que la réponse réside dans l’absence du « s » final, comme pour l’album de 1994 qui etait en fait une production solo de Stolt, précédant la lancée officielle du groupe The Flower Kings. De plus, seul Fröberg est crédité, c’est donc le seul membre du groupe présent sur l’album en plus de Stolt évidemment. Le débat n’est pas tranché, mais cette ambiguïté n’est problématique que pour celui qui veut organiser parfaitement sa discothèque. 


 

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In Cauda Venenum


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